JL à l’écoute de … Claude Cailleau

Des mots pour vous

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JL à l’écoute de …

Aujourd’hui Claude Cailleau

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1/ Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Claude CAILLEAU.

Mon nom me vient d’un ancêtre qui habitait un lieu caillouteux, ou qui vendait du fromage (du caillé). J’aime ces origines très paysannes.

Ma vie commence à Sablé (72) l’année du Front Populaire. Après des études au Mans et à Rennes, j’ai enseigné le français (et les lettres) en collège pendant près de 40 ans, avant de revenir habiter à 500 mètres de la maison où je suis né.

En Sarthe, donc, mais la Bretagne est ma province d’élection : je me suis marié à Port-Louis (56) en 1958. Je suis le patriarche d’une nombreuse famille : 4 enfants, 11 petits-enfants et un arrière-petit-fils. Ma femme et moi revenons à Port-Louis plusieurs fois chaque année. La Bretagne est très présente dans mon œuvre et je suis membre de l’Association des Écrivains Bretons.

Mon parcours est décrit dans le 451e Encres Vives paru en février 2016.

Adolescent, je lis Jean Barois, roman de Roger Martin du Gard, un livre austère mais qui me passionne. J’écris à l’auteur. Il m’invite. Je passe une journée chez lui, au Tertre dans l’Orne. J’écrivais déjà dans les petites revues de poésie de l’époque. Martin du Gard fait lire mes textes à Jacques Brenner qui publiait Les Cahiers des Saisons aux éditions Julliard. Je suis accueilli dans la revue. Je figure dans les sommaires aux côtés de Philippe Jaccottet, Supervielle, Jean-Louis Curtis, Henri Thomas, Bernard Noël, Jean-Louis Bory, Matthieu Galey, etc.

En 1971, Mon premier roman, Stef et les goélands, est édité par Julliard. Le livre me vaut une belle lettre de Marcel Arland, rédacteur en chef de la NRF, et en 1972 le prix Paul Flat de L’Académie Française.

Mais, alors que tout semble bien parti, je décide de ne plus publier et me contente d’écrire mon journal. Trop intime, celui-ci finira dans un grand feu en 1995.

Après 27 ans de silence, en 1999, je recommence à proposer mes livres aux éditeurs. Mais, pensant qu’à 63 ans je n’intéresserais plus les grandes maisons parisiennes, je choisis de petits éditeurs indépendants. Qui m’accueillent sans problème, ce qui me rassure. En 17 ans, j’ai été publié par une dizaine d’éditeurs. Vous vous demandez sans doute pourquoi je ne suis pas fidèle à l’un d’eux ? Parce que j’ai besoin, à chaque fois, de passer l’examen devant un comité de lecture qui ne me connaît pas. Quand mon ouvrage est pris, je suis rassuré.

 

2/ Que faisiez-vous avant d’écrire ou parallèlement à l’écriture ?

En même temps que j’enseignais, j’animais des ateliers littéraires dans les collèges, afin de mettre en relation élèves et écrivains. Nous publiions des revues auxquelles ont collaboré Yves Bonnefoy, Jean-Claude Renard, Claude Roy, Andrée Chedid, Henri Troyat, Hervé Bazin, Jacques Brosse, Marie-Claire Bancquart, Christian Signol, et beaucoup d’autres. Nous faisions des enregistrements de livres pour les enfants aveugles de deux établissements d’Angers et Vertou. Ces activités ont donné matière à une valise pédagogique au CDDP d’Angers et à des articles d’information destinés aux enseignants, dans Échanger, revue du CRDP de Nantes.

 

En même temps, je poursuivais ma politique du contact avec les écrivains dont j’aimais les livres. C’est ainsi que j’ai rendu de fréquentes visites à Marcel Arland, à la NRF dans les années soixante-dix, passé un après-midi avec Troyat dans son appartement de la rue Bonaparte, accueilli Hervé Bazin dans ma classe au Collège François Villon des Ponts-de-Cé, visité plusieurs fois Julien Gracq en sa maison de la rue du Grenier à Sel à Saint-Florent Le Vieil, visité Jacques Brosse et ses chevaux en Sarthe puis près du site magdalénien.

Si bien que, la retraite venue, j’ai fondé en 2008 une revue littéraire trimestrielle, les Cahiers de la rue Ventura, dans laquelle je publie des dossiers sur mes écrivains de chevet, de la poésie contemporaine, des pages d’enfance et des textes critiques sur les arts. J’ai décidé d’arrêter cette publication en juin 2018 avec le n° 40, pour le 10e anniversaire de la revue. J’aurai 82 ans, et envie de faire autre chose.

 

3/ Qu’aimez-vous ou pratiquez-vous comme autre art ? La peinture ? La sculpture ? Le cinéma ? La photographie ? Le théâtre ? Quelle est votre autre passion ?

Je ne pratique aucun autre art. La peinture, la sculpture m’intéressent. La musique me stresse, j’évite d’y être exposé trop longtemps. Seules les chansons à texte trouvent grâce devant moi.

En revanche, j’ai été longtemps un jardinier passionné. Un beau jardin de fleurs, c’est aussi une œuvre d’art. Dans la propriété où je vivais à la campagne, je pouvais préparer une bonne ratatouille uniquement avec des légumes de mon jardin ! Je suis réputé dans la famille pour ma ratatouille et… une sangria dont je ne communique à personne la composition ! Je considère que la cuisine est aussi une forme d’art.

 

4/ Qu’attendez-vous de vos lecteurs, admirateurs ? Comment vous faites-vous connaître ? Comment allez-vous à leur rencontre ?

Des admirateurs ? N’exagérons pas. Je n’écris pas pour recevoir quelque chose de mes lecteurs. J’écris pour communiquer. Pour apporter, et qu’on se souvienne de moi. Quand on me demande pourquoi j’écris, je réponds : pour ne pas mourir. Je pense que les bibliothèques ne doivent pas être des cimetières. Lorsque je serai mort, dans un futur proche ou lointain, il suffira qu’un lecteur sorte un de mes livres (et se reconnaisse dans ce que j’aurai écrit là) pour que je revive.

