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Antoine-Marie Chamans de Lavalette par Les balades d’Alexandra

 

La parole est à Alexandra DELRUE

 

 

Les balades d’Alexandra, aujourd’hui Antoine Marie Chamans de Lavalette

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Antoine Marie Chamans de Lavalette épousa le 22 avril 1798 Emilie de Beauharnais, nièce de l’impératrice et ce, sur les conseils de Bonaparte. Conseil avisé puisque les deux époux s’aimèrent tendrement. En dépit du retour de Louis XVIII sur le trône et l’exil de Napoléon à Sainte-Hélène, Lavalette refusa de s’enfuir. Le 18 juillet […]

via Antoine-Marie Chamans de Lavalette — Les balades d’Alexandra

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Jean-Roch Coignet, capitaine de Napoléon Ier

Jean-Roch Coignet, capitaine de Napoléon Ier

Un essai historique de Thierry ROLLET

Publié aux Editions du Masque d’Or

Collection La France en Guerre

Réédition 2011

ISBN : 978-2-915785-95-1

170 pages

Prix 18 euros

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Jean-Roch COIGNET est un illustre inconnu élevé entre le Morvan et la Puisaye au domicile des parents qu’il déserte dès l’âge de 8 ans.

Il commence par travailler comme un homme dans la France de l’époque, dans les champs et les bois, s’épuise dans des petits boulots des champs, puis comme valet de ferme.

Puis, il va guerroyer avec Napoléon, partout en Europe. Parti de rien, sans même savoir ni lire ni écrire, il sera un grenadier, un grognard, de la Garde impériale et terminera comme capitaine.

Il sera, selon lui, le premier chevalier de la Légion d’Honneur.

Tous ses souvenirs ont été écrits par lui dans plusieurs cahiers d’écolier en 1851 sous le titre CAHIERS DU CAPITAINE COIGNET.

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Thierry ROLLET nous conte l’histoire de Jean-Roch COIGNET dans cet ouvrage remarquable en commentant, analysant et discutant, les cahiers du Capitaine Coignet, avec sa manière habituelle.

Des phrases claires, nettes et sans bavures.

Il en profite aussi pour raconter l’épopée napoléonienne telle qu’elle a été ressentie par le Capitaine Coignet lui-même.

Vous parcourrez la France, mais aussi l’Italie, l’Espagne, la Russie, toutes les batailles telles que Marengo, Austerlitz, Wagram, Waterloo … Vous suivrez cet homme extraordinaire sur tout son parcours auprès d’un homme d’Etat français lui aussi extraordinaire.

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Quant à Thierry ROLLET, on ne le présente plus. C’est un passionné d’histoire, d’une culture impressionnante.

Si vous voulez en savoir plus sur Thierry ROLLET suivez le lien :

http://ecrivainthierryrollet.e-monsite.com/

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JEAN-ROCH COIGNET, CAPITAINE DE NAPOLEON 1er

QUI EST-CE DONC ?

JEAN-ROCH COIGNET : un nom d’illustre inconnu…

POURTANT, QUELLE EPOPEE NA-T-IL PAS VECUE, cet homme qui a connu de son temps une gloire sans pareille !

La suite sur : http://ecrivainthierryrollet.e-monsite.com/pages/mon-best-seller-jean-roch-coignet-capitaine-de-napoleon-ier.html

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Un ouvrage bien écrit pour les amateurs d’histoire.

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© Jean-Louis Riguet Juin 2014 Sociétaire de la Société des Gens de Lettres, Membre du Bottin International des Professionnels du Livre et de la Maison de l’Ecrivain et de la Littérature

Liens : http://www.scribomasquedor.com/

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TOUT SECRET

TOUT SECRET

Un roman de Gérard LOSSEL

Aux Editions du Masque d’Or

Collection Adrénaline

ISBN : 978-2-36525-034-4 – Prix : 20 €

. Gérard Lossel .
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Il s’agit d’un ouvrage remarqué au PRIX SCRIBOROM 2013.

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TOUT SECRET

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Au départ, on se demande vraiment où l’on va aller. Cela se passe dans le Limousin pour une partie du roman. Pour le surplus, on va se promener au CAP-VERT. Qu’y a-t-il de commun ? Des sections de vie de familles différentes s’entremêlent et s’enchevêtrent à des périodes différentes. Pedro, un personnage caractéristique, un homme bougon, râleur, perfide, misanthrope, anarchiste et pourtant cultivé, mène l’enquête. Il a entendu une voix provenant d’une vieille cassette audio d’un autre âge. Il veut savoir qui chante. Il veut mettre un visage sur cette voix.

