JL à l’écoute de … Jean-Luc Dousset

Des mots pour vous

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JL à l’écoute de …

Aujourd’hui Jean-Luc Dousset

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1/ Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Jean-Luc Dousset

Né le 25 août 1965 à Toulouse Mort le ?? ?? à ???

Pas encore marié, mais peut-on désespérer ou… espérer… Pas d’enfants, mais peut-on espérer… ou désespérer.

 

2/ Que faisiez-vous avant d’écrire ou parallèlement à l’écriture ?

DEA (Bac +5) d’Histoire à Toulouse et Montpellier, puis l’école de journalisme « Nouvelles » à Nice.

Un stage à l’Express, un métier de journaliste au Médecin du Midi, à La Dépêche du Midi et à Centre presse, et un tournant vers l’activité d’écriveur (pour reprendre ce joli terme).

 

3/ Qu’aimez-vous ou pratiquez-vous comme autre art ? La peinture ? La sculpture ? Le cinéma ? La photographie ? Le théâtre ? Quelle est votre autre passion ?

Je pratique le yoga et la méditation, qui révèle de l’art, comme seuls sports. Je n’affectionne pas le Sport !!

Aime le théâtre, la lecture et l’absurde !

 

4/ Qu’attendez-vous de vos lecteurs, admirateurs ? Comment vous faites-vous connaître ? Comment allez-vous à leur rencontre ?

Admirateurs ??? Qu’est-ce que c’est ? Lecteurs ??? Il y en a !!! Pas assez nombreux, il est difficile de faire connaître ses écrits

Je suis heureux lorsque mes personnages oubliés suscitent l’enthousiasme !

Je fréquente quelques salons, dont celui de Mazamet où j’ai eu la très grande joie de faire la connaissance, grâce à un ami cher Philippe de Riemaecker, d’un certain Jean-Louis Riguet !! Un homme de cœur ! Et où j’ai eu le plaisir de recevoir cette année (2017) le Prix Conseil Régional Occitanie pour Ferdinand le débile.

Je me promène un peu sur les réseaux sociaux, me balade sur quelques blogs !

J’ai eu la chance en 2016 de participer au Salon du livre d’Histoire de Bruxelles et j’y serais présent pour l’édition 2017.

 

5/ Faites-vous des rencontres, des lectures ou des conférences sur vos ouvrages ?

Non, pas eu trop l’occasion de ces interventions, mais si jamais des offres venaient… N’hésitez pas !!!

 

6/ Depuis quand écrivez-vous ? Qu’avez-vous déjà écrit ?

Déjà quatre ans… Le temps… Je ne le vois pas passer…

 

7/ Quel est votre dernier livre ? Pouvez-vous nous en parler ?

Ferdinand ou le débile, ou l’histoire d’un Empereur d’Autriche, roi de Hongrie… accablé de tares liées à la consanguinité des Habsbourg, manipulé par Metternich, qui a abdiqué pour son neveu François-Joseph le mari de Sissi. Le parcours d’un homme émouvant injustement « oublié » pour ne pas dire caché !

 

8/ Où peut-on se procurer vos ouvrages ?

Par internet, Amazon, Fnac… sur le site des Éditions Jeanne d’Arc… Ou en commande chez son libraire.

https://www.eja-editions.com/fiche-produit.php?id_produit=181

 

9/ Quelle est votre position par rapport aux publications à compte d’éditeur, à compte d’auteur ou à compte participatif ? À l’e-book ?

Méfiance ! Souvent des « marchands de rêves » qui profitent du fantasme lié à l’écriture et de posséder un livre à son nom…

 

10/ Quel est le conseil le plus important que vous ayez reçu ? Pas forcément pour les livres ?

Je ne m’en souviens plus !

 

11/ Que préférez-vous écrire ou lire : des romans, des poésies, des essais, des nouvelles, des biographies ?

Des biographies ! Pas d’autobiographie ! Bien que ce soit à la mode !

 

12/ Comment écrivez-vous ?

Avec les doigts… Et beaucoup de patience pour se documenter…

 

13/ Où puisez-vous votre inspiration ? Avez-vous eu des commandes d’ouvrages ?

Le hasard ! Il fait parfois… Pour mon petit dernier, Ferdinand le débile, en 2016 était commémorée la mort de l’Empereur François-Joseph. Je me suis demandé qui était sur le trône d’Autriche avant lui… ET c’était Ferdinand !

 

14/ Comment construisez-vous vos intrigues, vos personnages ? Vos personnages sont-ils toujours imaginaires ?

Pour l’instant, ils sont bien réels, je tiens seulement à les évoquer, raconter leur existence romanesque dans les conditions du roman. Mais tout ce qui est écrit est véridique. Les narrateurs sont fictifs…

 

15/ Quel conseil donneriez-vous aux amateurs d’écriture ?

Persévérer…

 

16/ Quels sont vos auteurs préférés ?

Les classiques, puis, un faible pour Maurice Leblanc et la série des Arsène Lupin… et TINTIN !!

 

17/ Que lisez-vous en ce moment ?

L’intégrale de Fantomas (collection Bouquins) de Pierre Souvestre et Marcel Allain paru en feuilleton dans les années 1913…et n’a rien à voir avec les films avec Louis de Funès.

Je relis Jean Teulé « Je, François Villon ».

 

18/ Travaillez-vous sur de nouveaux projets ?

Je finis l’écriture de ma prochaine biographie consacrée à un autre personnage méconnu ! Il s’agit d’un Toulousain ! Marius Cazeneuve… Patience…

 

19/ Avez-vous des dates d’événements à venir ?

Le 3 juillet, je serais au Salon de Mirepoix dans l’Ariège. Puis été calme… mais vous pouvez lire Philibert, Campana, Ferdinand tranquillement et me laisser vos commentaires.

 

En octobre, le 8 à Buzet sur Baïse, le 15 octobre en Belgique, tout près de Bruxelles au Château de la Hulpe, le dernier week-end d’octobre au Salon des Gourmets de lettres à Toulouse.

Et le 1er week-end de décembre au Salon du livre d’Histoire de Bruxelles !

 

20/ Où peut-on suivre vos actualités ? Vos parutions ?

Sur Facebook, ou en me laissant vos coordonnées sur mon mail…

jeanluc.dousset@free.fr

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Le 7 juin 2017

Jean-Luc Dousset

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Je remercie sincèrement Jean-Luc Dousset d’avoir eu l’amitié de se livrer à ce jeu des questions-réponses.

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Auteur, sculpteur, peintre, photographe, acteur, comédien, théâtreux, styliste, musicien, chanteur, colleur de papiers, en un mot artiste  sans discrimination de l’art pratiqué,

si vous aussi, vous êtes intéressé par mon écoute et la publication sur ce blog, merci de vous manifester par e-mail soit directement sur le site soit à l’adresse suivante : jlriguet@gmail.com.

La publication sur le site est ponctuelle au gré des réceptions des questionnaires.

Chaque chronique est ensuite partagée sur Facebook, Twitter, Linkedin, Google+, Pinterest et parfois Tumblr.

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Pour se manifester si vous êtes intéressé par le questionnaire :

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Tout sur mes livres :

https://sites.google.com/site/sitejeanlouisriguetauteur/home

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https://www.youtube.com/channel/UCcLyJcrYJkDfuM9zm6mfbCQ

https://lecriveurjeanlouisriguet.blogspot.fr/

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© Jean-Louis RIGUET 17 juin 2017

Sociétaire de la Société des Gens de Lettres

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Riguet

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JL à l’écoute de … Benoit COUZI

Des mots pour vous

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JL à l’écoute de …

Aujourd’hui Benoit COUZI

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1/ Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Je m’appelle Benoit COUZI, j’ai 58 ans et je suis passionné de littérature et d’écriture depuis toujours.