 

Pour faire connaître mes ouvrages, je me fais une petite publicité sur la Toile, je participe à des salons, j’alimente mon blog de temps en temps. Je fais envoyer des services de presse aux revues et celles-ci, en général, font écho à la sortie de mes livres. Mais je suis un auteur modeste : Mon roman chez Julliard avait été tiré à 4 000 exemplaires. On m’a payé des droits d’auteur sur 2 000 ex. Ensuite, comme les libraires ne le demandaient plus, il a été pilonné. Mon meilleur tirage après 1999 a été les 500 exemplaires de mon album aux éditions Grandir. Pour ma biographie de Pierre Reverdy, je ne sais pas, ayant abandonné mes droits d’auteur à l’éditeur, qui avait plus besoin que moi de cet argent.

 

5/ Faites-vous des rencontres, des lectures ou des conférences sur vos ouvrages ?

Dans la première décennie de ce siècle, je suis intervenu à plusieurs reprises dans les établissements scolaires, du cours élémentaire au lycée. Et même une fois, à l’Université d’Angers.

Quand ma biographie de Pierre Reverdy est parue, j’ai donné une conférence sur le poète un peu partout en France. Puis on m’en a demandé une sur l’autobiographie, parce qu’on connaît mon goût pour cette littérature. Et j’ai fait des causeries sur la poésie pour donner ma conception de l’écriture poétique. Je lis encore de temps en temps mes poèmes devant un public.

 

6/ Depuis quand écrivez-vous ? Qu’avez-vous déjà écrit ?

Je devais avoir 13 ou 14 ans quand j’ai commencé à tâtonner pour écrire de la poésie. Des alexandrins aux rimes chantantes. Mon maître alors était Musset ! Mais je suis vite passé au roman. Et à Mallarmé, mon poète d’élection.

En 2013, j’ai publié chez Éditinter une anthologie pour donner à un lecteur éventuel une idée de mon travail en littérature. Dans le livre on trouve, outre une belle préface de Jean-Marie Alfroy qu’il a intitulée « Le Sphinx de Sablé », des fragments de mes mémoires, des poèmes, quelques récits, des études, des pages de mon Journal et même un court chapitre de roman (encore inédit). Excepté ce dernier texte, tous les autres étaient parus en revues pendant une décennie.

Il faut ajouter quelques livres d’artistes, ma biographie de Reverdy et ma participation à de nombreuses anthologies. J’ai aussi collaboré à des ouvrages collectifs sur l’École de Rochefort, parus aux presses de l’Université d’Angers.

Ma bibliographie vient de paraître sur mon blog, à la page « Automne 2017 ». En tout, près de vingt livres.

 

http://www.petitpave.fr/petit-pave-auteur-claude-cailleau-5.html

 

7/ Quel est votre dernier livre ? Pouvez-vous nous en parler ?

Mon dernier livre a pour titre : Je, tu, il – Remonté le temps, sondé le silence. Le titre dit beaucoup, déjà. Dans ma revue, je publie de la poésie et je constate souvent que ce qu’on m’envoie en vers libres, n’est que de la prose tronçonnée arbitrairement par des auteurs qui ne se sont jamais interrogés sur leur art, et qui vont à la ligne sans savoir pourquoi. Écrire de la poésie, pour moi, c’est un travail. Le texte fini doit être resté un moment « sur l’établi ».

Il se trouve que mon petit livre est mort. Je veux dire qu’il est devenu introuvable, l’éditeur étant décédé au printemps 2017 et sa Maison fermée depuis septembre.

En poésie, j’ai tout tenté : Le vers traditionnel, le vers libre, le verset, pour finir avec la prose. Je, tu, il est composé de brèves proses.

« Sans l’artifice d’une disposition en vers pour signaler qu’il s’agit bien de poésie, le texte est seul, avec ses images, son rythme, ses sonorités (sa musique), son langage particulier, pour que le lecteur l’accepte comme poème ».

Tout est dit. Le n° 39 de ma revue, au printemps 2018, présentera un dossier sur l’écriture de la poésie.

 

8/ Où peut-on se procurer vos ouvrages ?

Mes livres font l’objet d’un dépôt légal à la BNF. Ils sont pourvus d’un ISBN. Normalement, on peut les commander à l’éditeur, à la FNAC ou sur Amazon. Mais aussi chez un libraire s’il est sérieux, et désintéressé !

Une anecdote… En septembre 2004, les Éditions Grandir publient mon album de poèmes pour enfants intitulé C’est ma vie, c’est la tienne.

En octobre, un ami va voir son libraire pour commander le livre. Réaction du libraire : « oh, ça c’est vieux. C’est épuisé depuis longtemps » ! Notre homme ne voulait pas se donner la peine de commander un seul livre à un modeste éditeur de province, livre qui n’allait lui rapporter que quelques euros. J’ai conseillé à mon ami de changer de libraire.

9/ Quelle est votre position par rapport aux publications à compte d’éditeur, à compte d’auteur, ou à compte participatif ? À l’e-book?

Je suis pour la publication à compte d’éditeur. Il faut avoir le courage de passer l’examen d’un comité de lecture. Et de remettre l’ouvrage sur l’établi s’il a été refusé.

Le compte d’auteur est souvent une tromperie. L’éditeur accepte votre manuscrit, même s’il est mauvais ; et il vous

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fait payer le prix fort. Son seul souci, c’est de se faire de l’argent sur le dos des auteurs. Le plus étrange, c’est qu’il se trouve des gens assez naïfs pour accepter les contrats proposés.

Compte participatif, e-book ? Je ne connais pas.

Plutôt que le compte d’auteur, mieux vaut choisir l’autoédition. Finalement, dans le prix d’un livre, ce n’est pas le coût de l’impression qui est le plus élevé.

 

10/ Quel est le conseil le plus important que vous ayez reçu ? Pas forcément pour les livres.

Dans une de ses lettres, Roger Martin du Gard à qui je parlais de mon admiration pour le style de son ami André Gide, m’écrivait : « Si Gide vivait encore, il vous mettrait lui-même en garde contre son style ». Et il ajoutait : « Avant d’écrire, il faut vivre ; sinon, où puiserez-vous l’expérience nécessaire ? » Voilà pour le fond.