La concurrente de Pedro est Louise, sa femme, qui veut aussi trouver la réponse à la question posée, avec ses moyens à elle. Les personnages sont truculents et contrastés, car même s’ils s’opposent ils s’aiment à leur manière. Les rebondissements sont fréquents, de même que les retournements de situation. Heureusement, il y a aussi les rencontres fortuites qui amènent du piquant. On se demande pendant un bon bout de lecture si l’entreprise va réussir.

Je ne vous livrerai pas la fin. Il faudra la découvrir vous-même. On passe un  bon moment à lire ce roman, à suivre les élucubrations de Pedro et de Louise. On ne s’ennuie pas à suivre les aventures pour retrouver Alice partie il y a longtemps de L’Ennui.

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Tout secret 2

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Extrait du livre :

Jusqu’à ce jour, ses recherches n’ont rien donné. Mais c’est mal connaître Pedro. Il n’est pas du genre à lâcher l’affaire au moindre pet de travers. Il se moque royalement des racontars et des quolibets. Tronche d’obus il est, tronche d’obus il restera. D’autres auraient abandonné. Lui, il persévère. Il a sillonné tous les villages, les lieux-dits dans un rayon d’une dizaine de kilomètres. Aucun indice ne lui a permis d’avancer dans son enquête. Tantôt amusée, tantôt agacée par l’obstination de Pedro, Louise a fini par rentrer dans son jeu.

– J’ai un idée à te proposer pour t’aider …

– Propose toujours, mais je m’méfie de tes fulgurances !

– Si on lançait un appel sur Internet ?

– Ah malheur ! Tu veux faire entrer le Diable dans la maison. J’préfère encore mes bonnes vieilles méthodes artisanales …

– … De vieux grigou, rétorque Loulou.

Pedro maugrée. Louise le regarde s’éloigner. Elle sait pertinemment que tôt ou tard, il se ralliera à sa suggestion. Son Pedro, c’est comme un bon pruneau. Faut le laisser macérer suffisamment longtemps pour en apprécier ce qu’il y a de meilleur. En attendant, elle lui trouve un air de Napoléon en négatif. Bras gauche replié dans le dos et regard dans le vague.

…. Plus loin …

5 juillet 1975

Six mois que les routes d’Alice et de Roberto se sont éloignées. Après les vendanges, ils avaient mis leurs économies en commun avec Linda et Justinho. De quoi s’acheter un Combi Transporter d’occasion. Un peu fatigué certes, mais bien dans l’air du temps de ce Portugal s’offrant un bain de liberté. Tous les quatre avaient longé la côte jusqu’à Figueira da Foz. Justinho et Roberto avaient réussi à se faire embaucher par des pêcheurs du coin. Ils partaient de longues journées en mer, laissant Alice et Linda arpenter de long en large la vaste plage de sable fin. Elles en profitaient pour se livrer à leurs confidences intimes.

 

TOUT SECRET

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Gérard LOSSEL sur le blog DES MOTS ET DES AILES.

http://losselenpages.blogspot.fr/2013/03/premiers-pas-blog-part.html .

Voici ce que l’on de l’auteur sur le site EDITIONS NOUVELLES PLUMES :
MEMBRE AUTEUR / EVALUE Gérard Lossel 55 ANS / Dept : 44 Professeur des écoles  Actif depuis le : 19.10.2013

« Passé de l’Est à l’Ouest de la France, Gérard Lossel a fait sa carrière dans l’enseignement avant de passer à l’écrit. Pour cet auteur né en 1957, la question de la transmission est un thème majeur. « Les moissonneurs de lunes » est son premier roman. »
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TOUT SECRET
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Gérard LOSSEL a participé à un concours dont il a été le lauréat.
Gérard Lossel, lauréat du concours d’écriture sur la prospective de la Région Nantaise.

