JL à l’écoute de … Claude Cailleau

Des mots pour vous

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JL à l’écoute de …

Aujourd’hui Claude Cailleau

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1/ Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Claude CAILLEAU.

Mon nom me vient d’un ancêtre qui habitait un lieu caillouteux, ou qui vendait du fromage (du caillé). J’aime ces origines très paysannes.

Ma vie commence à Sablé (72) l’année du Front Populaire. Après des études au Mans et à Rennes, j’ai enseigné le français (et les lettres) en collège pendant près de 40 ans, avant de revenir habiter à 500 mètres de la maison où je suis né.

En Sarthe, donc, mais la Bretagne est ma province d’élection : je me suis marié à Port-Louis (56) en 1958. Je suis le patriarche d’une nombreuse famille : 4 enfants, 11 petits-enfants et un arrière-petit-fils. Ma femme et moi revenons à Port-Louis plusieurs fois chaque année. La Bretagne est très présente dans mon œuvre et je suis membre de l’Association des Écrivains Bretons.

Mon parcours est décrit dans le 451e Encres Vives paru en février 2016.

Adolescent, je lis Jean Barois, roman de Roger Martin du Gard, un livre austère mais qui me passionne. J’écris à l’auteur. Il m’invite. Je passe une journée chez lui, au Tertre dans l’Orne. J’écrivais déjà dans les petites revues de poésie de l’époque. Martin du Gard fait lire mes textes à Jacques Brenner qui publiait Les Cahiers des Saisons aux éditions Julliard. Je suis accueilli dans la revue. Je figure dans les sommaires aux côtés de Philippe Jaccottet, Supervielle, Jean-Louis Curtis, Henri Thomas, Bernard Noël, Jean-Louis Bory, Matthieu Galey, etc.

En 1971, Mon premier roman, Stef et les goélands, est édité par Julliard. Le livre me vaut une belle lettre de Marcel Arland, rédacteur en chef de la NRF, et en 1972 le prix Paul Flat de L’Académie Française.

Mais, alors que tout semble bien parti, je décide de ne plus publier et me contente d’écrire mon journal. Trop intime, celui-ci finira dans un grand feu en 1995.

Après 27 ans de silence, en 1999, je recommence à proposer mes livres aux éditeurs. Mais, pensant qu’à 63 ans je n’intéresserais plus les grandes maisons parisiennes, je choisis de petits éditeurs indépendants. Qui m’accueillent sans problème, ce qui me rassure. En 17 ans, j’ai été publié par une dizaine d’éditeurs. Vous vous demandez sans doute pourquoi je ne suis pas fidèle à l’un d’eux ? Parce que j’ai besoin, à chaque fois, de passer l’examen devant un comité de lecture qui ne me connaît pas. Quand mon ouvrage est pris, je suis rassuré.

 

2/ Que faisiez-vous avant d’écrire ou parallèlement à l’écriture ?

En même temps que j’enseignais, j’animais des ateliers littéraires dans les collèges, afin de mettre en relation élèves et écrivains. Nous publiions des revues auxquelles ont collaboré Yves Bonnefoy, Jean-Claude Renard, Claude Roy, Andrée Chedid, Henri Troyat, Hervé Bazin, Jacques Brosse, Marie-Claire Bancquart, Christian Signol, et beaucoup d’autres. Nous faisions des enregistrements de livres pour les enfants aveugles de deux établissements d’Angers et Vertou. Ces activités ont donné matière à une valise pédagogique au CDDP d’Angers et à des articles d’information destinés aux enseignants, dans Échanger, revue du CRDP de Nantes.

 

En même temps, je poursuivais ma politique du contact avec les écrivains dont j’aimais les livres. C’est ainsi que j’ai rendu de fréquentes visites à Marcel Arland, à la NRF dans les années soixante-dix, passé un après-midi avec Troyat dans son appartement de la rue Bonaparte, accueilli Hervé Bazin dans ma classe au Collège François Villon des Ponts-de-Cé, visité plusieurs fois Julien Gracq en sa maison de la rue du Grenier à Sel à Saint-Florent Le Vieil, visité Jacques Brosse et ses chevaux en Sarthe puis près du site magdalénien.