La forme, maintenant… Georges Jean, poète, essayiste, qui fut mon professeur de lettres en second cycle, badigeonnait de rouge mes copies et, de son écriture presque illisible, jetait dans les marges ce jugement qui m’énervait prodigieusement : « Style fleuri ! » avant de conseiller : « Supprime les adjectifs et les adverbes » et de me recommander la concision dans mes écrits.

Tout est dit. Ce sont les meilleurs conseils que j’aie reçus ; ils ont influencé mon travail d’écrivain.

 

11/ Que préférez-vous écrire ou lire ? Des romans, des poésies, des essais, des nouvelles, des biographies ?

Le grand lecteur que je suis depuis mon adolescence a évolué avec les années. S’agissant du roman, j’ai eu ma période polar, puis un goût marqué pour l’anticipation ; mais très vite je suis venu au roman psychologique, avec une préférence pour ceux que l’on devinait à forte coloration autobiographique. Après une petite parenthèse Nouveau Roman, je suis revenu à des livres où le personnage était au centre du récit.

Depuis quelques années, les romans m’ennuient. Je leur préfère les récits de vie, les journaux d’écrivains, et, pour mon travail de revuiste, les essais et la poésie.

 

12 / Comment écrivez-vous ?

La maison où nous habitons, ma femme et moi, nous l’avons voulue très ouverte. La cuisine, la salle à manger, le salon, les deux bureaux communiquent par de larges ouvertures sans portes. J’ai moins besoin de solitude et de silence pour écrire.

Que je travaille sur un récit ou sur un livre de poèmes, la démarche est la même : je ne peux commencer à rédiger que lorsque le projet est bien ficelé, que j’en ai une idée claire, et la certitude que je n’ai plus qu’à laisser courir la plume (j’écris toujours à la main ; la saisie sur l’ordinateur ne vient que lorsque le texte est rédigé et que j’ai jugé sa forme satisfaisante. Auparavant, il est resté longtemps sur l’établi et s’est chargé de ratures et d’ajouts.) Écrire est un travail.

Mes ouvrages en poésie ne sont pas des recueils, mais des livres. Souvent, les poètes écrivent de courts poèmes qu’ils rangent dans une chemise. Quand ils pensent en avoir assez, ils relisent, essaient de classer (sans toujours y parvenir) : Le résultat est un recueil. Je donne souvent comme exemple de ma façon de procéder mon livre intitulé Le Roman achevé. À l’origine, un poème (le mot est au singulier) de 2 638 vers, composé de 16 suites. La journée du poète, de 5 heures à 20 heures… le quotidien, les souvenirs qui lui reviennent, les livres qu’il ressort de sa bibliothèque, la vie, tout simplement. Cet ouvrage est d’abord paru sous forme d’un livre d’artiste tiré à 95 exemplaires. Très vite épuisé, il a été repris par un éditeur en édition courante. Pour la circonstance, j’ai réécrit le texte en versets. Et j’ai gardé à l’adresse des curieux les six versions manuscrites de ce Roman achevé (clin d’œil, on l’aura compris, au Roman inachevé d’Aragon) Si je n’avais utilisé que l’ordinateur, les traces de ce travail auraient été perdues.

http://www.printempsdespoetes.com/index.php?url=poetheque/parutions_fiche.php&cle=1890

 

13/ Où puisez-vous votre inspiration ? Avez-vous eu des commandes d’ouvrages ?

Suivant le conseil de Martin du Gard dont je parlais il y a un instant, je travaille avec mon expérience, je puise dans mes souvenirs. Ils sont toujours à l’origine de mes projets. Mais mon imagination a sa part dans le texte achevé. La poésie transforme le réel par le choix d’un langage spécifique. Dans le récit, l’imagination vient voiler, ou même cacher le réel. Je suis pour une utilisation calculée de l’autobiographie.

http://www.auteursdumaine.net/index.php/claude-cailleau-4/fiche-auteur-aml/?page=auteurs_details&id=4

Oui, un éditeur m’a commandé un ouvrage, un jour. Il venait de publier mon roman pour adolescents ; il m’a dit : « Vous habitez près de Solesmes, vous m’écririez bien une biographie du poète Pierre Reverdy… » J’ai pris mon bâton de pèlerin et, aidé de ma femme, parcouru la France en quête d’archives. Relu l’œuvre, aussi. Accumulé 500 feuilles de notes. Et rédigé en un mois ce Dans les pas de Reverdy qui est paru en 2006.

Dans la foulée, le même éditeur m’a demandé si je ne pourrai pas écrire un livre sur les écrivains que j’ai fréquentés et leurs maisons. J’ai promis d’y penser, beaucoup voyagé pour concrétiser ce projet, mais je ne suis pas sûr, actuellement, de pouvoir le finaliser. Trop d’autres projets viennent parasiter celui-ci.

 

14/ Comment construisez-vous vos intrigues, vos personnages ? Vos personnages sont-ils toujours imaginaires ?

Ma démarche se rapprocherait plutôt de celle de Martin du Gard, qui accumulait des notes de toutes sortes sur l’intrigue, les décors, les personnages. Je serais peu tenté d’imiter André Gide partant à l’aventure avec ses Faux-Monnayeurs. Mes personnages souvent ont existé, mais je leur prête une vie en fonction de mon projet.

Un exemple… Dans La Croix d’or, mon roman pour adolescents, les deux personnages principaux, Sophie et Vincent (qui s’appelaient en réalité Céline et Jimmy) étaient dans une de mes classes au Collège des Ponts-de-Cé. Ils se querellaient tout le temps ; moi, malicieusement, je les ai rapprochés : ils sont devenus amoureux l’un de l’autre. Une autre histoire, donc, mais ce sont leurs visages que j’avais devant les yeux quand j’écrivais. Quant au prof du livre, c’est moi ! Je lui ai prêté le comportement que j’avais devant mes élèves, avec mes qualités et… mes défauts.

 

15/ Quel conseil donneriez-vous aux amateurs d’écriture ?

Ceux que m’ont donnés Roger Martin du Gard et Georges Jean. Je leur conseillerais aussi la modestie et la persévérance : dans cette activité, tout le monde connaît des échecs.

 

16/ Quels sont vos auteurs préférés ?