A quoi ressembleront les Pays de la Loire dans 30 ans ? La suite sur …
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Jean-Louis RIGUET

Membre de la Société des Gens de Lettres et du Bottin International des Professionnels du Livre

Sociétaire de la Maison des Ecrivains et de la Littérature

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Amalgame 5 – Le faux conte

Amalgame 5 – la nouvelle LE FAUX CONTE

Sous ce titre « AMALGAME », qui suggère un mélange de plusieurs choses ou des éléments divers, j’ai voulu tenter une expérience. J’ai pris un livre, n’importe lequel, en l’occurrence il s’agit de CONTES CHAPARDES AU FIL DE LA LOIRE de Gérard BOUTET publié à CPE EDITIONS dans la série LES CONTES DES BONS AMIS.

Ensuite, j’ai décidé de prendre la deuxième phrase de chaque page, sautant ainsi d’un conte à l’autre, de les assembler les unes derrière les autres et de voir le résultat. Puis, j’ai, sans modifier les phrases, mais en mettant par-ci par-là un mot et en changeant l’ordre des paragraphes, composé une nouvelle plus ou moins cohérente. C’est à vous de le dire.

Voilà le résultat :

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Le Faux Conte

Trinquons aux savoureuses histoires qu’il me plaît de vous conter et qu’il vous plaira peut-être de lire.

 

Le pêcheur de lune touille l’onde – on dit la « rabouille » – dans l’espoir d’appâter les bonnes fortunes. Là-dessus, les avis restent partagés. Pourtant, je les ai ramassées, puis époussetées.

Nous eûmes notre déluge, comme tout le monde, en nos vallées fluviales. L’Éternel en ressentit un amer mécontentement, et Il se repentit d’avoir guidé les hommes de la tribu jusqu’en notre région.

C’était une ardoise.

 

Parlons de moins haut, je vous prie, et causons en toute bonne franquette.

 

Nous tenons l’anecdote de l’abbé Cordier, un latiniste de l’avant-dernier siècle qui ne laissait jamais sa foi entraver son imagination.

Silène était un brave satyre, mais elle avait l’ivresse hargneuse. Afin de se concilier les faveurs de Cérès, la belle déesse nourricière des hommes, les croquants des Mauves entassèrent leurs maigres gerbes en une seule meule, qu’ils décidèrent d’offrir en holocauste. On les surnomma les « nattaires », parce qu’ils dormaient sur une natte de jonc.

Notre val accueillit alors un véritable contingent d’anachorètes, une confrérie si fournie que la principale difficulté pour ses membres devient moins, par manque d’espace, d’atteindre la sainteté que de s’assurer un réel isolement.

 

On ne le découvrit que le lendemain matin, alors qu’il achevait d’user ses galoches sur la pierraille du chemin. Donc, on ne badinait pas avec les saints ermites parmi les « voituriers d’eau », pour reprendre le titre attribué jadis aux mariniers de la Loire. Un tourbillon – certainement le même qui avait autrefois étourdi le voleur de calice – se forma autour du médisant, le souleva dans les airs comme un fétu et, sous les mines ahuries des quatre autres compagnons d’équipage, le lâcha au-dessus d’un terrible remous.

La notoriété de l’ermite franchit alors les limites de la région.

On évoque le monstre à tort et à travers, on le gonfle jusqu’à en cauchemarder la nuit, on lui reproche toutes sortes de méchancetés que, sans les inventions tourmentées des hommes, il n’aurait jamais eu l’idée de commettre.

La seule échappatoire : se signer devant la menace.

 

Agyle le traquait de près. On avait donc rapidement localisé l’endroit où se terrait le dragon : il n’y avait qu’à suivre les relents de charogne pour y arriver sans détours.

C’est alors qu’intervient le bon Saint Mesmin.

Le corps du patriarche fut inhumé près du caveau de saint Aignan, en l’église Saint-Pierre-aux-Boeufs, depuis placée sous la dédicace dudit protecteur de la cité épiscopale. Clovis s’en félicita et rattacha aussitôt maints domaines au monastère, se disant qu’ainsi administrés, lesdits domaines émergeraient vite de leur pitoyable situation.

On ne cherche pas impunément des crosses à un évêque, pas davantage à un abbé, tout dragon que l’on soit !

 

L’époque était incertaine.

Elle mentionne qu’en « l’an du Seigneur 1857, Napoléon III étant Empereur, sous le Pontificat de Pie IX, le tombeau de Saint Mesmin, autrefois vénéré, depuis longtemps muré, enfin retrouvé, a été restauré, Dieu aidant, par Félix (Dupanloup), évêque d’Orléans ».

Pour conclure, revenons à la délivrance de la région par l’audacieux saint Mesmin.