Si bien que, la retraite venue, j’ai fondé en 2008 une revue littéraire trimestrielle, les Cahiers de la rue Ventura, dans laquelle je publie des dossiers sur mes écrivains de chevet, de la poésie contemporaine, des pages d’enfance et des textes critiques sur les arts. J’ai décidé d’arrêter cette publication en juin 2018 avec le n° 40, pour le 10e anniversaire de la revue. J’aurai 82 ans, et envie de faire autre chose.

 

3/ Qu’aimez-vous ou pratiquez-vous comme autre art ? La peinture ? La sculpture ? Le cinéma ? La photographie ? Le théâtre ? Quelle est votre autre passion ?

Je ne pratique aucun autre art. La peinture, la sculpture m’intéressent. La musique me stresse, j’évite d’y être exposé trop longtemps. Seules les chansons à texte trouvent grâce devant moi.

En revanche, j’ai été longtemps un jardinier passionné. Un beau jardin de fleurs, c’est aussi une œuvre d’art. Dans la propriété où je vivais à la campagne, je pouvais préparer une bonne ratatouille uniquement avec des légumes de mon jardin ! Je suis réputé dans la famille pour ma ratatouille et… une sangria dont je ne communique à personne la composition ! Je considère que la cuisine est aussi une forme d’art.

 

4/ Qu’attendez-vous de vos lecteurs, admirateurs ? Comment vous faites-vous connaître ? Comment allez-vous à leur rencontre ?

Des admirateurs ? N’exagérons pas. Je n’écris pas pour recevoir quelque chose de mes lecteurs. J’écris pour communiquer. Pour apporter, et qu’on se souvienne de moi. Quand on me demande pourquoi j’écris, je réponds : pour ne pas mourir. Je pense que les bibliothèques ne doivent pas être des cimetières. Lorsque je serai mort, dans un futur proche ou lointain, il suffira qu’un lecteur sorte un de mes livres (et se reconnaisse dans ce que j’aurai écrit là) pour que je revive.

 

Pour faire connaître mes ouvrages, je me fais une petite publicité sur la Toile, je participe à des salons, j’alimente mon blog de temps en temps. Je fais envoyer des services de presse aux revues et celles-ci, en général, font écho à la sortie de mes livres. Mais je suis un auteur modeste : Mon roman chez Julliard avait été tiré à 4 000 exemplaires. On m’a payé des droits d’auteur sur 2 000 ex. Ensuite, comme les libraires ne le demandaient plus, il a été pilonné. Mon meilleur tirage après 1999 a été les 500 exemplaires de mon album aux éditions Grandir. Pour ma biographie de Pierre Reverdy, je ne sais pas, ayant abandonné mes droits d’auteur à l’éditeur, qui avait plus besoin que moi de cet argent.

 

5/ Faites-vous des rencontres, des lectures ou des conférences sur vos ouvrages ?

Dans la première décennie de ce siècle, je suis intervenu à plusieurs reprises dans les établissements scolaires, du cours élémentaire au lycée. Et même une fois, à l’Université d’Angers.

Quand ma biographie de Pierre Reverdy est parue, j’ai donné une conférence sur le poète un peu partout en France. Puis on m’en a demandé une sur l’autobiographie, parce qu’on connaît mon goût pour cette littérature. Et j’ai fait des causeries sur la poésie pour donner ma conception de l’écriture poétique. Je lis encore de temps en temps mes poèmes devant un public.

 

6/ Depuis quand écrivez-vous ? Qu’avez-vous déjà écrit ?

Je devais avoir 13 ou 14 ans quand j’ai commencé à tâtonner pour écrire de la poésie. Des alexandrins aux rimes chantantes. Mon maître alors était Musset ! Mais je suis vite passé au roman. Et à Mallarmé, mon poète d’élection.