 

2/ Que faisiez-vous avant d’écrire ou parallèlement à l’écriture ?

J’ai mené une très longue carrière de directeur financier de grandes entreprises avant de passer des chiffres aux lettres voici plusieurs années.

 

3/ Qu’aimez-vous ou pratiquez-vous comme autre art ? La peinture ? La sculpture ? Le cinéma ? La photographie ? Le théâtre ? Quelle est votre passion ?

Je ne sais pas si on peut appeler cela un art mais je suis passionné de transformation de vieilles pierres. Au cours de ma vie j’ai transformé plusieurs maisons afin de redonner une vie perdue à des espaces qui avaient vu la naissance et la mort de nombreuses générations.

La pierre qui a vécu est une invitation au voyage dans le temps, à la recherche de nos racines et à la compréhension du présent.

 

4/ Qu’attendez-vous de vos lecteurs, admirateurs ? Comment vous faites-vous connaître ? Comment allez-vous à leur rencontre ?

Je ne me considère pas comme un écrivain mais comme un simple auteur qui ne peut pas faire autrement que d’écrire. Les personnages vivent avec moi, en moi et je dois leur donner vie pour ne pas étouffer d’eux. Mes lecteurs, que j’essaie de rencontrer le plus souvent possible, m’encouragent au travers de leurs commentaires et cela me suffit pour continuer à écrire.

 

5/ Faites-vous des rencontres, des lectures ou des conférences sur vos ouvrages ?

Je n’ai pas cette prétention bien que je le souhaite profondément.

 

6/ Depuis quand écrivez-vous ? Qu’avez-vous déjà écrit ?

J’ai débuté dans l’écriture par un livre technique qui m’avait été commandé par les Éditions Eyrolles après qu’un responsable de collection a détecté mon style sur un blog consacré à la rénovation que je tiens sur la toile. J’ai ensuite publié un roman réaliste consacré à la vie en prison que j’ai écrit après avoir réalisé une véritable enquête de 6 mois au sein d’une prison française (Comme des nains dans leurs mains, Éditions Edilivre, 2015). Enfin, j’ai publié récemment un polar psychologique qui tente de décrypter l’univers d’un homme poussé à bas par une force plus forte que lui dont il ignore tout (De raphia et de soie, Éditions Edilivre, 2016).

 

7/ Quel est votre dernier livre ? Pouvez-vous nous en parler ?

Quelle est notre part de peur du vide, saurions-nous nous battre contre l’inconnu, voici les deux questions centrales que j’ai tenté de traiter dans cet ouvrage.

La vie de Paul est organisée et planifiée comme le sont ses affaires à la tête de Progésis. Pourtant, tout bascule quand son bras droit lui annonce sa décision de le quitter sans préavis.

Notre équilibre est souvent bien précaire et ne tient qu’à quelques fils. Ceux qui maintiennent Paul vont lâcher les uns après les autres l’entraînant dans une chute vertigineuse. Son entourage ne saura pas le retenir et le regardera descendre, impuissant, de palier en palier.

 

J’ai essayé de faire partager les peurs et les angoisses de celui à qui tout va arriver alors que rien de tel n’était programmé, jusqu’à un dénouement inattendu.

 

8/ Où peut-on se procurer vos ouvrages ?

Sur le site d’Edilivre bien entendu mais également sur mon blog auteur à www.benoitcouzi-auteur.fr sur lequel vous pouvez lire de larges extraits de mes ouvrages.

 

9/ Quelle est votre position par rapport aux publications à compte d’éditeur, à compte d’auteur ou à compte participatif ? À l’e-book ?

Le monde de l’édition a été transformé par l’apparition de l’autoédition et le développement des offres d’édition à compte d’auteur. Pour ma part j’ai opté pour l’édition alternative.

Il me semble que l’édition classique doit être dépoussiérée à l’heure où la plume n’a jamais tant démangé les écrivains en herbe. N’accepter que moins de 6 % des manuscrits reçus dans les comités de lecture implique que près de 95 % d’entre eux soient refoulés or je ne crois pas imaginable que tant de textes soient creux, inintéressants ou mal écrits. Je pense donc que l’édition classique passe à côté de nombreux talents rejetés par un système obsolète.

Il n’en reste pas moins que l’édition alternative ou à compte d’auteur doit elle aussi évoluer pour obtenir ses lettres de noblesse. Aujourd’hui le travail effectué sur les textes acceptés est quasiment inexistant (relecture, mise en page et correction) et de nombreux ouvrages sont publiés alors qu’ils ne le méritent pas dans leur forme si ce n’est dans leur fond.

 

10/ Quel est le conseil le plus important que vous ayez reçu ? Pas forcément pour les livres ?

Je l’ai reçu de Vauvenargues qui a écrit “Un homme sans passion est un roi sans sujet.” J’ai fait de cette citation mon credo pour une vie, se passionner pour tout, être curieux et découvrir, sans limites ni retenue.

 

11/ Que préférez-vous écrire ou lire : des romans, des poésies, des essais, des nouvelles, des biographies ?

Je lis des romans et des traités historiques (une autre de mes passions) mais j’aime écrire sous le format romanesque qui me semble me donner la plus grande liberté : liberté de faire parler mes personnages, liberté de leur ôter la vie ou de la prolonger, liberté de faire et défaire, enfin liberté totale.

 

12/ Comment écrivez-vous ?

Des journées entières de 10 ou 12 heures lorsque l’ouvrage est commencé. Mes personnages m’habitent, je me lève avec, je mange avec, je dors avec, ils ne me quittent pas jusque bien après le mot fin.

 

13/ Où puisez-vous votre inspiration ? Avez-vous eu des commandes d’ouvrages ?

La vie quotidienne nous livre tous les sujets à traiter que ce soit la nôtre ou celle qui nous est présentée par les vitrines virtuelles dans lesquelles nous entrons tous plusieurs fois par jour.

 

14/ Comment construisez-vous vos intrigues, vos personnages ? Vos personnages sont-ils toujours imaginaires ?

Un syndicaliste qui intervient dans un 20 heures, ma boulangère remplie de contradictions, l’adolescente que je croise dans un train, sont autant de bases de mes personnages. Des bribes de leurs conversations, leurs regards, leurs attitudes me donnent le matériel nécessaire à la construction de mes héros.

Je n’écris pas avec un plan précis comme beaucoup d’écrivains. Bien entendu j’ai en tête un plan de l’histoire que je vais conter mais elle peut évoluer au gré de mes personnages qui m’entraînent vers ce qui leur semble être leur propre vie.

 

15/ Quel conseil donneriez-vous aux amateurs d’écriture ?

Écrire, écrire et écrire. Assouvir ses envies, ses passions est le seul moyen de vivre sans rien regretter. Alors, oui, écrivez, le mieux que vous le pouvez mais écrivez.

 

16/ Quels sont vos auteurs préférés ?

Les grands classiques tels que Balzac, Hugo ou Brontë qui m’ont donné le sens de la description et qui m’entraînent dans leur monde à chaque fois que je les relis mais aussi plus proches de nous Françoise Mallet-Joris, Philippe Sollers ou Modiano bien sûr.

 

17/ Que lisez-vous en ce moment ?

Lorsque je suis en écriture je m’abstiens de lire pour ne pas encombrer mon histoire par une importune envie de faire pénétrer en elle des éléments d’un autre ouvrage.

 

18/ Travaillez-vous sur de nouveaux projets ?