La guivre de saint Mesmin projetait une haleine empestée qui « corrompait l’air et donnait la mort aux hommes et aux animaux » ; le serpent de saint Liphard lançait un venin fétide et fatal.

S’impose aussitôt à l’idée le roi Clodomir, le propre fils de Clovis, un despote brutal et sans pitié.

Et lorsque l’évêque de Blois, un fieffé gâcheur de croyance du nom de Thémines, décida d’interdire le culte qu’on lui rendait à Sambin, il souffla comme un vent de jacquerie qui faillit dégénérer en révolution, rien moins ! La terre, d’ordinaire nourricière, ne nourrissait plus son monde, et surtout pas celui qui s’éreintait à la piocher. Puisqu’elle était en bois noirci, on crut bon de la nommer « Notre-Dame d’Ebène ».

La Belle Dame était apparue quelquefois, il y avait fort longtemps, à des enfants du bourg ; son fidèle chevalier l’escortait toujours dans sa mélancolique promenade. La belle se serait cloîtrée par dépit, son vilain père n’entendant point accorder la main qu’elle avait promise au beau prétendant.

Pendant qu’ils disputaient de l’invalidation de son union conjugale avec Louis Six, la primesautière Eléonore de Guyenne, duchesse d’Aquitaine, avait d’autres chats à fouetter que ceux de la ville : elle s’employait, dans une paroisse des alentours, à réprimander vertement le capitaine Bedford, un haut officier de sa garde.

 

Eclata la Révolution, qui se propagea en Blésois comme ailleurs.

Ils étaient quatre à tailler des croupières aux Infidèles, quatre à planter la Sainte Croix sur les hamadas sarrasines. L’oubliette au fond de laquelle ils croupissaient maintenant avait été creusée sous la forteresse égyptienne de Mansourah, dont les remparts verrouillaient le delta du Nil. La prise de Mansourah se solda par l’anéantissement des Templiers envoyés en avant-garde.

« Si vous avez faim, ricanaient-ils dans leur charabia, mangez donc les rats qui grouillent autour de vous, avant qu’ils ne vous mangent ? »

Ils se pincèrent pour être certains de ne plus rêver.

La cause en fut, tantôt, la scélératesse d’un indélicat ; tantôt, l’indélicatesse d’une scélérate.

 

Belle, tellement belle ! Tiens : belle à en damner un frère lai.

Ces filles-là sont les ribaudes ; elles traînassent à l’arrière-garde, maraudent sur les bordes d’alentour et profitent des pillages que ne manquent pas de commettre les routiers. Les capitaines approuvent en chœur, certains de bon gré, d’autres moins. Adoncques, privés de leurs gotons, les reîtres décampent de bon matin et s’ébranlent en se remémorant certaines bougreries désormais interdites.

Elle prouva simplement que la bonne Vierge veillait toujours infatigable, sur les restes de son fidèle roi, mais que sa générosité l’avait poussée à trop de zèle.

Ceux-ci la dépeignent épanouie, parfaite, auréolée de grâce.

Elle repousse toute avance des caudataires comme elle repousserait un assaut de ces infatués d’Anglais… La Pucelle y aurait prédit, parlant de l’ennemi : « Entre la croix Blon et la croix Faron, nous le vaincrons. » Durant l’été 1993, rebelote : un second découpage de la plaine a quasiment livré aux charrues le Grand Chemin.

 

Une troupe de cavaliers prenait position à grand bruit, nuitamment, dans leur village endormi, d’ordinaire si paisible. Ils déferlaient sur nos campagnes et rapinaient sans vergogne tout ce qui leur tombait sous le gantelet, de la maison forte la plus riche à la plus miséreuse des chaumines. Le colon de Champré avait failli le truffer de mitraille en le surprenant dans sa bergerie ; le fermier de Champvin l’avait pilonné comme raison, alors que l’animal tentait de soutirer un baril du cellier ; le métayer de Champgrain s’était amusé à le rouer de son fléau, après l’avoir acculé dans sa grange … Goupil, son compère renard, prétendit le surlendemain l’avoir rencontré au loin. Puis ils s’attelaient de nouveau, servilement, à l’ouvrage.

Nenni : ce n’étaient ni les uns, ni les autres.

Ce louage était généralement fixé au denier parisis, c »est-à-dire à un denier de Paris.