En 2013, j’ai publié chez Éditinter une anthologie pour donner à un lecteur éventuel une idée de mon travail en littérature. Dans le livre on trouve, outre une belle préface de Jean-Marie Alfroy qu’il a intitulée « Le Sphinx de Sablé », des fragments de mes mémoires, des poèmes, quelques récits, des études, des pages de mon Journal et même un court chapitre de roman (encore inédit). Excepté ce dernier texte, tous les autres étaient parus en revues pendant une décennie.

Il faut ajouter quelques livres d’artistes, ma biographie de Reverdy et ma participation à de nombreuses anthologies. J’ai aussi collaboré à des ouvrages collectifs sur l’École de Rochefort, parus aux presses de l’Université d’Angers.

Ma bibliographie vient de paraître sur mon blog, à la page « Automne 2017 ». En tout, près de vingt livres.

 

http://www.petitpave.fr/petit-pave-auteur-claude-cailleau-5.html

 

7/ Quel est votre dernier livre ? Pouvez-vous nous en parler ?

Mon dernier livre a pour titre : Je, tu, il – Remonté le temps, sondé le silence. Le titre dit beaucoup, déjà. Dans ma revue, je publie de la poésie et je constate souvent que ce qu’on m’envoie en vers libres, n’est que de la prose tronçonnée arbitrairement par des auteurs qui ne se sont jamais interrogés sur leur art, et qui vont à la ligne sans savoir pourquoi. Écrire de la poésie, pour moi, c’est un travail. Le texte fini doit être resté un moment « sur l’établi ».

Il se trouve que mon petit livre est mort. Je veux dire qu’il est devenu introuvable, l’éditeur étant décédé au printemps 2017 et sa Maison fermée depuis septembre.

En poésie, j’ai tout tenté : Le vers traditionnel, le vers libre, le verset, pour finir avec la prose. Je, tu, il est composé de brèves proses.

« Sans l’artifice d’une disposition en vers pour signaler qu’il s’agit bien de poésie, le texte est seul, avec ses images, son rythme, ses sonorités (sa musique), son langage particulier, pour que le lecteur l’accepte comme poème ».

Tout est dit. Le n° 39 de ma revue, au printemps 2018, présentera un dossier sur l’écriture de la poésie.

 

8/ Où peut-on se procurer vos ouvrages ?

Mes livres font l’objet d’un dépôt légal à la BNF. Ils sont pourvus d’un ISBN. Normalement, on peut les commander à l’éditeur, à la FNAC ou sur Amazon. Mais aussi chez un libraire s’il est sérieux, et désintéressé !

Une anecdote… En septembre 2004, les Éditions Grandir publient mon album de poèmes pour enfants intitulé C’est ma vie, c’est la tienne.

En octobre, un ami va voir son libraire pour commander le livre. Réaction du libraire : « oh, ça c’est vieux. C’est épuisé depuis longtemps » ! Notre homme ne voulait pas se donner la peine de commander un seul livre à un modeste éditeur de province, livre qui n’allait lui rapporter que quelques euros. J’ai conseillé à mon ami de changer de libraire.

9/ Quelle est votre position par rapport aux publications à compte d’éditeur, à compte d’auteur, ou à compte participatif ? À l’e-book?

Je suis pour la publication à compte d’éditeur. Il faut avoir le courage de passer l’examen d’un comité de lecture. Et de remettre l’ouvrage sur l’établi s’il a été refusé.

Le compte d’auteur est souvent une tromperie. L’éditeur accepte votre manuscrit, même s’il est mauvais ; et il vous

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fait payer le prix fort. Son seul souci, c’est de se faire de l’argent sur le dos des auteurs. Le plus étrange, c’est qu’il se trouve des gens assez naïfs pour accepter les contrats proposés.

Compte participatif, e-book ? Je ne connais pas.

Plutôt que le compte d’auteur, mieux vaut choisir l’autoédition. Finalement, dans le prix d’un livre, ce n’est pas le coût de l’impression qui est le plus élevé.

 

10/ Quel est le conseil le plus important que vous ayez reçu ? Pas forcément pour les livres.