Je termine actuellement le premier tome de ce qui sera une saga familiale. Elle s’étendra des années 1950 aux années 2040, faisant passer mon lecteur du passé au futur dans un même ouvrage. La confrontation des générations est quelque chose qui me fascine, le passé devient futur dès lors que la jeunesse prend la peine d’écouter la sagesse des anciens.

 

19/ Avez-vous des dates d’événements à venir ?

Mon programme de dédicaces est en cours d’élaboration, je vous invite à le retrouver sur :

www.benoitcouzi-auteur.fr

 

20/ Où peut-on suivre vos actualités ? Vos parutions ?

Sur mon blog auteur dans lequel vous retrouvez mes publications, les articles de presse concernant mes ouvrages, des extraits de mes textes, les commentaires de mes lecteurs et le programme de mes interventions.

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Le 1er mai 2016

Benoit COUZI

.Couverture finale

.Couverture

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Je remercie sincèrement Benoit COUZI d’avoir eu l’amitié de se livrer à ce jeu des questions-réponses.

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Auteur, sculpteur, peintre, photographe, acteur, comédien, théâtreux, styliste, musicien, chanteur, colleur de papiers, en un mot artiste  sans discrimination de l’art pratiqué,

si vous aussi, vous êtes intéressé par mon écoute et la publication sur ce blog, merci de vous manifester par e-mail soit directement sur le site soit à l’adresse suivante : jlriguet@gmail.com.

La publication sur le site sera ponctuelle au gré des réceptions des questionnaires.

Chaque chronique est ensuite partagée sur Facebook, Twitter, Linkedin, Google+, Pinterest et parfois Tumblr.

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Pour se manifester si vous êtes intéressé par le questionnaire :

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Tout sur mes livres :

https://sites.google.com/site/sitejeanlouisriguetauteur/home

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https://www.youtube.com/channel/UCcLyJcrYJkDfuM9zm6mfbCQ

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Jean-Louis RIGUET 09 mai 2016

Sociétaire de la Société des Gens de Lettres et Membre de la Maison de l’Ecrivain et de la Littérature

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Riguet

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Sept Récits Historiques de l’Orléanais vient de paraître

. Publié aux EDITIONS DU JEU DE L’OIE 16 rue Saint Nicolas 45110 CHATEAUNEUF-SUR-LOIRE ISBN :  978-2-36831-043-4 168 pages – 20 Euros . RÉCITS HISTORIQUES DE L’ORLÉANAIS Val de Loire, Beauce, Sologne   7 récits historiques courts   La Butte des élus (Mézières-lez-Cléry)   À quelle époque remonte la coutume qu’observent encore les jeunes femmes, […]

CADO crée La Tempête de William Shakespeare

LA TEMPETE

de William Shakespeare

Une CREATION du CADO

à ORLEANS au Centre National de Création

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Miranda dans l’orage, peinture de John William Waterhouse (1916) –
Les pièces de Shakespeare sont une source d’inspiration fréquente chez les peintrespréraphaélites.

Wikipédia

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C’est une vieille dame de 1611 qui a été créée par le CADO à Orléans en 2014. Dernière pièce de Shakespeare. Son testament ! L’écriture a été faite à Stratford pendant sa retraite. Les spécialistes disent qu’il s’agit d’un condensé de son théâtre et de sa vision du monde. On assiste à un mélange de violence et de clémence. Il y a aussi de la trahison et de la fidélité. Egalement du comique et du tragique. Du sublime et du grotesque.

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LA TEMPETE de William SHAKESPEARE

Traduction et adaptation Michael Sadler, adaption et mise en scène Christophe Lidon

Décor Catherine Bluwal assistée de Françoise Henry – Lumières Marie-Hélène Pinon assistée de Lucie Joliot

Vidéo : Léonard – Costumes Chouchane Abello-Tcherpachian assistée de Johanna Elalouf

Peintures textiles : Catherine Jahan – Couture : Fatula Azakkour – Son : Christophe Sechet

Assistante à la mise en scène Natacha Garange

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La tempete

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Les comédiens

Sarah BIASINI : Miranda

Maxime d’Aboville : Ariel

Denis Berner : Trinculo

Joël Demarty : Stephano et Alonso

Jacques Fontanel : Sébastien

Jean-Loup Horwitz : Gonzalo

Jean-Marie Lardy : Antonio

Adrien Melin : Ferdinand

Dominique Pinon : Caliban

Alain Pralon, Sociétaire honoraire de La Comédie-Française : Prospero.

Notons que Alain Pralon a remplacé Claude RICH, ce dernier ayant des ennuis de santé.

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La Tempête_0001

 

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Voilà ce que Wikipédia en dit :

Le duc de Milan, Prospero, après avoir été déchu et exilé par son frère, se retrouve avec sa fille Miranda sur une île déserte. Grâce à la magie que lui confèrent ses livres, il maîtrise les éléments naturels et les esprits ; notamment Ariel, esprit positif de l’air et du souffle de vie ainsi que Caliban, être négatif symbolisant la terre, la violence et la mort.

La scène s’ouvre sur le naufrage, provoqué par Ariel, d’un navire portant le roi de Naples, son fils Ferdinand ainsi que le frère parjure de Prospero, Antonio. Usant de sa magie et de l’illusion, Prospero fait subir aux trois personnages échoués sur l’îlediverses épreuves destinées à les punir de leur traîtrise, mais qui ont également un caractère initiatique. En fin de compte, Prospero se réconciliera avec son frère et le roi, mariera sa fille avec Ferdinand, libérera Ariel et Caliban puis renoncera à la magie pour retrouver son duché.

Les personnages de La Tempête se sont élevés aujourd’hui à un rang presque mythique : représentés, cités, repris, mis en scène par nombre d’artistes dans leurs œuvres, ils incarnent et symbolisent avec une grande richesse des comportements et sentiments humains. Caliban et Ariel ont souvent servi à symboliser les peuples primitifs des colonies, esclaves et jouets des puissances coloniales, ballottés dans les querelles des colons auxquelles ils ne comprennent rien.

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Temp%C3%AAte_(Shakespeare)

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Jean-Louis RIGUET 11 octobre 2014

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Sociétaire de la Société des Gens de Lettres, Membre du Bottin International des Professionnels du Livre et de la Maison de l’Ecrivain et de la Littérature

Liens :

https://librebonimenteur.wordpress.com/

https://sites.google.com/site/sitejeanlouisriguetauteur/home

http://www.riguetauteurlivres.com/

http://riguet-jean-louis.e-monsite.com/

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Cinder – Marie Sexton

Une nouvelle visite d’un conte de fées !

Mille et une pages

CinderEldon Cinder donnerait n’importe quoi pour revoir le prince Xavier une dernière fois, mais seules les femmes sont invités au bal royal. Quand une sorcière propose de faire d’Eldon une femme pour seulement une nuit, il accepte.
Un sort.
Une nuit.
Une danse.
Qu’est-ce qui pourrait mal tourner?

Avis de Nine :
Un conte de fées revisité… L’idée est astucieuse, il s’agit de deux hommes, et réussit.
Ici pas de fée marraine mais une sorcière, pas de pantoufle de verre mais une sandale, et ils n’eurent pas beaucoup d’enfants mais ils vécurent heureux. Cette courte nouvelle se déroule durant un laps de temps très bref et nous immerge dans un Cendrillon irrévocablement moderne.