En clair, les paysans ne devaient plus poser le sabot sur les communaux s’ils ne voulaient point se balancer sous le gibet, écharpe au cou et chaînes aux poignets. Un matin, les pauvrets ouïrent que le duc de La Trémouille avait décidé que les communaux seraient divisés en lots et vendus ainsi à la gent d’alentour.

Pour finir, les gardes flambèrent le misérable gîte. Il déroula un parchemin préparé de longue date, déplia son écritoire et tendit la plume d’oie au paysan. La Fouquette et les fouqueteaux en étaient, qui se serraient contre leur homme retrouvé. Ici, comme partout ailleurs, les affrontements déchiraient le pays.

Quand la pitié le suppliait de secourir les braves gens, la raison lui rappelait un autre village, son village à lui, qui l’attendait avec espoir. Personne ne le vit, et il ne vit personne. À l’approche de la Croix-Briquet, trois filous de basse espèce le rouèrent à plates coutures, d’une volée de bois vert, dans l’espoir de lui rafler quelques testons sonnants et trébuchants.

Pourtant, semoncer monsieur de La Trémouille soulevait problème. Tout juste se plaisait-il à évoquer, au soir de son âge, le souvenir d’une veuve fortunée qui, là-bas, à l’orée de Mérobert, guettait peut-être encore son passage …

 

C’est là, à Beaugency, près du chaume sous lequel je gîte, que vous sauterez la Loire. Et surtout, surtout, défiez-vous des bourgeois de Beaugency. Hélas, tout cela n’était vrai qu’à la belle saison. L’ouvrage avançait. Dès qu’il devina que l’or manquait, il quitta son observatoire et s’approcha de la gent désespérée. Le bailli s’empara du sac et le lança avec force au milieu du pont.

Pourtant, les gens y vivaient paisiblement, loin des turpitudes qui agitaient le vaste monde. C’est aujourd’hui un chapelet de merveilles que le touriste ne se lasse pas d’égrener, le ravissement se renouvelant à chaque visite. On le croyait originaire des lointaines Germanies, le pays des plus redoutables envahisseurs ; en vérité, il venait des profondes forêts d’Armorique, d’où la faim l’avait éloigné. Semer du méteil sur cette hauteur pierreuse leur paraissait peine perdue. Et si elle lui avait révélé la réalité ?

Le pont-levis resta dressé, la herse ne bougea pas d’un pouce.

La journée s’achevait et lui, le gaminet, était fort heureux à l’idée qu’une soupe chaude fumait à son intention sur la table des domestiques. Or donc, Matthieu s’en revenait au bercail après une journée bien utilisée. D’arbres guère, de maisons, point.

Là différaient les témoignages.

Le garçonnet ferma les yeux, comme pris de vertige. Les deux tourtereaux s’étaient déclarés fidélité mutuelle.

 

Je me rince la glotte d’une lichette de marc et, d’une voix claire, je reprends mes conteries.

 

Celui-ci avait élu repaire près du lieudit « Nanteuil », là où le ruisseau vaseux du Ponchet se perd en marécages nauséabonds, où les bois gris se font bosquets griffus, où l’étroit sentier s’enlise dans la boue glaiseuse. Pas le moindre osselet.

« N’emportes-tu point d’armes, lui demanda timidement le prêtre, et n’emportes-tu point de cuirasse ? »

Alors qu’il agonisait, ses flancs dégageaient une épaisse puanteur de charogne. En cette douce nuit d’hiver, tout geste devrait prendre des allures de magie ; toute chose devrait s’illuminer de merveilleux. Peut-être auront-ils plus de veine au Noël suivant : peut-être seront-ils enfin les prochains élus de l’autre échéance …

La nature endurait un interminable supplice.

Le bourg semblait inhabité, comme si la peste les y avait précédés de plusieurs jours. Une manière de Petit Jésus, une sorte d’Enfant Dieu comme le sont tous les nouveau-nés. On avait beau placer la statue dans quelque confortable église, elle revenait toujours, d’elle-même, à cet endroit de Ferrières, là où coulait une eau claire (d’où le nom de la rivière : la Cléry).

Ce village marque une fin de Sologne.

Cette étrange dévotion leur donne à coup sûr de la réflexion dans le crâne. Mais de toutes ces fariboles de galantins, l’honnête bergère ne voulait rien entendre. Ce dernier ne croyait pas si bien dire : soudain, les chenapans restèrent de glace, alors que le désir les échauffait pourtant depuis fort longtemps. Seul le forgeron était debout avant lui, quelquefois, les jours de commandes pressantes. Pour le laboureur, labourer, c’était là son unique labeur. Mais les jours défilaient sans rien soulager : le dos restait en capilotade et la couenne ne s’éclaircissait guère.