En poésie, mes goûts ont évolué. Longtemps, les livres d’Aragon et Éluard ont accompagné mes jours. Puis je suis revenu vers Mallarmé, qui reste pour moi LE POÈTE. Plus récemment, Yves Bonnefoy et Philippe Jaccottet sont venus remplacer les deux premiers cités. Sur la poésie très contemporaine, que je lis par curiosité, je ne peux me prononcer.

Chez les prosateurs, je citerai Gide pour son style (un grand plaisir de lecture) mais surtout Marcel Arland pour la pureté de la langue (personne n’a écrit mieux que lui), et ce passage incessant de la fiction à la réalité ; un écrivain modeste, tourmenté, qui a fait du bois de sa vie en souffrance une œuvre.

Puisque nous en sommes à l’autobiographie, je citerai encore François Nourissier et Annie Ernaux. Tous deux en lutte permanente contre ce qu’on peut nommer leurs complexes. (Mais j’ai toujours eu des doutes sur la sincérité du premier.)

 

17/ Que lisez-vous en ce moment ?

Le Journal de Matthieu Galey (1953-1986). La vie littéraire de son temps.

Par moments, je reprends L’Inachevable, d’Yves Bonnefoy, ses Entretiens sur la poésie de 1990 à 2010. C’est du Bonnefoy, concentré, ardu : il faut s’accrocher mais le plaisir vient très vite, en récompense.

En permanence, tout proches de moi quand j’écris, sur les rayonnages derrière mon bureau, deux livres encore : la pléiade des Œuvres de Jaccottet, et le quarto des Œuvres complètes de Louis-René des Forêts.

Enfin, je me prépare à commander le quarto des Œuvres de Georges Perros. « Ce que j’écris, disait-il, est à lire dans un train, par un voyageur qui s’ennuie, et qui trouve sur la banquette, oublié, un de mes bouquins ». L’homme m’a toujours intéressé. Son mode de vie, son destin, tragique, finalement. Ses Papiers collés sont un pur chef-d’œuvre. On n’est pas loin de Marcel Arland.

 

18/ Travaillez-vous sur de nouveaux projets ?

J’ai plusieurs projets déjà bien avancés, mais le travail généré par ma revue occupe une bonne partie de mes journées. D’où la décision de couler cette revue en juin 2018.

Mes projets ?

Honorer la commande de mon éditeur sur les écrivains que j’ai approchés dans ma longue vie.

Rédiger un bref récit sur le parcours de mon père, qui, c’est original vous en conviendrez, a commencé à travailler à 8 ans, en 1914. Comme bicard. C’est ainsi qu’on nommait ces gamins qui, dans les fermes, étaient les domestiques à tout faire.

Préparer une anthologie de mes poèmes. J’ai décidé de ne plus en écrire, de peur de radoter. Je considère que le dernier livre paru clôt ma recherche sur l’écriture de la poésie. Le dossier du n° 39 de ma revue va traiter de ce sujet. Je vais laisser la parole aux poètes et éditeurs.

Enfin, j’ai toujours en vue la publication de mon journal. Celui que j’ai commencé en 1995, après avoir brûlé le précédent, trop intime. Celui-ci est plus « extime », suivant la formule de Michel Tournier.

https://michel-diaz.com/lettre-poete-claude-cailleau/

19/ Avez-vous des dates d’événements à venir ?

Bien sûr. Mais le temps qui passe fait qu’un événement à venir est vite du passé. Dimanche prochain (ce sera le 29 octobre) dans un petit salon de livres et de peinture du Maine-et-Loire, je présenterai ma revue Les Cahiers de la rue Ventura le matin, et l’après-midi je ferai des lectures de mes poèmes.

Mais ce n’est qu’un petit événement.

 

20/ Où peut-on suivre vos actualités ? Vos parutions?

Sur la Toile : deux émissions de France 3 Pays de Loire ; dans la première je présente ma conception de la poésie ; dans la seconde, ma femme et moi parlons de la Revue.

 

On peut aussi suivre mon actualité

Sur mon blog : http://clcailleau.unblog.fr >,

Sur le site des Auteurs du Maine, qui répertorie avec vigilance toutes mes publications et les parutions de ma revue,

Sur les sites de Michel Diaz, Texture, Vocatif, Décharge, L’Anacoluthe (dans le n° 40 de l’Iresuthe, une belle « lettre à Claude Cailleau » de Michel Diaz).

 

On peut encore m’entendre dans des entretiens radiophoniques,

avec Roland Nadaus sur RCF 61,

avec Christian Saint-Paul sur < les-poètes.fr >

avec Christophe Jubien sur < radiograndciel.fr >

 

Enfin, il suffit de taper mon nom sur Google pour faire apparaître toute une liste d’informations sur mon travail.

 

Merci à Jean-Louis Riguet de m’avoir proposé ce questionnaire et de m’accueillir sur son blog « librebonimenteur.net »

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Le 26 octobre 2017,

Claude Cailleau

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Les mots de la mer

 

Quelque part au Port-Louis, dans la crique d’automne ouverte au large, aux tempêtes, j’ai ramassé un vieux galet apporté là par la marée.

Chantera-t-il encore, ce galet de misère, granit roulé, frotté, usé dans le délire des tempêtes, chantera-t-il encore si je le sollicite, un soir de neige, dans mon village perdu quelque part dans la campagne et les années ?

J’ai ramassé ce vieux galet, doux à mes doigts comme une peau de fille, comme une peine qui s’épuise à vieillir, et voilà maintenant qu’au creux de ma main c’est la Bretagne qui s’attarde et me retient, paisible dans le soir, au clapot de sa vague.

Claude CAILLEAU

(« Cocktail de vie », Éditinter, 2013)

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Je t’écris de la mer

Je t’écris de la mer. C’est au Port-Louis. Tu te rappelles ? … Le vent, la poussière des embruns, les galets encore chauds de nos mots lancés contre l’oubli.

Tu poussais du pied (le soir nous environne, le bateau de Groix sillonne la rade) les pierres de l’année dernière. Les mêmes. Je les reconnais à leur bruit de sanglot usé.

Oh, nous avions marché. Marché, pieds nus sur les arêtes des rochers, sur les patelles pétrifiées.

Et regardé. Regardé les vieux marins sur la jetée, rescapés de combien de naufrages.