Eldon Cinder a perdu ses parents lorsqu’il était enfant. Recueilli depuis par sa tante et ses deux horribles jumelles, il est leur domestique. Lors d’un après-midi de pêche dans son endroit favori, il rencontre le prince Xavier…

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Chapitre 2 Augustin

Première couverture Augustin

Première couverture Augustin

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Extrait d’AUGUSTIN ma bataille de Loigny

Intégralité du chapitre 2

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Les Prémices

Les jours s’étirent lentement pour qui n’a rien à faire de particulier. Je me promène dans les chemins alentour en humant l’air du moment. Il m’arrive de pousser sur plusieurs kilomètres mes pas, de m’asseoir sur une borne ou un petit tertre et de rester là à contempler la nature, à laisser vagabonder mon imagination. En cette période incertaine, mes rêveries sont souvent interrompues par les coups de canons ou les bruits des chevauchées des cavaliers militaires. Parfois, c’est réel. Parfois, c’est imaginaire. Souvent, je me laisse tellement aller que l’imaginaire est plus réel que le réel n’est imaginaire. Quand ce ne sont pas les canonnades qui me réveillent, ce sont des ouvriers agricoles ou des anciens collègues qui me demandent ce que je fais là, seul, dans la campagne, à rêvasser, avec tout ce danger qu’il y a dans le secteur. En général, je ne réponds pas, je continue. Aujourd’hui, mes pas m’ont porté à côté de chez moi, sur ma bille de bois.

Sans effort, je suis remonté en arrière, dans le temps de jadis. Je me souviens d’un épisode de ma vie. Monsieur Emile m’a conté qu’avant ma naissance, en 1756, Charles Le Juge, Seigneur de Villeprévost, a restauré et agrandi la construction. Il a aussi construit le parc en se faisant conseiller par un jardinier de Versailles, élève de Le Nôtre. Après bien des travaux et des vicissitudes financières, il en sort ruiné en 1784. N’ayant pas trouvé d’autre solution pour payer ses dettes, il vend sa propriété à Armand-François Fougeron qui est, à cette époque, Conseiller du Roi au Châtelet d’Orléans. C’est ce même Châtelet qui donne son nom aux notaires d’Orléans comme il y a les notaires du Châtelet à Paris. En novembre 1870, c’est encore cette famille qui en est propriétaire et qui, par voie de conséquence, se trouve être ma patronne. Je suis aux ordres de ses descendants Émile-Adrien Fougeron et de son épouse Marie-Amélie, après l’avoir été à ceux de Monsieur Armand-François, pendant quelques années.

Installé sur ma bille de bois, je me laisse aller dans les méandres de mes souvenirs. J’aime à me promener dans la cour et le parc, fouler les pelouses bien vertes, en forme de « Boulingrins », dominées par un magnifique platane plus vieux que moi, flâner dans le colombier à pied construit trois cents ans avant ma naissance. Sa toiture est en double pente. Une échelle tournante me permet d’aller visiter plusieurs centaines de « Boulins », ces appuis-niches dont les pigeons font leurs nids. Je passe de grands moments à contempler le cadran solaire horizontal accroché sur une colonne dans le parc. Je l’ai vu construire sur une plaque de zinc, il y a une trentaine d’années, en 1839. C’est l’œuvre du Docteur Edmond Modeste Lescarbault, médecin à Orgères-en-Beauce, enfant du pays, passionné de gnomonique et d’astronomie. Il fit la découverte de Neptune en 1846. À ce moment-là, il ne savait pas encore que sa passion le ferait mourir vieux et ruiné en 1894, après avoir néanmoins laissé plus de cent cinquante ouvrages et manuscrits.

Le dimanche, ou le soir en semaine, venu, après le travail journalier, je me promène, soit seul, soit avec mon épouse, Émilienne, de deux années plus jeune que moi. Nous nous sommes rencontré par hasard, un soir de bal à Orgères-en-Beauce. Nous nous sommes plu tout de suite. Depuis, nous ne sommes plus jamais quittés. Cela fait quarante-cinq ans désormais. Certain soir, Émilienne m’accompagne sur l’allée verte, puis nous bifurquons vers tel ou tel autre but non fixé à l’avance. De la cour d’honneur, une ligne toute droite aboutit à une échancrure dans le mur par laquelle l’on voit, chaque année, le soleil disparaître à l’horizon, le soir du 15 août. Ce jour-là, c’est la fête de la femme de Charles Le Juge, le précédent propriétaire. Nous l’avons bien connue et depuis, chaque soir du 15 août, nous allons voir le soleil descendre puis s’éteindre au loin dans le ciel. C’est une sorte de pèlerinage annuel que nous ne manquerions sous aucun prétexte. Malgré le contexte inquiétant cette année, nous l’avons fait le 15 août dernier. Il faisait beau ce soir-là. Nous en avions profité longuement.

Fin août ou début septembre, je ne sais plus, nous avons entendu parler d’une dépêche qui allait mettre le feu aux poudres. On n’a jamais su très bien de quoi il s’agissait, car nous n’avons les nouvelles que par oui dire. C’est souvent Monsieur Fougeron qui nous informe, quelquefois on nous donne une feuille de journal. Toujours est-il que Napoléon III a fini par déclarer la guerre à la Prusse à la suite de cette dépêche. C’est sûrement la faute à Bismarck qui, ayant besoin d’une guerre pour retrouver l’unité perdue de son peuple, a déformé les propos contenus dans la dépêche d’Ems pour provoquer Napoléon III qui se prend au jeu. Ce dernier se lance dans l’aventure alors que son armée n’est pas préparée. Dès le départ, le combat est inégal. D’un côté, l’alliance germano-prussienne compte 800.000 hommes, de l’autre côté, la France ne peut en aligner que 250.000. Il faut un mois et demi, à peine, pour que les armées prussiennes encerclent Sedan et capturent Napoléon III qui capitule et est fait prisonnier. Alors, l’Assemblée législative proclame la fin de l’Empire et le début de la Troisième République. Paris se retrouve encerclé par les troupes prussiennes. Nous sommes en septembre 1870. Je ne sais pas encore que le gouvernement provisoire de la France acceptera de payer une forte indemnité, la présence d’une armée d’occupation, la cession de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine, en échange de la Paix. En 1871, la défaite française sera concrétisée par l’évacuation de Verdun par les troupes allemandes et la France, certes plus petite, recouvrera son autonomie. Cela, je ne l’apprendrais que bien plus tard, après qu’il nous fut arrivé toutes sortes de péripéties.

L’après-midi écoulé au rythme de mes pérégrinations, mes pensées étant revenues en accord avec le présent vivant, ce soir, 9 novembre 1870, nous, Émilienne et moi, avisons un banc sur lequel nous allons nous asseoir, la main dans la main comme autrefois, quand nous étions jeunes. C’est une occasion à ne pas manquer qui nous permet d’échanger, dans un moment de calme qui est en opposition avec l’activité de la journée. En effet, depuis quelques jours, on imagine, on sent, on sait qu’il va se passer quelque chose. Ce sera dur, tragique, sanglant. La plaine en est consciente, complètement imprégnée et dans l’attente. Elle ne sait pas ce qu’elle attend. Mais elle sent qu’elle va payer. Quoi ? Elle ne devine pas. Elle n’imagine pas. Elle ne veut pas. Elle subira comme d’habitude. Quand les hommes décident d’en découdre, rien ne les arrêtent. Au loin, le canon tonne. On sent bien que l’atmosphère est à la guerre. Les mouvements de troupe nous sont rapportés. Des batailles ont lieu vers l’ouest. Et aussi à Orléans. Mais notre petit secteur local est pour l’instant un peu épargné.

– Tu sais, Augustin, je suis très inquiète de la situation actuelle, dit doucement Émilienne.