Le menuisier habitait dans une antique rue aujourd’hui disparue, la rue du Lacet-d’Amour, qui s’enfonçait jusqu’au cœur de l’ancien quartier de Bourgogne, à Orléans. Une chanson revenait souvent à son répertoire : Les filles de la Louère, dont la paillardise rebattait les chastes oreilles des bourgeois bien-pensants. Notre François perdit tous ses chalands attitrés, puis tous ses amis fidèles. Notre François, quant à lui, puisqu’il n’avait plus rien à perdre, y déambulait sans appréhension. Plus de François, plus de menuisier chansonnier. On n’en croyait plus ses oreilles : François se remettait à beugler de plus belle, sapristi !

Le mot était lâché : on venait de déterrer l’un des plus vieux mythes de l’Orléanais, celui de la barge d’or laissée jadis par Jules César. À en croire la tradition séculaire, il avait amassé un butin mirobolant en pillant Genabum. Car plus jamais il ne manqua d’ouvrage, le brave François.

 

Or, donc, précédemment, je vous ai entretenus des affres qui turlupinaient les riverains de la Loire quand il s’agissait pour eux de jeter une passerelle sur le fleuve. Là, le pont actuel ne doit rien à Satan. Le gouffre l’ayant rejetée, elle surnagea dans la tourmente.

La Vierge des Mariniers demeura en Vienne jusqu’à ce qu’éclatassent les émeutes révolutionnaires. Les quatorze plans du château furent ébauchés par la Marquise soi-même. Les petites gervaises devaient donc longer le fleuve par l’unique chemin qui existait, côté solognot, puis, arrivées à hauteur du vilainage de Nozieux, en face du château, traverser la Loire en empruntant la toue du passeur.

Macaire camoufla sa victime, en toute hâte, sous une couverture de mousse, au pied d’un chêne. Les froidures redoublaient de jour en jour, les pierres se fendaient sous la gelée et les fagots venaient à manquer. D’ordinaire, les gens étaient les seuls à souffrir des rigueurs du mauvais temps, car la Nature n’avait point daigné les couvrir de plumes ou de poils, seulement d’oripeaux.

« Où vas-tu donc de si bon matin ? » lui demanda le coq en guise de bonjour.

– Ah ! Mes pauvres amis, cacarda l’oie, figurez-vous que le mal me frappe durement.

J’ai tant de fatigue que je m’endors dès la tombée de la nuit.

 

C’était celle d’un misérable refuge qui tenait autant de la cahute que de la tanière. Oserai-je l’avouer ?

Le sanctuaire reçut même l’insigne visite de plusieurs seigneurs des alentours. Pour finir, il tint à ce qu’on l’inhumât, en sa bien chère collégiale, où il repose toujours aux côtés de la reine et du bâtard Dunois. « Comme on revenait du cimetière, le chien aperçut l’assassin de son maître et se jeta sur lui. » Une fresque fut brossée, par un artiste local, sur la hotte d’une cheminée de son castel.

De la belle, on ne retint que sa prodigieuse délicatesse, une grâce qui suffisait à ensorceler le plus perfide des félons. La vieille se releva de sa besogne pour se porter à la rencontre des flâneurs. N’y voyez là aucune compassion maternelle : c’était pour faire bonne mesure à son bliaud, la veille encore rondelet de postérité. La dénonciation, pour triviale qu’elle fut, était sans ambiguïté.

De la rive, alors que le fût dépassait les jonchères de son village, il parvint à jeter un triste guenillon qu’il traînait partout, un froid manteau dont la malheureuse essaya de s’envelopper, tant bien que mal. À force de compulser les vieux bouquins, ces rongeurs-là sont aussi poussiéreux, aussi moisis, aussi jaunasses que les grimoires qu’ils se plaisent à grignoter.

 

Les citadins d’Orléans, les « guêpins », tiraient leur surnom de ce qu’ils avaient parfois l’esprit piquant. Autres temps, autres problèmes. La nue est plus bistrée qu’une cheminée en peine de ramonage, de sorte que, perdu dans la grisaille fuligineuse et frisquette, on se prend à rêver au sable fin des plages inondées de soleil.