Dans une de ses lettres, Roger Martin du Gard à qui je parlais de mon admiration pour le style de son ami André Gide, m’écrivait : « Si Gide vivait encore, il vous mettrait lui-même en garde contre son style ». Et il ajoutait : « Avant d’écrire, il faut vivre ; sinon, où puiserez-vous l’expérience nécessaire ? » Voilà pour le fond.

La forme, maintenant… Georges Jean, poète, essayiste, qui fut mon professeur de lettres en second cycle, badigeonnait de rouge mes copies et, de son écriture presque illisible, jetait dans les marges ce jugement qui m’énervait prodigieusement : « Style fleuri ! » avant de conseiller : « Supprime les adjectifs et les adverbes » et de me recommander la concision dans mes écrits.

Tout est dit. Ce sont les meilleurs conseils que j’aie reçus ; ils ont influencé mon travail d’écrivain.

 

11/ Que préférez-vous écrire ou lire ? Des romans, des poésies, des essais, des nouvelles, des biographies ?

Le grand lecteur que je suis depuis mon adolescence a évolué avec les années. S’agissant du roman, j’ai eu ma période polar, puis un goût marqué pour l’anticipation ; mais très vite je suis venu au roman psychologique, avec une préférence pour ceux que l’on devinait à forte coloration autobiographique. Après une petite parenthèse Nouveau Roman, je suis revenu à des livres où le personnage était au centre du récit.

Depuis quelques années, les romans m’ennuient. Je leur préfère les récits de vie, les journaux d’écrivains, et, pour mon travail de revuiste, les essais et la poésie.

 

12 / Comment écrivez-vous ?

La maison où nous habitons, ma femme et moi, nous l’avons voulue très ouverte. La cuisine, la salle à manger, le salon, les deux bureaux communiquent par de larges ouvertures sans portes. J’ai moins besoin de solitude et de silence pour écrire.

Que je travaille sur un récit ou sur un livre de poèmes, la démarche est la même : je ne peux commencer à rédiger que lorsque le projet est bien ficelé, que j’en ai une idée claire, et la certitude que je n’ai plus qu’à laisser courir la plume (j’écris toujours à la main ; la saisie sur l’ordinateur ne vient que lorsque le texte est rédigé et que j’ai jugé sa forme satisfaisante. Auparavant, il est resté longtemps sur l’établi et s’est chargé de ratures et d’ajouts.) Écrire est un travail.

Mes ouvrages en poésie ne sont pas des recueils, mais des livres. Souvent, les poètes écrivent de courts poèmes qu’ils rangent dans une chemise. Quand ils pensent en avoir assez, ils relisent, essaient de classer (sans toujours y parvenir) : Le résultat est un recueil. Je donne souvent comme exemple de ma façon de procéder mon livre intitulé Le Roman achevé. À l’origine, un poème (le mot est au singulier) de 2 638 vers, composé de 16 suites. La journée du poète, de 5 heures à 20 heures… le quotidien, les souvenirs qui lui reviennent, les livres qu’il ressort de sa bibliothèque, la vie, tout simplement. Cet ouvrage est d’abord paru sous forme d’un livre d’artiste tiré à 95 exemplaires. Très vite épuisé, il a été repris par un éditeur en édition courante. Pour la circonstance, j’ai réécrit le texte en versets. Et j’ai gardé à l’adresse des curieux les six versions manuscrites de ce Roman achevé (clin d’œil, on l’aura compris, au Roman inachevé d’Aragon) Si je n’avais utilisé que l’ordinateur, les traces de ce travail auraient été perdues.

http://www.printempsdespoetes.com/index.php?url=poetheque/parutions_fiche.php&cle=1890

 

13/ Où puisez-vous votre inspiration ? Avez-vous eu des commandes d’ouvrages ?