– Moi aussi, je suis inquiet. La situation n’est pas bonne. Toutes les nouvelles qui nous viennent d’Orléans sont mauvaises. Ces dernières années, nous avons vu beaucoup de choses au niveau national. Par exemple, en février 1848, à l’arrivée d’un train du matin, les Orléanais ont appris que Paris s’était soulevé. Notre jeunesse, si calme d’habitude, a cassé des réverbères. Ces manifestations violentes ont entraîné la dissolution du Conseil Municipal, alors que des travaux importants avaient été entrepris pour lutter contre le chômage. Les ateliers ouverts à cette occasion n’ont pas tenu. Ils ont connu la ruine.

– Je m’en souviens, continue Émilienne. Le fils du père François, tu sais François le boiteux, a été du voyage lui aussi. Quatre mois qu’il a travaillé, puis, hop, le chômage. Tu parles d’une affaire !

– Après, en décembre 1851, c’est Louis-Napoléon qui a fait son coup d’État. Après avoir appris l’annonce, tu te souviens, quatre cents Orléanais ont envahi la mairie. Ils avaient tous une inscription au chapeau. « Constitution Républicaine » qu’il y avait de marqué dessus. Le Général Grand n’a pas fait de détail. Il a envoyé ses soldats. Il en a fait arrêter cinquante-trois. Heureusement que le Second Empire s’est révélé plus tranquille dans notre région. On a même connu un peu de richesse. Orléans a conservé son député pendant dix-sept ans, le même. Tu te souviens, on ne pouvait plus se déplacer dans Orléans sans être ennuyé par des travaux. Tout y est passé : l’eau potable, le pavage des rues, les canalisations et les égouts, un lycée, les mails. Même l’Évêque a vu le clocher de sa cathédrale Sainte-Croix refait avec en dessous la pose des vitraux du chœur. Également, la Place du Martroi a vu sa statue de Jeanne d’Arc changée en 1855.

– C’est bien vrai que c’était un drôle de chantier à cette époque. On ne savait pas où garer sa carriole ni laisser son cheval. C’est un peu plus tôt que le train est arrivé à Orléans. En 1843. On avait tous peur de cette grosse bête de fer qui faisait du bruit et crachait de la vapeur à qui mieux mieux. C’est depuis ce temps qu’Orléans décline. C’est le Chemin de Fer qui a tout cassé.

– Auparavant, Orléans était une ville très prospère. La dixième ville, peut-être même la neuvième, la plus riche de France ! Aujourd’hui, en 1870, le classement a baissé, à peine la quinzième, peut-être même pas, je ne sais pas. La ville a complètement raté la croissance qu’il y a eu dans la France entière et même, si on va par-là, la croissance de l’Europe. Les entreprises ont toutes fermé leurs portes pour la plupart. Avant, Orléans était un point de passage obligatoire entre La Loire et la Seine, par l’intermédiaire des canaux. Tout le sucre des Antilles remontait jusqu’à Orléans où il y avait le poste de douane. Les Nantais n’étaient pas contents de cette situation. En revanche, nous, on en a profité pendant de belles années. Certes, la navigation sur la Loire n’était pas de tout repos. Elle était, elle est d’ailleurs toujours, très difficile à cause de ses sautes d’humeur. Mais les mariniers de Loire y arrivaient. Depuis Nantes, ils transportaient du sel, des ardoises d’Angers, du sucre des Îles et ils descendaient du vin de Touraine. Du Midi, par Roanne, arrivaient des vins, du charbon et diverses marchandises. Et tout ça était transformé, raffiné, puis envoyé et marchandé sur Paris. Par contre, depuis que le train nous relie à Paris et aussi relie les autres villes d’importance entre elles, les industries de transformation, les vinaigreries, les raffineries, les bonneteries, les maisons de commerce ont fermé leurs portes. Leurs propriétaires et dirigeants ont préféré aller à la chasse en Sologne avec le magot qu’ils avaient accumulé auparavant. C’est-y pas malheureux !

– Oui, tout s’est effondré. Il n’y a plus de grand négoce à Orléans. Ah, tiens, voilà Monsieur et Madame Fougeron qui prennent le frais eux aussi. Bonsoir, Madame, Bonsoir, Monsieur.

– Bonsoir, Émilienne, bonsoir, Augustin. Il fait bon ce soir, vous avez bien raison de profiter de cette douceur de novembre, car cela ne va pas durer. Le brouillard est froid le matin.

– Bonsoir, Madame, bonsoir, Monsieur, dis-je. Merci. C’est vrai que nous en profitons et puis, dans un moment, nous irons manger la soupe. Avec l’Émilienne, on parlait de la situation qui nous inquiète beaucoup. Surtout que l’on ne sait pas tout et que l’on ne comprend pas tout.

– Vous avez raison. Avec tous ces changements, on ne sait pas où l’on va. La République, la Troisième, vient d’être proclamée en septembre, après la défaite de Sedan, et nous sommes toujours en guerre. En province, les responsables politiques sont plutôt favorables à une paix avec les Prussiens, mais ce ne semble pas être le cas de Gambetta qui organise une défense nationale. Il est en train de faire un tour de France. Comme l’armée prussienne assiège Paris depuis septembre dernier, il a été obligé de partir en ballon, « l’Armand Barbès », pour rallier Tours. Il a mis une journée entière. Avec la délégation gouvernementale, Gambetta a ordonné l’organisation de l’armée de La Loire à partir de diverses troupes, les rappelés d’Algérie, les soldats des dépôts, les réservistes. C’est le général Joseph Edouard de La Motte-Rouge qui la commande, mais il a peu d’officiers ayant déjà servis, avec des soldats sans grande expérience et une toute petite artillerie. Je ne donne pas bien cher du succès de cette aventure. D’ailleurs, depuis, l’ennemi s’approche d’Orléans. Je ne sais pas si vous savez, mais les troupeaux ont été emmenés sur la rive gauche de la Loire. Le Général De Polès commande. Le général Peytavin assurait la défense d’Orléans. Depuis, il a été remplacé par le général Faye.

Un énorme éclatement d’obus se fait entendre. Plus près que les autres. En effet, pendant que l’on reste là à deviser calmement, le canon gronde tout alentour, principalement dans la direction de Châteaudun et aussi à l’opposé, du côté de Pithiviers.

– 10 ou 12 kilomètres d’ici. C’est la distance que j’estime de cet obus. Au son, je crois qu’il s’agit d’un tir des prussiens, reprend Monsieur Fougeron. Il ne reste plus que deux ponts à Orléans. La ville a été laissée aux soldats. Des combats ont lieu dans la forêt d’Orléans. Pithiviers est tombée. Puis, le général de Lamotte-Rouge a pris le commandement, à la suite d’un cafouillage au niveau le plus haut, pour défendre de nouveau la ville. Il a ordonné une offensive sur Toury et repoussé les Prussiens en dehors du Loiret sur le territoire de l’Eure et Loir. Il y a des combats sur Artenay, Cercottes, sur tout le côté nord-est de chez nous. Nous sommes entourés de toute part. Les forces sont inégales. Le Général Von der Tann dispose de 15000 bavarois et de cent canons. Lamotte-Rouge n’a que 10000 hommes et une vingtaine de canons.

– Effectivement, la différence est sensible et pas à notre avantage, me permets-je de dire. Pourtant, on entendait moins les canons ces derniers jours. On croyait que c’était plutôt sur Orléans que les combats étaient plus fournis. On espérait être épargnés.