Nous étions revenus. Au Port-Louis. Pour le souvenir. Et voir. Revoir…

la Bretagne reposer dans sa peau de légende.

C’était dans les années soixante, tu te rappelles… les vieux marins, figés comme des bollards sur le quai, les yeux lointains, qui regardaient pensifs le sang du soleil s’étaler sur la mer.

Ailleurs, le sang des hommes coulait, violent, sur le sable avide, dans le désert insatiable où pleuraient, où mouraient les enfants et les femmes.

Et j’étais là, qui écrivais sur le jour paisible de mon pays ! Je suis là, je suis las. Les années ont passé, suivies d’autres années.

Avec le temps, va, tout s’en va…

Je t’écris de la mer pour que tu te souviennes.

Claude CAILLEAU

(« Le Roman achevé », Éd. du Petit Pavé, 2009)

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Les chemins d’une vie…

 

À Georges, mon père,

homme de peine, homme de cœur.

 

… S’en va sur le chemin.

Chancelle au vent mauvais,

la vieille silhouette.

Et refait le parcours,

tremble, avance deux pas,

Trois pas, c’est trop de deux déjà.

Une horloge le suit,

fragile. Ô le silence

qui gît dans l’or du balancier.

Et fouille dans ses jours.

Vienne la nuit

Sonne l’heure

(C’est Guillaume qui pleure)

Ainsi va le bonhomme

dans l’automne qui meurt.

Se rappelle la robe noire,

tranquille. Elle, qui marche.

Gréco, lunaire silhouette.

Seule mais sereine,

sur la scène, dans la lumière.

Le deuil à fendre l’âme

chante grave dans son rire.

Silencieuse soudain.

Désabusée. Puis tire

sa révérence. Adieu Madame.

Si tu t’imagines

 qu’ça va, qu’ça va, qu’ça…

va durer toujours…

la saison des amours…

ce que tu te goures…

Et radote le vieux.

Queneau,  Apollinaire,

la Seine coule sur vos vers.

Ailleurs, le poète venait,

S’en venait, s’en venait,

vers toi qui t’en allais.

Tu te rappelles, Barbara…

Abritée sous un porche,

quand la pluie et Prévert

se racontaient la guerre,

Le sang noir sur la mer…

la joie évanouie, la guerre…

 

Le peintre a posé ses pinceaux,

essuie ses mains à son passé.

Les rues racontent et les ponts.

Et la seine sereine

épouse son histoire…

Ah, Prévert,

ton cancre de lumière

dans l’aube des lampadaires !…

 

 Claude CAILLEAU

 

Extrait de Narratif 2, dans le recueil

 

« Sur les Feuilles du temps »

(Éd. Écho Optique)

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Je remercie sincèrement Claude Cailleau d’avoir eu l’amitié de se livrer à ce jeu des questions-réponses.

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Auteur, sculpteur, peintre, photographe, acteur, comédien, théâtreux, styliste, musicien, chanteur, colleur de papiers, en un mot artiste  sans discrimination de l’art pratiqué,

si vous aussi, vous êtes intéressé par mon écoute et la publication sur ce blog, merci de vous manifester par e-mail soit directement sur le site soit à l’adresse suivante : jlriguet@gmail.com.

La publication sur le site est ponctuelle au gré des réceptions des questionnaires.

Chaque chronique est ensuite partagée sur Facebook, Twitter, Linkedin, Google+, Pinterest et parfois Tumblr.

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Pour se manifester si vous êtes intéressé par le questionnaire :

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Tout sur mes livres :

https://sites.google.com/site/sitejeanlouisriguetauteur/home

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https://www.youtube.com/channel/UCcLyJcrYJkDfuM9zm6mfbCQ

https://jeanlouisriguetecriveur.blogspot.fr/

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© Jean-Louis RIGUET 31 octobre 2017

Sociétaire de la Société des Gens de Lettres

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Riguet

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JL à l’écoute de … Denis EMORINE

Des mots pour vous

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JL à l’écoute de …

Aujourd’hui Denis EMORINE

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 1/ Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Denis EMORINE. J’ai fait des études de Lettres à la Sorbonne. J’ai toujours été passionné par la littérature.

 

2/ Que faisiez-vous avant d’écrire ou parallèlement à l’écriture ?

J’ai été dans l’enseignement.

 

3/ Qu’aimez-vous ou pratiquez-vous comme autre art ? La peinture ? La sculpture ? Le cinéma ? La photographie ? Le théâtre ? Quelle est votre passion ?

La lecture et l’écriture ont toujours été mes passions. Le théâtre également;  d’ailleurs, j’en écris.

 

4/ Qu’attendez-vous de vos lecteurs, admirateurs ? Comment vous faites-vous connaître ? Comment allez-vous à leur rencontre ?

« Admirateurs » est certainement un mot excessif. J’exige peut-être beaucoup de mes lecteurs en leur demandant d’explorer mes textes en profondeur sans être guidés. Il m’arrive de faire des lectures publiques, des conférences sur mes écrits ou sur la littérature.

 

5/ Faites-vous des rencontres, des lectures ou des conférences sur vos ouvrages ?

Oui, les trois. En 2014, j’ai donné deux conférences à l’université ELTE de Budapest : l’une sur ma poésie et l’autre sur la poésie francophone. J’ai rencontré des lecteurs en France, en Allemagne, en Grèce, en Hongrie,  et aux Etats-Unis, fait des lectures en français et en anglais dans des librairies, des lycées, des universités…

 

6/ Depuis quand écrivez-vous ? Qu’avez-vous déjà écrit ?

J’écris depuis l’âge de sept ans. J’écris essentiellement de la poésie, des nouvelles, du théâtre et des essais.

 

7/ Quel est votre dernier livre ? Pouvez-vous nous en parler ?

Il s’agit d’un recueil de poèmes : Bouria, des mots dans la tourmente  paru en 2014 aux éditions du Cygne.  J’ai voulu rendre hommage aux artistes soviétiques et aux anonymes réprimés, déportés voire massacrés par Staline. On y retrouve des poètes comme Anna Akhmatova, Marina Tsvetaïeva, Boris Pasternak et Alexandre Karvovski, des cinéastes tels Andreï Tarkovski sans oublier tous ces inconnus persécutés et déportés  par le régime stalinien, ceux que j’appelle les suppliciés ou les prisonniers.