Suivant le conseil de Martin du Gard dont je parlais il y a un instant, je travaille avec mon expérience, je puise dans mes souvenirs. Ils sont toujours à l’origine de mes projets. Mais mon imagination a sa part dans le texte achevé. La poésie transforme le réel par le choix d’un langage spécifique. Dans le récit, l’imagination vient voiler, ou même cacher le réel. Je suis pour une utilisation calculée de l’autobiographie.

http://www.auteursdumaine.net/index.php/claude-cailleau-4/fiche-auteur-aml/?page=auteurs_details&id=4

Oui, un éditeur m’a commandé un ouvrage, un jour. Il venait de publier mon roman pour adolescents ; il m’a dit : « Vous habitez près de Solesmes, vous m’écririez bien une biographie du poète Pierre Reverdy… » J’ai pris mon bâton de pèlerin et, aidé de ma femme, parcouru la France en quête d’archives. Relu l’œuvre, aussi. Accumulé 500 feuilles de notes. Et rédigé en un mois ce Dans les pas de Reverdy qui est paru en 2006.

Dans la foulée, le même éditeur m’a demandé si je ne pourrai pas écrire un livre sur les écrivains que j’ai fréquentés et leurs maisons. J’ai promis d’y penser, beaucoup voyagé pour concrétiser ce projet, mais je ne suis pas sûr, actuellement, de pouvoir le finaliser. Trop d’autres projets viennent parasiter celui-ci.

 

14/ Comment construisez-vous vos intrigues, vos personnages ? Vos personnages sont-ils toujours imaginaires ?

Ma démarche se rapprocherait plutôt de celle de Martin du Gard, qui accumulait des notes de toutes sortes sur l’intrigue, les décors, les personnages. Je serais peu tenté d’imiter André Gide partant à l’aventure avec ses Faux-Monnayeurs. Mes personnages souvent ont existé, mais je leur prête une vie en fonction de mon projet.

Un exemple… Dans La Croix d’or, mon roman pour adolescents, les deux personnages principaux, Sophie et Vincent (qui s’appelaient en réalité Céline et Jimmy) étaient dans une de mes classes au Collège des Ponts-de-Cé. Ils se querellaient tout le temps ; moi, malicieusement, je les ai rapprochés : ils sont devenus amoureux l’un de l’autre. Une autre histoire, donc, mais ce sont leurs visages que j’avais devant les yeux quand j’écrivais. Quant au prof du livre, c’est moi ! Je lui ai prêté le comportement que j’avais devant mes élèves, avec mes qualités et… mes défauts.

 

15/ Quel conseil donneriez-vous aux amateurs d’écriture ?

Ceux que m’ont donnés Roger Martin du Gard et Georges Jean. Je leur conseillerais aussi la modestie et la persévérance : dans cette activité, tout le monde connaît des échecs.

 

16/ Quels sont vos auteurs préférés ?

En poésie, mes goûts ont évolué. Longtemps, les livres d’Aragon et Éluard ont accompagné mes jours. Puis je suis revenu vers Mallarmé, qui reste pour moi LE POÈTE. Plus récemment, Yves Bonnefoy et Philippe Jaccottet sont venus remplacer les deux premiers cités. Sur la poésie très contemporaine, que je lis par curiosité, je ne peux me prononcer.

Chez les prosateurs, je citerai Gide pour son style (un grand plaisir de lecture) mais surtout Marcel Arland pour la pureté de la langue (personne n’a écrit mieux que lui), et ce passage incessant de la fiction à la réalité ; un écrivain modeste, tourmenté, qui a fait du bois de sa vie en souffrance une œuvre.

Puisque nous en sommes à l’autobiographie, je citerai encore François Nourissier et Annie Ernaux. Tous deux en lutte permanente contre ce qu’on peut nommer leurs complexes. (Mais j’ai toujours eu des doutes sur la sincérité du premier.)

 

17/ Que lisez-vous en ce moment ?

Le Journal de Matthieu Galey (1953-1986). La vie littéraire de son temps.

Par moments, je reprends L’Inachevable, d’Yves Bonnefoy, ses Entretiens sur la poésie de 1990 à 2010. C’est du Bonnefoy, concentré, ardu : il faut s’accrocher mais le plaisir vient très vite, en récompense.