– Vous avez raison. C’est Orléans qui trinque, si je puis dire, en ce moment. Les Bavarois ont envahi la ville, ont pillé les épiceries, saccagé tous les commerces de bouche. Le général Von der Tann exige d’ailleurs une rançon. 1500000 francs, je crois, plus 500000 réquisitions en nature. À la suite de négociations entre les Bavarois, qui sont catholiques, et Monseigneur Dupanloup, notre archevêque, avec Adolphe Crespin, en raison de la correspondance épistolaire qu’il entretient avec la reine de Prusse, le général Von der Tann a réduit ses prétentions à 1000000 Francs. Le maire d’Orléans a mis deux jours pour réunir la rançon et pour payer.

– Alors, comme ça, dit Émilienne, on va capituler devant les Prussiens ! On ne va pas riposter ! Et en plus, ils vont nous mettre à l’amende !

– Ce n’est pas si simple, dit Monsieur Fougeron. L’armée de la Loire s’est repliée du côté de la Ferté-Saint-Aubin. Aujourd’hui, c’est Aurelle de Paladines qui est à sa tête. Il a l’appui de quelques francs-tireurs. Il contre-attaque à l’ouest et à l’est, en ce moment même. Les troupes font le maximum pour bouter dehors les Prussiens, mais elles sont fatiguées, mal armées et l’artillerie fait défaut.

– Il commence à faire froid, dit Madame Fougeron. J’aimerais que nous puissions rentrer.

– Oui, bien sûr. Bonsoir, Émilienne, bonsoir Augustin.

– Bonsoir, Madame, bonsoir, Monsieur, nous allons rentrer, nous aussi. Je crois que l’on va faire un feu en attendant que chauffe la soupe. Tu viens, Émilienne, on va rentrer chez nous.

Sur le chemin du retour, Émilienne me dit :

– Tu as vu comme ils étaient bien habillés ?

– Oui, j’ai vu, dis-je dubitatif.

C’est vrai qu’ils sont toujours bien vêtus, Monsieur et Madame Fougeron. Madame suit à peu près la mode qui nous vient de Paris, du moins celle dont nous pouvons avoir connaissance. Ses robes ont une certaine élégance, faite de simplicité, en soie ou en toile, mais sans ornement. Les corsages se portent sur les épaules, sans jabot ou dentelles. Peu à peu, nous avons vu la crinoline remplacer le jupon. Monsieur revêt des habits noirs, avec une veste large sur une chemise ornée d’une cravate blanche jusqu’au col. Entre les deux, il porte un gilet droit discrètement bardé de boutons. Son pantalon est droit et ses bottes noires sont vernies. Quand il fait froid, il recouvre le tout d’un paletot ou d’une redingote.

Au fil du temps, en regardant Madame Fougeron, Émilienne me fait remarquer que le drapé revient pour les robes, les capes, châles et capelines, que les chapeaux s’élargissent et qu’il y a de plus en plus de bijoux. Les rayures font leur apparition, de même que les robes avec jupe et corsage cousus. Elle ne sait pas encore que, quelques années après, la robe s’ajuste au corps, les chapeaux reviennent petits, garnis de fleurs ou de voiles. Alors, les manteaux s’allongent et se portent assortis à la robe. Pour les hommes, la tenue reste sobre, gagne en ampleur. Le nœud papillon arrive. La coiffe est toujours le haut-de-forme noir.

Nous restons silencieux à l’évocation des beaux atours. Évidemment, Émilienne et moi ne peuvent envisager, un seul instant, de se vêtir ainsi. Notre pauvreté est grande et notre richesse petite. Mais nous n’envions pas. Nous contemplons simplement. Cela ne coûte rien.

Chez nous, ce n’est pas bien grand. Dans une branche des communs, Monsieur Fougeron nous a autorisés à occuper deux pièces sans confort. Une grande salle de séjour au centre de laquelle trône une grande table en bois d’arbre, bien épaisse, qu’escortent deux grands bancs en bois aussi. Ce sont des bancelles, avec des empiètements en biais groupés par deux et solidifiés par une barre transversale. Les deux paires d’empiétements sont elles-mêmes solidifiées par une barre transversale.[1] Sur le pignon, une grande cheminée permet non seulement de chauffer les deux pièces mais aussi de cuire. Un buffet en noyer noueux habille un mur. L’autre pièce est affectée à la chambre à coucher, qui ne reçoit qu’un lit sans sommier, une paillasse pas bien large pour que l’on puisse avoir chaud en se serrant l’un contre l’autre. Deux trépieds en cerisier noueux nous servent de reposoir de chaque côté du lit. On s’éclaire à la bougie et on a l’eau du puits. Une espèce de placards permet de poser nos quelques hardes. C’est presque le luxe, car notre logis est pris dans les communs du château.

– Augustin, tu as entendu ce qu’a dit Monsieur Émile : la troupe va bientôt venir jusque chez nous puisque l’armée de la Loire attaque vers l’ouest d’Orléans.

– Oui, je crois que nous allons y avoir droit assez rapidement, sûrement dans les jours qui viennent. Je ne sais pas ce que décideront alors de faire Monsieur et Madame Émile. Si tu allais chercher Ferdinand et Ernestine, nous pourrions prendre la soupe ensemble et les informer des nouvelles.

– C’est une bonne idée. Je vais les chercher. Je reviens. Tu n’as qu’à mettre les assiettes sur la table quand ton feu sera bien pris. La soupe sera vite prête.

Émilienne enfile un vêtement chaud et s’élance dans la cour. Ferdinand et Ernestine habitent aussi une partie des communs du château avec leur fille Louise. Ferdinand a eu quarante ans cette année. Il est à la fois jardinier, chargé de l’écurie, des animaux, des carrioles. C’est un domestique attaché au château. C’est un homme à tout faire. Un peu comme moi, quoique j’étais plus sur la ferme et la marche de celle-ci. Sa femme, Ernestine, a deux ans de moins que son mari. Elle est la cuisinière du château. Leur fille, Louise, qui vient d’avoir vingt ans, est au service de Madame Fougeron pour tout ce qui se trouve à l’intérieur de la gentilhommière. Nous nous entendons bien et c’est tant mieux car les adversités ne manquent pas.

Après avoir mis les assiettes sur la table, je vais chercher une bouteille de vin rouge d’Orléans-Cléry, élevé de l’autre côté de la Loire, quelques noix, des châtaignes cuites de ce matin et un jus de pommes de Semoy pour Louise. Déjà, Émilienne revient.

– Ils arrivent dans un quart d’heure. Cela leur fait plaisir de venir discuter un peu. De plus, Ernestine n’avait pas encore commencé à faire à manger. Elle est contente de l’aubaine.

– Tant mieux, et nous, nous passerons une bonne soirée.

Tandis qu’Émilienne s’affaire pour faire chauffer la soupe, je me mets en peine de casser avec un petit marteau la coque de quelques noix et de décortiquer la peau des châtaignes. Au bout de quelques minutes, nos voisins arrivent avec leur bonne humeur mais aussi leur appréhension des événements.

– Bonjour, Augustin, dit Ferdinand, comment vas-tu depuis hier. Je ne t’ai pas vu aujourd’hui. Où étais-tu donc passé ?

– Je suis allé voir le grand champ de l’autre côté de la route pour savoir ce que l’on pourra bien y semer le moment venu. Il m’a fallu réfléchir un peu. Normalement, la première année on récolte des céréales d’hiver, la deuxième année des céréales de printemps et la troisième c’est la jachère. Cependant, je crois que pour ce champ, cela fait trois ans qu’il est en jachère. Je pense qu’il ne sera pas mal pour le blé d’hiver.

– Tu as raison, cela doit bien faire trois ans. Mais, ce n’est pas un peu tard pour le blé d’hiver ?

– Si, c’est trop tard. Je vais devoir prendre la décision de faire du blé ce printemps.

