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Tant de silences, Philippe De Riemaecker

 

TANT DE SILENCES

Un roman de Philippe De Riemaecker

Chez CHLOé DES LYS

ISBN 9 782874 599323

360 pages – 22 €

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La quatrième de couverture est ainsi conçue :

Les premiers, tournant le dos à la révolution, traversent l’Iran à pied.

Les seconds, concierges dans un couvent, sont témoins d’étrangers phénomènes.

Les derniers se préparent au deuil.

Il n’existe aucune raison pour que ces destins se croisent et pourtant !

Une écriture sobre, élégante, rattrapée par l’actualité.

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Philippe De Riemaecker a le don pour parler pendant plus de trois cents pages des SILENCES.

Il prévient dès le prologue : « Nous vivons des moments difficiles mais nous ne pouvons rejeter les différences en évoquant nos incompréhensions. Nous ne pouvons répondre par la violence à cette violence qui, à mon entendement, est issue de nos propres sociétés, puisque diffusée sans discontinuité au point qu’elle nous est devenue banale. L’obscurantisme, c’est vrai, étend son empreinte comme une marée noire. »

Et il pose une question toute d’actualité : « Y répondre par la simplicité d’une argumentation tronquée c’est, au final, alimenter ses flots et la force de sa nuisance. Devrons-nous relire l’insupportable chapitre du siècle écoulé pour réveiller les consciences qui nous poussent à nous demander si l’humain a des limites à son inhumanité ? »

Philippe va jusqu’au bout car il répond : « Si la réponse est « oui », je me refuse à être le complice de ce que l’on prétend servir à l’équilibre de nos civilisations… Les mots, les images, les discours peuvent être assassins. Ils poussent les esprits faibles à des actes irréparables. Même si nos consciences ne s’attardent pas à cette connivence, elles n’en sont pas moins coupables. Haïr les différences, c’est nous haïr nous-mêmes. »

Et il enfonce le clou : « Le racisme est la raison du faible. Elle permet à l’idiot de se croire supérieur. Mais supérieur à qui, à quoi ? Je crains que les années à venir ne s’obscurcissent davantage. Arrêtez de dormir, c’est tout ce que j’ai à dire, mais arrêter bien vite ! Le temps prend de l’avance et quand il va trop loin, les larmes suivent et brisent les vivants. »

Philippe de Riemaecker, que j’ai le bonheur de connaître, nous entraîne dans trois épopées différentes qui se rejoignent dans leur tragique. Il ne s’agit pas ici de grandes fresques guerrières ni de grandes démonstrations, mais de développements de sentiments, de souffrance de l’âme, de parcours délicats et sensibles mélancoliques. Se mêlent dans les têtes du vent, du brouillard, de la pluie, de la neige, des pleurs, des plaintes, du tragique. La mort n’est jamais loin, la souffrance non plus.

Et que dire de l’écriture ? Elle a l’air toute simple comme ça, mais elle nous prend au corps et au cœur. En voici quelques exemples pris dans les trois histoires parallèles :

Les premiers :

« J’aurais voulu écrire qu’ils se saisirent la main mais ce serait mensonge. Les usages ne le permettent pas, et ce n’est certainement pas le moment de faire preuve d’originalité. Surnageant dans le tumulte de la cité, ils s’enivrent de parfums qu’ils espèrent ne jamais oubliais. »

Les seconds :

« Une simple grille de fer forgé sépare l’entrée de la propriété d’une route sur laquelle quelques voitures déboulent à toute allure. Juste adossée à ce semblant de fermeture, une conciergerie abritait un couple séculier qui, en échange de quelques tâches, s’offrait un toit pour un loyer presque inexistant. »

Les derniers :

« La souffrance du corps ? Je la connais. Je ne connaissais rien de la souffrance de l’âme. De les comparer est en soit ridicule, elles n’ont rien de familier sauf peut-être, oui sans doute, une ombre qui les relie l’une à l’autre. Mal, cela fait mal et rien ne peut atténuer ce qui ne ressemble à rien. La mort… C’est donc ainsi qu’elle se présente, sournoise, brutale, dans la moindre concession ? Celle que l’on redoute, que l’on évite en lui tournant le dos… Celle que l’on nomme en racontant les autres. Celles que l’on sait, mais que l’on ne connaît pas. Et c’est cette garce qui vient de nous voler « Le Père ».

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J’insiste aussi sur la mine de renseignements fournis par cet ouvrage sur l’histoire de l’Iran. Ce livre fourmille de richesses remontant au Xe siècle avant Jésus-Christ. Certes, ce n’est pas un livre d’histoire mais les notes sont nombreuses et bien garnies. 3000 ans d’histoire !

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Philippe de Riemaecker n’en est pas à son premier coup d’essai.

Il a déjà publié :

Sous la pluie, de la poésie, aux éditions Wesmael Charlier, en 1972.

Le grand retour, du théâtre, en 1993.

Une simple histoire, du théâtre, en 1995.

Quand les singes se prennent pour des dieux, un roman, chez Mon Petit Editeur (Publibook) en 2012, pour lequel il a reçu le prix de la ville de Mazamet lors du Salon du livre de 2014.

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J’ai beaucoup aimé ce roman plein de délicatesse sans tomber dans la sensiblerie.