Un Noël de misère, cela va sans dire. On arrivait au crépuscule de l’année et, comme par un fait exprès, son sacré bonhomme tardait à rentrer. Alors la brave femme s’adoucit – bonne pâte qu’elle était ! – et, contre toute attente, déborda même d’amabilité. Désormais, les petits garnements n’auraient plus à redouter la malignité d’un tel croquemitaine.

C’est à peu près ce que grommela Ursule Leclodo, quand il se retrouva seul sur le pavé d’Angers, dans la nuit de cet hiver glacial. En un mot : jouer au Bonhomme Noël avec des pestes qui, les autres jours, s’amusaient à lui tirer la langue ! Elle, la femme, on la connaissait dans ce quartier.

Le cahors aidant, l’auguste invité racontait mille calembredaines où se mêlaient astucieusement sa qualité d’un soir et ses défauts de tous les jours. Car entre nous, franchement, qui pense à la naissance du Petit Jésus en attendant ce mécréant de Père Noël, hein, je vous le demande ? Tombait-il de la neige sur la Judée ? Les coquillards s’abattaient là comme corbeaux en plaine, et maintes fois on les surprit qui perpétraient leurs larcins autour du manoir de Montpipeau. Mais pour agiter les gambettes d’une alerte mesure, il fallait un croque-notes de qualité.

Hégésippe Jacquelin fut donc le grillon du manoir de Montpipeau pendant la belle saison de cette année-là. Le serviteur répondit que ses maîtres étaient revenus au château. C’était Pinchebec. « A étreindre si fort ton violon, tu vas finir par lui briser l’âme ! »

Cavalcadaient de près, froufrous émoustillants et jarretières de catins, les courtisanes invitées à la bamboche du manoir. L’assemblée entière reforma la sarabande dès les premiers accords égrenés. Le voyant, on l’aurait pris pour un de ces noctambules qui brûlent leur chandelle par les deux bouts, sans voir plus loin que le bout de leur nez. Le chêne du violoneux fut baptisé le « Rond des dames » en souvenir des filles perdues qui, plus tard, se dévergondèrent sous son couvert. Julien, mon grand fiston chevelu et barbu, n’était alors qu’un trousse-pet de trois ans à peine. Car devenu un pépé à la tête chenue, Julien racontera peut-être à des marmots que son père à lui, excusez du peu, pétait le feu de Dieu.

 

Voilà, je vous ai confié ce qui me pèse sur le cœur lorsque je pense aux colporteurs de contes du temps jadis.

 

Ainsi chantaient, amis liseurs, nos ménestrels du Haut Moyen Age. Ainsi connaît-on la louve de Rome, le lion de Belfort, la mule papale d’Avignon et, plus près de nous, les ânes de Meung. Cette version, on pouvait la lire sur une image d’Epinal de l’ancien temps.

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Voilà, ce sont, transformées en nouvelle, les deuxièmes phrases des pages du livre CONTES CHAPARDES AU FIL DE LA LOIRE de Gérard BOUTET publié par CPI EDITIONS.

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Le faussaire plagieur

Jean-Louis RIGUET

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Liens :

http://dedicaces.org/2012/08/05/augustin-ma-bataille-de-loigny-chez-dedicaces/

http://dedicaces.org/2013/02/24/actualites-daugustin/

http://www.lulu.com/shop/jean-louis-riguet/augustin-ma-bataille-de-loigny/paperback/product-20298977.html

http://librebonimenteur.net/

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Jean-Louis RIGUET

Membre de la Société des Gens de Lettres et du Bottin International des Professionnels du Livre

Sociétaire de la Maison des Ecrivains et de la Littérature

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Amalgame

Sous ce titre « AMALGAME », qui suggère un mélange de plusieurs choses ou des éléments divers, j’ai voulu tenter une expérience. J’ai pris un livre, n’importe lequel, en l’occurrence il s’agit de CONTES CHAPARDES AU FIL DE LA LOIRE de Gérard BOUTET publié à CPE EDITIONS dans la série LES CONTES DES BONS AMIS.

Ensuite, j’ai décidé de prendre la deuxième phrase de chaque page, sautant ainsi d’un conte à l’autre, de les assembler les unes derrière les autres et de voir le résultat.

C’est parti, je commence :

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Il touille l’onde – on dit qu’il (un pêcheur de lune) la « rabouille » – dans l’espoir d’appâter les bonnes fortunes.