– À condition que l’on y arrive au printemps, Augustin, avec tout ce qui se passe en ce moment, réplique Ernestine. Bonjour, tu vas bien ?

– Oui, bonjour, Ernestine. Ah ! Louise, bonsoir, tu embellis de jour en jour.

– Veux-tu te taire, Augustin ! Espèce de gros dragueur, ce n’est plus de ton âge, monte la garde aussitôt Émilienne.

– Bonsoir, Augustin, merci pour le compliment, susurre Louise.

C’est vrai que la petite, comme on l’appelait autrefois, a bien profité. Elle n’est pas très grande mais est devenue bien gironde. Elle a ce qu’il faut là où il faut, le sait et ne se gêne pas pour le mettre en valeur. Elle a des cheveux châtains foncés longs jusqu’aux épaules. Et des yeux verts coquins, à faire damner un saint. Sans oublier ces petites fossettes qui lui font un sourire taquin. Louise n’est pas exactement la fille d’Ernestine et Ferdinand. Malheureusement, ils n’ont pas pu avoir d’enfant. Elle n’a pas été adoptée par eux non plus. Elle a été recueillie quand elle n’avait pas encore un an. On avait appris depuis cette période où Ferdinand l’avait trouvé dans le fossé que sa mère était décédée suite à ses couches. On ne lui connaît pas de père. Sûrement une aventure d’un soir, féconde hélas ! Louise a de temps en temps un ami de trois ans son aîné. Fernand qu’il s’appelle. Il est garçon de ferme et réside provisoirement au château, dans une mauvaise pièce aménagée au-dessus des écuries. Les relations entre Louise et ses parents nourriciers, si l’on peut dire, ne sont pas faciles. Louise a son caractère et Ernestine aussi. Ils font avec.

– Alors, Augustin, quelles sont les nouvelles ? Je vous ai vu parlé avec Monsieur Émile tout à l’heure, je suppose qu’il avait des informations, questionne Ferdinand.

– Elles ne sont pas fameuses. Orléans est à la peine. Des magasins ont été pillés. Les Bavarois occupent la ville. Gambetta fait des voyages en ballon pour prendre des décisions avec la délégation gouvernementale. Mais le succès est rare. Il y a eu une bataille à Artenay, perdue. Il y a eu une bataille à Coulmiers, perdue. Il y a eu une bataille à Orléans, perdue. Même les troupeaux sont passés au sud de la Loire. Pithiviers est tombée. Il n’y a qu’à Toury que l’on a repoussé l’ennemi. Pour l’instant, nos soldats seraient du côté de La Ferté-Saint-Aubin.

– Pas réjouissant, tout cela… ! Pour nous remonter le moral, verse un verre de vin. Dans quelques minutes, les femmes, vous servirez la soupe et nous ferons chabrot.

– Non, mais, dis donc, nous ne sommes pas à tes ordres ! le rabroue Ernestine. Nous ferons comme nous le voudrons.

– Je disais ça pour vous taquiner un peu. Ne m’en veuillez pas ! s’excuse Ferdinand.

– Je ne sais pas ce que fera Monsieur Émile en cas d’attaque proche. Peut-être qu’il fera comme à la fin du siècle précédent ?

– Ben, qu’a fait le seigneur des lieux à l’époque ? Raconte-nous, nous nous coucherons ce soir moins bête.

– En janvier 1798, dans la nuit du 15 au 16 Nivôse An VI de la République, il y a eu l’affaire des « Chauffeurs d’Orgères ». C’est mon père qui m’a raconté cela, car je n’étais pas encore né et je n’étais même pas une lueur d’espoir dans le ventre de ma mère. Je suis de 1800 tout rond. En fait, c’était des brigands, une bande bien organisée. La Beauce, qui est tranquille aujourd’hui, mis à part la guerre prussienne, a eu des années sanglantes. Une véritable tribu terrorisa la Beauce.

– Continue, développe un peu, merci d’avance, demande Louise.

– La bande était composée d’hommes, de femmes et mêmes d’enfants. Ils tuaient, volaient, pillaient, assassinaient. Il y avait des chefs, des sous-chefs, des gardes-magasins, des espions. Les chemins étaient alors, à cause d’eux, devenus peu sûrs. Chaque membre de la bande savait ce qu’il avait à faire. Pour entrer dans les maisons ou les fermes, ils n’hésitaient pas à fracturer les portes, à escalader les murs, les toits, à défoncer les portes avec un bélier. Ils assommaient les gens, les bâillonnaient, les enfermaient dans les caves, parfois leur coupaient la gorge. Ils violaient les femmes et les jeunes filles. Ils avaient une technique bien particulière pour faire parler les victimes. Elle était imparable. Les brigands, dont la figure était toujours passée à la suie ou en tout cas avec quelque chose de noir, allumaient un feu, grand de préférence. Ils attrapaient le maître des lieux et lui chauffaient les pieds avec des tisons ou de la braise. Tout cela, dans l’espoir de faire parler la victime qu’ils avaient choisie. Ce qu’ils voulaient, c’était de l’argent. Si le maître des lieux ne parlait pas, ils passaient à la vitesse supérieure. Ils arrosaient alors ses pieds avec de l’eau-de-vie. Ils attrapaient, à deux, le malheureux qui se débattait comme il le pouvait, et présentaient ses pieds au-dessus de la flamme dans la cheminée. Après quelques brûlures et sûrement beaucoup de cris, la victime indiquait où se trouvait le butin. Il n’y avait pas d’échec.

– C’est t-y pas malheureux d’entendre ça quand même, se lamente Ernestine.

Après un moment de silence, pendant lequel les personnes autour de la table tentent de visionner ce que je viens de dire, je continue :

– Dans la grande tradition du banditisme sous l’ancien régime, c’était Fleur d’Epine qui avait fédéré une bande malfaisante. Il s’était installé à Orgères-en-Beauce. Dans cette période troublée par la Révolution, Fleur d’Epine s’est senti l’âme d’un politique et s’est acoquiné avec des conspirateurs royalistes. Il n’a pas eu grand avenir puisqu’il fut arrêté à Versailles en juillet 1792 et égorgé pendant les massacres de septembre. C’est alors que son bras droit, François Girodot, surnommé le « Beau François », prit la direction de la bande qui était forte d’environ quatre cents membres, dont un quart de femmes. S’appelant eux-mêmes les « Pingres », ils ont sévi de 1792 à 1798. La bande était superbement organisée. Le jour, les membres avaient des activités parfaitement respectables  au vu et au su de tout le monde.

– Comme quoi par exemple ? questionne Ferdinand.

– Je ne sais pas moi : des artisans, des commerçants. Que pourrais-je vous citer ? Attends… je réfléchis… des tonneliers, des vignerons,… des cafetiers, des charcutiers, des épiciers,… des forgerons, et même des ouvriers agricoles. Il y avait également des officiers, des prêtres, des instituteurs, et même un garde-champêtre. Vous vous rendez compte des officiers, un garde champêtre ! Tout ce petit monde faisait ses coups la nuit sous la direction du Beau François. Son bras droit était un homme d’une cruauté inimaginable. Il s’appelait « le Rouge d’Auneau ». La bande a ainsi écumé, pendant plusieurs années, les bourgeois, les châtelains, les gendarmes, parfois de pauvres bougres. Leur secteur d’activités était grand, particulièrement en Eure-et-Loir et dans le Loiret, toute la portion comprise entre Orléans, Chartres, Pithiviers et Marchenoir.

– Et cela a duré longtemps, interroge Ferdinand ?

