Depuis toujours, du moins depuis qu’il en a conscience, l’homme sait qu’il va mourir, un jour. Mais, il ne sait pas quand. Alors, seriez-vous prêt à connaître la date et l’heure de votre mort ?

FIN(S), de Éric Brouet

ISBN : 978-2-88340-226-3
SORTIE : avril 2025
LANGUE : Français
PAGES : 200
Prix : 15 €
EDITEUR : Les éditions METROPOLIS, Genève, Collection Metro poche

Quatrième de Couverture de Fin(s), d’Eric Brouet

Et si vous pouviez connaître la date de votre mort ?

« Fin(s) » raconte l’histoire de sept personnes qui se retrouvent impliquées dans une expérience orchestrée par l’entreprise Gaya-Gaya, capable de déterminer la date de la mort de n’importe qui grâce à un algorithme complexe.

Les sept cobayes, qui ont tous un parcours et une personnalité distincts, n’ont rien en commun, si ce n’est qu’ils ont accepté de connaître la date de leur mort en échange de la réalisation de tous leurs désirs. Ce qui semblait être une expérience scientifique neutre se transforme rapidement en une lutte psychologique intense. La pression de connaître leur fin, plus ou moins imminente, révèle la vraie nature de chacun des participants, les conduisant à des comportements extrêmes.

À travers ce récit se lit une réflexion sur la nature humaine, la mort, et l’impact que l’inéluctable fin peut avoir sur les choix et les priorités de chacun. Le roman pose des questions sur l’éthique et les limites de la science, et explore les conséquences de la connaissance de sa propre fin.

Ce que je pense de FIN(S)

Quand j’ai reçu le livre, j’ai été positivement surpris. La couverture est douce, comme la mort peut-être, dans le vert pâle et le rose. La prise en main se révèle agréable compte tenu du format. Cela facilite la lecture.

Je me suis demandé ce qu’il pouvait bien se cacher derrière ce titre. En lisant la quatrième de couverture l’on comprend qu’il s’agit de fin de vie, mais multipliée par un certain nombre, si l’on en juge par la finalité de l’entité qui a créé Gaya-Gaya pour encaisser le maximum d’argent avec un algorithme capable de déterminer la date de la mort de n’importe quelle personne avant une marge d’erreur minimale.

Pour tester ce produit, Gaya-Gaya met en place un protocole d’expérimentation et sélectionne sept personnes pour servir de cobayes. Pour motiver les candidats, la révélation de la date de la mort est faite en contrepartie de la réalisation de tous leurs désirs aux frais de Gaya-Gaya.

Cependant, savoir la date de sa mort engendre des soucis. Ce n’est pas la même chose de mourir le lendemain de l’annonce ou trente ans plus tard. La vie n’est pas figée et ce qui se conçoit à un moment n’est pas forcément souhaité plus tard.

Chaque cobaye reçoit une enveloppe à son nom à l’intérieur de laquelle il y a un bristol avec une date, celle de la mort du destinataire.

Le premier de la liste est Pierre. Pas de chance, il doit mourir le lendemain. Mais il a trente-cinq ans. C’est pour mourir. Malgré ses exigences et ses colères, rien ne viendra enrayer le processus. Le trépas intervient quatre minutes après minuit.

La deuxième est Anne-Sophie, qui n’a de cesse de vouloir posséder une superbe voiture et qui retarde un peu la lecture du bristol. Mais elle a le temps de vivre toute une vie, car le décès est prévu pour quarante-six ans plus tard. L’auteur a beaucoup plus à dire sur sa vie.

Ensuite, il y a Pascaline, Abel, Christian, Séraphin et Izzy, qui ont chacun des durées de vie différentes et des activités ou occupations différentes. C’est autant d’histoires racontées.

Mais leurs histoires seraient-elles les mêmes si chaque personnage n’avait pas connu la date de sa mort. Quand on connaît un terme, on ne se comporte pas de la même manière que dans son ignorance. Si la fin est assez proche, on fait certaines choses plus rapidement ou efficacement, alors que si elle est lointaine on a peut-être tendance à ne plus se soucier de la date. Personnellement, je n’aimerai pas connaître la date de ma mort. Et vous ?

L’auteur fait référence à des œuvres d’art, notamment de musique classique, ce qui enrichit le propos.

Ce livre est bien écrit, il se lit facilement, l’écriture est fluide. Certains passages sont osés, mais lisibles par tout le monde et ce ne sont que quelques lignes. Vous pourrez en juger par les citations que je fais dans cet article.

J’ai bien aimé ce livre qui n’est pas commun et je ne peux que vous le conseiller. Vous ne serez pas déçu.

Quelques citations

Abel

Abel pensa qu’il ne s’en tirait pas trop mal. « Mon père est mort à 59 ans » – et il est vrai que quand on manipule quelques décennies à placer devant soi, elles prennent forme d’éternité.
Abel compta les jours, les mois et les minutes, puis les secondes… ça rajoutait de l’éternité.
« J’aimerais que l’on s’occupe de mes affaires. » Abel possédait quelques biens hérités assez tôt de son père, ce qui lui offrait un revenu au-dessus de la moyenne et pas mal de temps à sa disposition.

Izzy

– On est obligé de rester ? Il n’y a pas de…
– Je me casse de là, décida-t-elle.
Il était hors de question qu’elle laissât quoi que ce soit devant qui que ce fût.
Dans l’ascenseur, elle donne un coup de poing, puis un autre sur la paroi. L’ascenseur s’ouvre sur le rez-de-chaussée, personne, alors que tout à l’heure ça pullulait, personne pour la bousculer ou la regarder de travers. Personne.
– Je vous emmerde. Trente-quatre moins vingt-quatre ça fait dix. Au moins, je ne serai jamais vieille. Je resterai jeune et belle et je vous emmerde. D’abord, je vais faire péter leur machine à réaliser les désirs. Ce soir, c’est la grande fiesta, ça va leur coûter un peu plus qu’un pesant de riz complet…

Pascaline

Les deux sexes s’entendaient comme deux acrobates qui en lancent une troisième d’un trapèze, la rattrapant sans cesse et sans cesse, gagnant en vitesse et les acrobaties gagnant en puissance et en audaces.
– La pensée est le corps. L’imagination est le corps, le sexe est le corps. Il y a indissociabilité.
Les garçons se concertaient à demi, changeaient de position, Pascaline changeant de jouissance.
– Le « Ah » du jouir est le corps. La pensée complexe et élaborée est le corps. Le corps est un océan liquide, la tempête s’appelle l’orgasme. Je peux jouir, dix fois,  vingt fois, cent fois par jour…

L’auteur, Éric BROUET

Éric Brouet est un écrivain français né en 1961, le 21 avril, à Bayonne, en plus de ses activités dans une entreprise de services en communication.
Poète, auteur de plusieurs recueils, il écrit également des romans. Son dernier roman : Ernest (n’)est (pas) mort, Éditions Il est Midi (2024).

Son prochain recueil de poésie à paraître en juin 2025 aux éditions Petra : Des feux qui prétendent éclairer la nuit.

© 8 avril 2025 – Jean-Louis RIGUET, Sociétaire de la Société des Gens de Lettres, pour librebonimenteur.net


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Parution : Bricemaël et la Butte des Élus - Éditions 7e Ciel DECOUVRIR ICI

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