 

8/ Où peut-on se procurer vos ouvrages ?

Dans toutes les bonnes librairies selon l’expression consacrée mais certains sont épuisés.

 

9/ Quelle est votre position par rapport aux publications à compte d’éditeur, à compte d’auteur ou à compte participatif ? Aux e-book ?

En tant qu’auteur, je m’oppose résolument aux publications à compte d’auteur ou même à compte participatif. Beaucoup d’éditeurs proposent une version de leurs livres sur papier et le e-book correspondant, ce qui est une bonne alternative, l’un se nourrissant de l’autre et réciproquement.

 

10/ Quel est le conseil le plus important que-vous-ayez reçu ? Pas forcément pour les livres ?

Votre question m’embarrasse. Peut-être cet aphorisme de Nietzsche : « Il faut quitter la vie comme Ulysse quitta Nausicaa, avec plus de reconnaissance que d’amour » (je cite de mémoire). Le moment venu, on verra bien…

 

11/ Que préférez-vous écrire ou lire : des romans, des poésies, des essais, des nouvelles, des biographies ?

Jusqu’à présent, je n’ai pas écrit de roman : j’ai essayé, ce fut un échec. Je n’ai pas écrit de biographie non plus. Je rêve parfois de la commande d’un éditeur –mécène qui m’offrirait un séjour en Italie pour écrire la biographie d’un peintre, par exemple ; je prendrais mon temps en visitant ce pays aimé. Je n’ai pas de préférence dans l’écriture même si le théâtre me permet d’écouter  mes pièces, mêlé aux spectateurs : c’est une sensation indescriptible. La première fois, c’était en 1992 ; il s’agissait de  La Visite. J’étais dans l’état d’esprit d’un schizophrène : j’avais l’impression de voir la pièce d’un homme qui était à la fois moi, Denis Emorine, et un inconnu qui portait mon nom. C’était une forme de dédoublement difficile à décrire. Les mots que j’entendais, portés par les comédiens, ne m’appartenaient plus vraiment. J’ai ressenti une sensation curieuse, une sorte de malaise et de griserie en même temps. Pour la lecture, j’aime  tout sans restriction, pourvu qu’il s’agisse d’un écrivain que j’apprécie.

 

12/ Comment écrivez-vous ? 

Je ne suis pas sûr de bien comprendre votre question. J’écris sous l’effet de l’inspiration (le mot est impropre mais lequel lui substituer ?) J’ai l’impression de rédiger fébrilement sous l’effet d’une voix intérieure qui me dicte ce que je dois écrire : poème, nouvelle ou pièce de théâtre : parfois cette « dictée » dure plusieurs heures, il faut que j’écrive immédiatement sinon tout est perdu. Après, je suis littéralement épuisé. Je laisse « reposer » sans y toucher pendant plusieurs semaines puis je corrige le texte avec rigueur et même sévérité ; le correcteur a un regard différent de l’écrivain. C’est une forme de dédoublement indispensable.

 

13/ Où puisez-vous votre inspiration ? Avez-vous eu des commandes d’ouvrages ?

L’inspiration ? Je crois avoir répondu à cette interrogation à la question 12

Des commandes d’ouvrages ? Oui par exemple, en 1993, j’ai participé à Qu’est-ce que la littérature érotique ? Soixante écrivains répondent, ouvrage collectif (Editions Zulma / La Maison des Ecrivains)  1993. Il m’arrive également de donner des poèmes ou des nouvelles pour des anthologies en France et à l’étranger. Quelquefois, ce sont des textes collectifs sur un thème précis, « engagé » comme Haïti ou les migrants.

 

14/ Comment construisez-vous vos intrigues, vos personnages ? Vos personnages sont-ils toujours imaginaires ?

Mes thèmes de prédilection sont la recherche de l’identité, le thème du double et la fuite du temps. Je suis également fasciné par l’Europe de l’Est. Dans mon théâtre et mes nouvelles, on trouve l’incompréhension entre les êtres humains supposés utiliser la même langue, un vocabulaire identique pour se comprendre. Tout peut arriver lorsque les choses se passent autrement que vous le prévoyez : les sentiments s’exacerbent, la violence surgit, tous les conflits deviennent possibles parce que certaines personnalités écrasent celle des autres pour survivre. C’est le sujet de deux de mes pièces Sur le quai et Après la bataille.

A partir du moment où ils sont couchés  sur le papier mes personnages existent dans la réalité, du moins à mes yeux. Je pense notamment au personnage de Laure Dujardin dans ma pièce Sur le quai. D’autres sont inspirés par des rencontres : Dans Ce soir vers 21 heures, le narrateur, un écrivain, fait la connaissance d’une jeune fille à un congrès de poésie en Roumanie. C’est une nouvelle autobiographique, j’ai rencontré Marika. J’ai écrit ce texte sous l’effet d’une émotion. Certains de mes poèmes sont dédiés à des artistes : Theo Angelopoulos, Paul Celan, Tatiana Samoïlova…par-delà la mort comme dans Bouria.

 

15/ Quel conseil donneriez-vous aux amateurs d’écriture ?

Aucun, je crois.

 

16/ Quels sont vos auteurs préférés ?

Il y en a tellement ! J’ai du mal à faire un choix ! Camus, René Char, Pierre Reverdy, Kafka, tous les classiques russes…et beaucoup d’autres !

 

17/ Que lisez-vous en ce moment ?

Un roman de Michel Zevaco Les amants de  Venise.

 

18/ Travaillez-vous sur de nouveaux projets ?

Je relis un manuscrit de poèmes Psaumes du mensonge, poèmes à lire avant la guerre. Je pense qu’il est achevé dans tous les sens du terme. Je suis en quête d’un éditeur.

 

19/ Avez-vous des dates d’événements à venir ?

Pas précisément, des projets encore vagues de voyages  sinon un choix de nouvelles aux Etats-Unis aux éditions Cervena Barva Press http://www.cervenabarvapress.com/

 

20/ Où peut-on suivre vos actualités ? Vos parutions ?