– Tout a une fin bien sûr. Un jour, la bande a attaqué une ferme entre Pourpry et Sougy. Nicolas Fousset, le propriétaire d’un riche domaine, Le Millouard, fut torturé avec une telle violence qu’il en mourut quelques jours plus tard. Compte tenu de la qualité de cet homme, qui était très apprécié dans la région, et l’émotion dans la population étant très grande, une enquête fut diligentée avec beaucoup de sérieux sous la pression insistante des villageois locaux. Le commencement de la fin avait sonné pour les Chauffeurs d’Orgères. Un vagabond fut arrêté par les gendarmes, puis interrogé sans ménagement. Il craqua et indiqua qu’il faisait partie de cette bande. Le vagabond avait pour nom « Germain Bouscand » dit le « Borgne de Jouy ». Il ne résista pas longtemps et se montra assez loquace pour révéler des noms et des renseignements sur plus d’une centaine de personnes. Le Beau François a été arrêté une première fois, avec un de ses adjoints, à la foire d’Étampes en juillet 1797. Condamnés à quatorze ans de fers, tous les deux réussissent à s’évader début août mais furent repris le 3 mars 1798.

– Il semble à t’attendre dire les noms que les membres en aient eu de bariolés, dit Ferdinand. As-tu des exemples ?

– Il y avait là des personnes dont les noms sentent bon l’arnaque : « Fleur d’Épine », Nicolas Tincelin dit « Jacques de Pithiviers » ou le « Père des Mioches », Robert Jean-Bernard dit « Jean le Canonnier », François Ringuette dit « Le Rouge d’Auneau ». Attends un peu… Il y avait aussi Richard Jacques dit « Le Borgne du Mans » avec son visage vérolé… et aussi Madeleine Barruet dite « la Grande Marie » avec sa face vigoureuse,… ou encore François Théodore-Pelletier, avec son curieux faciès car sa tête avait été enserrée dans un carcan quand il était enfant pour diminuer l’ampleur de sa dentition.

– Cela me fait froid dans le dos, commente Émilienne.

– L’enquête fut dirigée par le Juge de Paix d’Orgères, qui n’était autre qu’Armand-François Fougeron, propriétaire du château de Villeprévost, celui-là même où nous nous trouvons. Notre Juge y mit tout son honneur personnel et désigna pour mener l’enquête une personne de Nogent-le-Rotrou, le commandant de brigade Vasseur. Mon père m’a dit que c’était un grand type, sans peur. Du haut de son mètre quatre-vingts, il avait acquis une aura de bravoure en arrêtant une bande de malfrats dans la Forêt de Senonches. Se fiant aux indications données par le vagabond, dit « Le Borgne de Jouy », et peut-être un peu aussi celles révélées par la femme Bire, notre commandant de brigade, avec l’aide de trente gendarmes et de soixante hussards, dont les pieds des chevaux avaient été enveloppés de chiffons pour limiter les bruits ambiants, s’est invité en flagrant délit dans un coup d’importance de la bande. Le résultat, après quelques heures de lutte, est l’arrestation, de nuit, dans le bois de Méreville, du Beau-François et d’une trentaine de ses compagnons. La bande avait prévu cette nuit-là l’attaque du château de Faronville, près de Toury, et de plusieurs fermes de la région. Normalement, il devait s’agir de la dernière grosse affaire du Beau François qui envisageait alors de changer de région.

– Alors ça, c’est quand même pas de chance pour lui, dit Ferdinand.

– Non, mais tu exagères, s’insurge Ernestine. C’était bien fait pour lui. Il n’allait quand même pas continuer éternellement. Excuse-moi, Augustin, continue.

– C’est le Juge de Paix du canton d’Orgères qui fut chargé de l’instruction de cette affaire sous le titre de « Chauffeurs d’Orgères ». Armand-François Fougeron, le Juge en question, avait été quelques années auparavant conseiller de Louis XVI. À la libération des geôles révolutionnaires, il était venu se faire oublier dans son château de Villeprévost. À cette période, le château était bondé de plusieurs centaines de personnes. En effet, les brigands, plus de trois cents, étaient parqués dans les caves. Bien entendu, ils n’y étaient pas tous en même temps car, même en les tassant les uns sur les autres, l’endroit, comme vous le savez, ne pouvait recevoir plus d’une quarantaine de personnes à la fois. Un détachement de gendarmerie et deux pelotons du Deuxième Régiment de Hussards montaient la garde. Les interrogatoires se déroulèrent pendant plus de trois mois, du 30 janvier au 2 mai 1798. Le chef, le « Beau François », fut interrogé le 10 février 1798. Son second, le « Rouge d’Auneau » réussit l’exploit de recevoir treize condamnations à mort et cent soixante-dix-huit années de bagne. Il y eut cent vingt-cinq jours d’enquête et plus de trois cents arrestations. Finalement, quatre-vingt-deux personnes ont été jugées à Chartres les 11 et 14 octobre 1799.

– Rien que cela ! Trois cents arrestations !

– Oui, trois cents. Devant la volonté de la puissance publique d’un retour à la paix civile, se voulant exemplaire, le procès des « Chauffeurs d’Orgères » se termina, le 4 octobre 1800 par la décapitation de vingt-trois bandits, hommes et femmes, habillés de la camisole rouge des parricides, sur l’échafaud construit sur la Place des Épars à Chartres, dans l’allégresse des centaines de Beaucerons présents, venus de toutes parts. C’était des cris de joie mais aussi des soupirs de soulagement. Ceux qui avaient échappé à la mort furent envoyés au bagne ou dans des maisons de force. Cependant, il y en avait un qui a échappé à ce supplice, c’est le « Beau François ». Il avait réussi à s’évader de la prison de Chartres.

– Il y a eu une justice en tout cas, approuve Ernestine. Mais lui, le « Beau François » n’en a rien subi, c’est-y pas malheureux !

– Plus tard, la justice a décidé de faire porter des masques mortuaires des vingt-trois condamnés à mort pour qu’ils soient exposés au château de Villeprévost. Ainsi, la population a pu être informée et édifiée sur cette exécution à caractère social.

– C’est curieux comme idée, commente Ferdinand. Je n’y aurais pas pensé.

– Pour la petite histoire, le Beau François avait réussi à s’échapper au cours de l’instruction. Mais il fut de nouveau arrêté le 22 novembre 1800 dans les Deux-Sèvres. Il a été fusillé sur place, sans sommation ni autre procès, avec une bande d’une dizaine de brigands, détrousseurs de diligences et autres passants sur les chemins du Poitou.

– Tant mieux, dit Émilienne, bon débarras.

Un silence, presque religieux, suit pendant plusieurs minutes. Puis, je reprends :

– Bon, dites-donc, je parle, je parle. Mais il commence à se faire tard, bientôt minuit. Il faut que nous allions nous reposer car nous ne savons pas comment demain sera.

– Merci, Augustin, pour cette narration pleine de détails. Je ne connaissais point cet épisode. Nous allons nous retirer avec l’Ernestine et la Louise. Merci, aussi Émilienne pour la soupe. Allez, bonne nuit à tous les deux.

– Bonne nuit à vous aussi, à demain.

Après un bout de rangement de la table, Émilienne s’éloigne lentement vers la chambre, un brin coquine. Elle s’empresse ensuite, dès mon corps allongé à côté du sien, de mettre à exécution sa pensée lubrique et d’entreprendre des « agueroinchettes » (caresses) pour mon plus grand bien.


[1] D’après l’œuvre de Gaston Couté.

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AUGUSTIN ma bataille de Loigny, un roman de Jean-Louis RIGUET,

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Jean-Louis RIGUET

Membre de la Société des Gens de Lettres et du Bottin International des Professionnels du Livre

Sociétaire de la Maison des Ecrivains et de la Littérature

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