Là-dessus, les avis restent partagés.

Je les ai ramassées, puis époussetées.

Nous eûmes notre déluge, comme tout le monde, en nos vallées fluviales.

L’Eternel en ressentit un amer mécontentement, et Il se repentit d’avoir guidé les hommes de la tribu jusqu’en notre région.

C’était une ardoise.

Trinquons aux savoureuses histoires qu’il me plaît de vous conter et qu’il vous plaira peut-être de lire.

Nous tenons l’anecdote de l’abbé Cordier, un latiniste de l’avant-dernier siècle qui ne laissait jamais sa foi entraver son imagination.

Silène était un brave satyre, mais il avait l’ivresse hargneuse.

Afin de se concilier les faveurs de Cérès, la belle déesse nourricière des hommes, les croquants des Mauves entassèrent leurs maigres gerbes en une seule meule, qu’ils décidèrent d’offrir en holocauste.

On les surnomma les « nattaires », parce qu’ils dormaient sur une natte de jonc.

Notre val accueillit alors un véritable contingent d’anachorètes, une confrérie si fournie que la principale difficulté pour ses membres devient moins, par manque d’espace, d’atteindre la sainteté que de s’assurer un réel isolement.

On le découvrit que le lendemain matin, alors qu’il achevait d’user ses galoches sur la pierraille du chemin.

Donc, on ne badinait pas avec les saints ermites parmi les « voituriers d’eau », pour reprendre le titre attribué jadis aux mariniers de la Loire.

Un tourbillon – certainement le même qui avait autrefois étourdi le voleur de calice – se forma autour du médisant, le souleva dans les airs comme un fétu et, sous les mines ahuries des quatre autres compagnons d’équipage, le lâcha au-dessus d’un terrible remous.

La notoriété de l’ermite franchit alors les limites de la région.

On évoque le monstre à tort et à travers, on le gonfle jusqu’à en cauchemarder la nuit, on lui reproche toutes sortes de méchancetés que, sans les inventions tourmentées des hommes, il n’aurait jamais eu l’idée de commettre.

La seule échappatoire : se signer devant la menace.

On avait donc rapidement localisé l’endroit où se terrait le dragon : il n’y avait qu’à suivre les relents de charogne pour y arriver sans détours.

C’est alors qu’intervient le bon Saint Mesmin.

Le corps du patriarche fut inhumé près du caveau de saint Aignan, en l’église Saint-Pierre-aux-boeufs, depuis placée sous la dédicace dudit protecteur de la cité épiscopale.

Clovis s’en félicita et rattacha aussitôt maints domaines au monastère, se disant qu’ainsi administrés, lesdits domaines émergeraient vite de leur pitoyable situation.

On ne cherche pas impunément des crosses à un évêque, pas davantage à un abbé, tout dragon que l’on soit !

Agyle le traquait de près.

L’époque était incertaine.

Elle mentionne qu’en « l’an du Seigneur 1857, Napoléon III étant Empereur, sous le Pontificat de Pie IX, le tombeau de Saint Mesmin, autrefois vénéré, depuis lontemps muré, enfin retrouvé, a été restauré, Dieu aidant, par Félix (Dupanloup), évêque d’Orléans ».

Pour conclure, revenons à la délivrance de la région par l’audacieux saint Mesmin.

La guivre de saint Mesmin projetait une haleine empestée qui « corrompait l’air et donnait la mort aux hommes et aux animaux » ; le serpent de saint Liphard lançait un venin fétide et fatal.

S’impose aussitôt à l’idée le roi Clodomir, le propre fils de Clovis, un despote brutal et sans pitié.

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Voilà ce sont les deuxièmes phrases des 37 premières pages du livre CONTES CHAPARDES AU FIL DE LA LOIRE de Gérard BOUTET publié par CPI EDITIONS.

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La suite dans les prochains jours.

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Le faussaire plagieur

Jean-Louis RIGUET

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Liens :

http://dedicaces.org/2012/08/05/augustin-ma-bataille-de-loigny-chez-dedicaces/

http://dedicaces.org/2013/02/24/actualites-daugustin/

http://www.lulu.com/shop/jean-louis-riguet/augustin-ma-bataille-de-loigny/paperback/product-20298977.html

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Jean-Louis RIGUET

Membre de la Société des Gens de Lettres et du Bottin International des Professionnels du Livre

Sociétaire de la Maison des Ecrivains et de la Littérature

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