Sur mon site http://denis.emorine.free.fr (français/anglais/russe)

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Le .22/06/15

Denis EMORINE

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Denis EMORINE

 

Trois poèmes à Carmen

(Extraits de

Psaumes du mensonge (inédit) )

 

 

1

Carmen

Je voudrais retrouver la forme de tes bras

T’accompagner aux frontières de la mort

L’amour n’a plus d’odeur

Et la bouche est close

Je me sens si vieux Carmen

Alors que c’est toi qui es partie

Mais je ne t’en veux pas

D’avoir fermé la porte à double tour en sortant

 

Parfois je hais la métaphore

De mentir ainsi à ceux qui s’aiment

 

—————

2

Le monde ne fait plus le tour de ta maison

L’amour n’a plus de mots pour te  célébrer

J’existe à peine au moment de partir loin de toi

J’hésite à vivre

Je n’ose plus poser la main sur le papier trompeur

Lorsque j’ouvre la porte c’est pour constater que

L’obscurité durcit contre moi

La vérité est celle de la tombe

La terre n’a plus d’odeur même après la pluie

Le vent s’engouffre dans les jours défunts

Dans nos gestes déserts

Je voudrais m’arrêter quelque part

Pour te parler enfin

Pour enfoncer mes mains dans la boue

Et en recouvrir mon  visage

Parce que je ne sais plus aimer

 

———

3

Laisse-moi prendre ta main une dernière fois

Je sens déjà le froid m’envahir

Et la grimace de la mort

Figer mes pensées

J’essaierai je le jure

J’essaierai

De croire en ton Dieu

S’il te laisse une dernière fois

Prendre dans tes bras

Le petit garçon égaré

Pourquoi tournes-tu la tête

Au lieu de me sourire ?

Où t’enfuis-tu sans me regarder ?

J’ai peur d’oublier ton nom

Il pleut déjà

Sur les mots d’amour que  n’ai pas osé

Te murmurer Carmen

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Je remercie sincèrement Denis EMORINE d’avoir eu l’amitié de se livrer à ce jeu des questions-réponses.

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Auteur, si vous aussi, vous êtes intéressé par mon écoute et la publication sur ce blog, merci de vous manifester par e-mail soit directement sur le site soit à l’adresse suivante : jlriguet@gmail.com.

La publication sur le site sera ponctuelle au gré des réceptions des questionnaires.

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Pour se manifester si vous êtes intéressé par le questionnaire :

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Tout sur mes livres :

https://sites.google.com/site/sitejeanlouisriguetauteur/home

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Jean-Louis RIGUET 24 juin 2015

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Sociétaire de la Société des Gens de Lettres, Membre du Bottin International des Professionnels du Livre et de la Maison de l’Ecrivain et de la Littérature

Liens :

https://librebonimenteur.wordpress.com/

https://sites.google.com/site/sitejeanlouisriguetauteur/home

http://jeanlouisriguetecriveur.blogspot.fr/

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Eternellement charmées (Pierre Reverdy)

Les ombres et le violon du musicien !

Arbrealettres


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Un escalier qui ne conduit nulle part
grimpe autour de la maison.
Il n’y a, d’ailleurs,
ni portes ni fenêtres.
On voit sur le toit s’agiter des ombres
qui se précipitent dans le vide.
Elles tombent une à une
et ne se tuent pas.
Vite par l’escalier
elles remontent et recommencent,
éternellement charmées par le musicien
qui joue toujours du violon
avec ses mains qui ne l’écoutent pas.

(Pierre Reverdy)

Illustration

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JL à l’écoute de … Eric Dubois

Des mots pour vous

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JL à l’écoute de …

Aujourd’hui Eric Dubois

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Eric Dubois

© Frédéric Vignale

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1/ Qui êtes-vous   (VOS Prénom et NOM) ? Quel est votre parcours ?

 Eric Dubois. Le parcours de Monsieur Tout le monde.

 2/ Que faisiez-vous avant d’écrire ou parallèlement à l’écriture ?

Pas envie d’en parler.

3/ Quaimez-vous ou pratiquez-vous comme autre art ? La peinture ? La sculpture ? Le cinéma ? La photographie ? Le théâtre ? Quelle est votre passion ?

J’aime bien peindre et faire quelques photos, avec mon smartphone. J’ai fait un peu de théâtre amateur, quelques mois.

4/ Quattendez-vous de vos lecteurs, admirateurs ? Comment vous faites-vous connaître ? Comment allez-vous à leur rencontre ?

J’attends du public (mais aussi des critiques) de la reconnaissance. Je me fais connaître via les réseaux sociaux et via mes blogs et sites, mais aussi par les revues littéraires (papier et web) qui publient mes textes et bien entendu par mes livres. Je vais ainsi à la rencontre de mon public par le biais de lectures publiques et autres récitals de poésie et bien entendu dans les séances de dédicaces en salons et en librairies. Je pense aussi que le « bouche à oreille » compte davantage  encore que les réseaux sociaux et les blogs et je l’érige quasi en vertu.

5/ Faites-vous des rencontres, des lectures ou des conférences sur vos ouvrages ?

Oui.

6/ Depuis quand écrivez-vous ? Quavez-vous déjà écrit ?

Depuis une trentaine d’années, depuis l’adolescence. J’ai écrit une dizaine de livres publiés

aux éditions Publie.net, Encres Vives, L’Harmattan, Hélices , Le Manuscrit, cela depuis 2001.

Je publie en revues depuis 1995 (ça va faire vingt ans en Mars prochain).

7/ Quel est votre dernier livre ? Pouvez-vous nous en parler ?

« Lyre des nuages » chez Encres Vives. Il s’agit d’un long poème triste. Pour moi, la tristesse est le fondement de tout.  Musset écrivait : « Les plus désespérés sont les chants les plus beaux. «

8/ Où peut-on se procurer vos ouvrages ?

En commande en librairies, sur le Net et par correspondance. J’ai parfois quelques exemplaires chez moi.

Plus d’infos sur : http://ericdubois.info

9/ Quelle est votre position par rapport aux publications à compte d’éditeur, à compte dauteur ou à compte participatif ? Aux e-book ?

Je préfère les publications à compte d’éditeur quand l’éditeur prend le risque de vous publier. Je n’ai pas d’avis sur le compte d’auteur. Chacun fait comme il peut.