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Tant de silences…

Ce roman commence un matin d’hiver. Le narrateur apprend la fin imminente de son père et sa mère ne se porte pas très bien. C’est en veillant au chevet de ses parents que l’histoire est naturellement venue à l’esprit de l’auteur.

Mais comment approcher la fin de vie sans tomber…

La suite en suivant ce lien :

http://www.aloys.me/2016/07/philippe-de-riemaecker-nous-presente-son-ouvrage-tant-de-silences.html

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© Jean-Louis Riguet 15 août 2016

Sociétaire de la Société des Gens de Lettres  et membre de la Maison de l’Ecrivain et de la Littérature

Liens :

http://librebonimenteur.net/

https://sites.google.com/site/sitejeanlouisriguetauteur/home

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Promenade à Vélo

Promenade à Vélo

Au hasard des routes, sous un ciel qui sent la fin de l’orage, le vélo roule vers le tumulus de Mézières-lez-Cléry, qu’il laisse ensuite sur sa gauche. Le tumulus est gaulois. Il date de – 300 ans avant Jésus-Christ. Il s’agit d’une butte de terre d’une hauteur d’environ 12 mètres sur un diamètre de 70 mètres. Son nom : la Butte des Elus. Quatre tombes gauloises l’occupent. Des armes et des bijoux ont été trouvés. Au sommet, la statue de la Vierge domine la vallée de l’Ardoux. Elle repose sur un passage voûté construit par les hommes à la suite de la guerre de 1870 en remerciement de la sauvegarde du village. La légende raconte que si une femme passe sept fois dans le passage sans rire ni sourire, elle sera fécondée prochainement.

Laissant cette butte chargée d’histoire ancienne sur la gauche, le vélo décide de continuer vers Cléry Saint André puis de bifurquer sur la gauche en direction de Jouy le Potier. Au bout de quelques kilomètres, toujours sur la gauche, se dresse un ancien four à brique, au lieudit Cendray. La poterie a été longtemps, la plus ancienne activité de la ville. Il faut dire que la qualité de son argile était exceptionnelle. Il n’y a pas eu moins de 32 fours à poteries, briquetteries et tuileries dans le village. La fin de cette exploitation date du 16ème siècle, à cause des guerres de religion. C’était le château de Beaugency qui exigeait les poteries ou briques faites par les potiers de Jouy.

Les poteries n’existent plus depuis plusieurs siècles, la fin du Moyen-Age, en raison de la Guerre de Cent Ans. Encore un coup des anglais qui ont tout détruit à la fin du 15ème siècle. De l’autre côté de la route, se dresse le Château de Cendray construit vers 1562.

Jouy existe depuis les Gaulois. Le village s’appelait alors Gaudiacum, puis changea de nom : Joiacum au 12ème et 13ème siècles. C’était le diminutif de JOVIACUM, ancien culte rendu à Jupiter (JOVI en latin). De moins c’est ce que dit LA GAZETTE D’ORLEANS.  Potier a aussi changé d’ortographe ; Il y a eu un H depuis le 13ème siècle : Pothier. Ce n’est que récemment que le H  a disparu, en 1873.

Retour jusqu’à Saint Pryvé Saint Mesmin, qui tire son nom de l’époque Mérovingienne, du nom de deux saints : Saint-Privat (ou Saint-Pryvé) et Saint-Maximim (ou Saint-Mesmin). C’est le bon roi Dagobert qui a fait transporté les cendres Saint Privat, évêque de Mendes, à Saint-Denis. Saint-Maximum était le neveu d’un grand ami de Clovis, Saint-Euspice. Il en hérita, notamment le domaine de Micy, vers 508. Il y établit un monastère, non lieu d’un autre four à brique qui existe encore, sans activité cependant.

C’est sur les fondations de cette abbaye que fut installé le Carmel de Micy-Orléans, fondé en 1617. Depuis le 5ème siècle, les moins bénédictions ont prié, travaillé et vécu. Trente saints ou martyrs émanant de leur rang ont été reconnus par l’Eglise comme Saint Mesmin, Saint Aubin.

Le vélo termine sa course par la Pierre du Duc sur la commune de Saint-Hilaire-Saint-Mesmin. C’est l’endroit où fut assassiné François de Guise, le Balafré. C’était un catholique convaincu et actif, responsable de la Conjuration d’Amboise, autrement appelé le Tumulte d’Amboise. Le Duc François de Guise, lieutenant-général du royaume, comte, duc d’Aumale et Pair de France, Marquis de Mayenne, baron, prince de Joinville, grand chambellan, grand veneur et grand maître, est mort d’un coup de pistolet dans le dos, un soir de février. Mais avant de mourir, il est remonté sur son cheval en criant : « je suis mort ».

Une belle balade à vélo en tous cas.

Jean-Louis Riguet

Juillet 2013

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AUGUSTIN ma bataille de Loigny, un roman de Jean-Louis RIGUET, en vente par internet à :

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AUGUSTIN est aussi en vente dans certains points de vente. Se reporter aux autres articles de ce blog.

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Jean-Louis RIGUET

Membre de la Société des Gens de Lettres et du Bottin International des Professionnels du Livre

Sociétaire de la Maison des Ecrivains et de la Littérature

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