Quant aux e-books, j’ai comme éditeur Publie.net qui a longtemps été un éditeur de livres numériques (depuis 2008) et qui depuis 2012 propose aussi des livres papier en Pod (Impression à la demande).

J’ai une liseuse et une tablette. J’alterne dans mes lectures les livres et les e-books.

J’aime bien aussi la lecture des blogs et des sites littéraires.

10/ Quel est le conseil le plus important que-vous-ayez reçu ? Pas forcément pour les livres ?

Depuis 2007, je mets en ligne des poètes et des écrivains contemporains dans ma revue culturelle en ligne « Le Capital des mots » ( http://le-capital-des-mots.fr ) et certains débutants m’ont demandé des conseils, je ne me sens pas le plus apte à en donner si ce n’est ceci «  Ecrivez  pour vous , pas pour satisfaire un public . Soyez vous-même ! »

11/ Que préférez-vous écrire ou lire : des romans, des poésies, des essais, des nouvelles, des biographies ?

 J’aime écrire de la poésie et la lire bien entendu. J’aime tous les genres littéraires, je lis des romans, de la poésie, des essais, des nouvelles, des biographies…

J’écris un récit, en ce moment, pas évident pour moi. Dans le passé, j’ai fait des tentatives de roman, sans plus. J’ai balancé il y a quelques temps sur le Net un récit « Lunatic » écrit en 1993-94 et corrigé en 2012, qui n’a pas trouvé d’éditeur, c’est un document, une sorte de balise, de repère. C’est écrit dans un style qui n’est plus le mien. C’est une curiosité.

12/ Comment écrivez-vous ? 

Pas à coup, en peu de jets, un ou deux jets, peu de correction. Il s’agit de flashs.

13/ Où puisez-vous votre inspiration ? Avez-vous eu des commandes douvrages ?

Je puise dans mon for intérieur, dans ma psyché.

Je n’ai jamais écrit pour le moment des ouvrages personnels dont le thème m’était imposé, à la commande. Cela dit, il m’est arrivé d’écrire pour des anthologies, des ouvrages collectifs avec un thème imposé.

4/ Comment construisez-vous vos intrigues, vos personnages ? Vos personnages sont-ils toujours imaginaires ?

Je suis un novice en matière de récit. Je suis un « poète » avant tout. Pas de théories, là-dessus.

15/ Quel conseil donneriez-vous aux amateurs d’écriture ?

Etre soi-même, lire les classiques et les contemporains.

16/ Quels sont vos auteurs préférés ?

Charles Dobzynski. Samuel Beckett. Pierre Reverdy. Marguerite Duras. Paul Eluard. Henri Michaux. François Bon, André du Bouchet, Christian Gailly  … Ils sont nombreux en fait.

Je dois avouer que j’aime bien aussi Houellebecq, Despentes, Beigbeder, Easton Ellis, Ravalec, Eudeline…

17/ Que lisez-vous en ce moment ?

Vies minuscules de Pierre Michon.

18/ Travaillez-vous sur de nouveaux projets ?

Oui.

19/ Avez-vous des dates d’événements à venir ?

10 Mars 2015 : Escale Poésie et Chanson. Lecture à la Sorbonne (amphithéâtre Guizot)  avec d’autres poètes, chanteurs et comédiens.

21 Mars 2015 : Printemps des poètes à St Maur des Fossés.

 

20/ Où peut-on suivre vos actualités ? Vos parutions ?

Sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter etc.) Sur mon blog « Les tribulations d’Eric Dubois »

http://ericdubois.net

et sur mon site :

http://ericdubois.info

http://www.facebook.com/l.php?u=http%3A%2F%2Fericdubois.info%2F&h=_AQFnavNG

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Le  3 Janvier 2015

Eric Dubois

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Eric Dubois

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 Et voilà

Nimbes

Lyre du pauvre

Chaque nuage pour

chaque sommeil

Geste d’entreprendre

dans le chaos présent

Geste d’oubli

au parloir des murmures

Geste évasif

et plus rien que des

mots les uns les autres

l’un après l’autre

qui  se suivent et se menacent

Extrait de « Lyre des nuages » ( Encres Vives).

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 Eric Dubois

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Eric Dubois, Marche de la poésie, Paris. 2010

 Photo : ©  Frédéric Vignale.

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Je remercie sincèrement Eric Dubois  d’avoir eu l’amitié de se livrer à ce jeu des questions-réponses.

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Auteur, si vous aussi, vous êtes intéressé par mon écoute et la publication sur ce blog, merci de vous manifester par e-mail soit directement sur le site soit à l’adresse suivante : jlriguet@gmail.com.

La publication sur le site sera ponctuelle au gré des réceptions des questionnaires.

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Pour se manifester si vous êtes intéressé par le questionnaire :

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Jean-Louis RIGUET 05 janvier 2015

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Sociétaire de la Société des Gens de Lettres, Membre du Bottin International des Professionnels du Livre et de la Maison de l’Ecrivain et de la Littérature

Liens :

https://librebonimenteur.wordpress.com/

https://sites.google.com/site/sitejeanlouisriguetauteur/home

http://www.riguetauteurlivres.com/

http://riguet-jean-louis.e-monsite.com/

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Pour le moment, de Pierre Reverdy

Un poème du temps et du moment

La Bouche à Oreilles

reverdy_plupart_du_tempsLa vie est simple et gaie
Le soleil clair tinte avec un bruit doux
Le son des cloches s’est calmé
Ce matin la lumière traverse tout
Ma tête est une lampe rallumée
Et la chambre où j’habite est enfin éclairée

Un seul rayon suffit
Un seul éclat de rire
Ma joie qui secoue la maison
Retient ceux qui voudraient mourir
Par les notes de sa chanson

Je chante faux
Ah que c’est drôle
Ma bouche ouverte à tous les vents
Lance partout des notes folles
Qui sortent je ne sais comment
Pour voler vers d’autres oreilles

Entendez je ne suis pas fou
Je ris au bas de l’escalier
Devant la porte grande ouverte
Dans le soleil éparpillé
Au mur parmi la vigne verte
Et mes bras sont tendus vers vous

C’est aujourd’hui que je vous aime

***

Ce poème est extrait du recueil Plupart du temps, publié chez Poésie/Gallimard.

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