En permanence, tout proches de moi quand j’écris, sur les rayonnages derrière mon bureau, deux livres encore : la pléiade des Œuvres de Jaccottet, et le quarto des Œuvres complètes de Louis-René des Forêts.

Enfin, je me prépare à commander le quarto des Œuvres de Georges Perros. « Ce que j’écris, disait-il, est à lire dans un train, par un voyageur qui s’ennuie, et qui trouve sur la banquette, oublié, un de mes bouquins ». L’homme m’a toujours intéressé. Son mode de vie, son destin, tragique, finalement. Ses Papiers collés sont un pur chef-d’œuvre. On n’est pas loin de Marcel Arland.

 

18/ Travaillez-vous sur de nouveaux projets ?

J’ai plusieurs projets déjà bien avancés, mais le travail généré par ma revue occupe une bonne partie de mes journées. D’où la décision de couler cette revue en juin 2018.

Mes projets ?

Honorer la commande de mon éditeur sur les écrivains que j’ai approchés dans ma longue vie.

Rédiger un bref récit sur le parcours de mon père, qui, c’est original vous en conviendrez, a commencé à travailler à 8 ans, en 1914. Comme bicard. C’est ainsi qu’on nommait ces gamins qui, dans les fermes, étaient les domestiques à tout faire.

Préparer une anthologie de mes poèmes. J’ai décidé de ne plus en écrire, de peur de radoter. Je considère que le dernier livre paru clôt ma recherche sur l’écriture de la poésie. Le dossier du n° 39 de ma revue va traiter de ce sujet. Je vais laisser la parole aux poètes et éditeurs.

Enfin, j’ai toujours en vue la publication de mon journal. Celui que j’ai commencé en 1995, après avoir brûlé le précédent, trop intime. Celui-ci est plus « extime », suivant la formule de Michel Tournier.

https://michel-diaz.com/lettre-poete-claude-cailleau/

19/ Avez-vous des dates d’événements à venir ?

Bien sûr. Mais le temps qui passe fait qu’un événement à venir est vite du passé. Dimanche prochain (ce sera le 29 octobre) dans un petit salon de livres et de peinture du Maine-et-Loire, je présenterai ma revue Les Cahiers de la rue Ventura le matin, et l’après-midi je ferai des lectures de mes poèmes.

Mais ce n’est qu’un petit événement.

 

20/ Où peut-on suivre vos actualités ? Vos parutions?

Sur la Toile : deux émissions de France 3 Pays de Loire ; dans la première je présente ma conception de la poésie ; dans la seconde, ma femme et moi parlons de la Revue.

 

On peut aussi suivre mon actualité

Sur mon blog : http://clcailleau.unblog.fr >,

Sur le site des Auteurs du Maine, qui répertorie avec vigilance toutes mes publications et les parutions de ma revue,

Sur les sites de Michel Diaz, Texture, Vocatif, Décharge, L’Anacoluthe (dans le n° 40 de l’Iresuthe, une belle « lettre à Claude Cailleau » de Michel Diaz).

 

On peut encore m’entendre dans des entretiens radiophoniques,

avec Roland Nadaus sur RCF 61,

avec Christian Saint-Paul sur < les-poètes.fr >

avec Christophe Jubien sur < radiograndciel.fr >

 

Enfin, il suffit de taper mon nom sur Google pour faire apparaître toute une liste d’informations sur mon travail.

 

Merci à Jean-Louis Riguet de m’avoir proposé ce questionnaire et de m’accueillir sur son blog « librebonimenteur.net »

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Le 26 octobre 2017,

Claude Cailleau

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Les mots de la mer

 

Quelque part au Port-Louis, dans la crique d’automne ouverte au large, aux tempêtes, j’ai ramassé un vieux galet apporté là par la marée.

Chantera-t-il encore, ce galet de misère, granit roulé, frotté, usé dans le délire des tempêtes, chantera-t-il encore si je le sollicite, un soir de neige, dans mon village perdu quelque part dans la campagne et les années ?

J’ai ramassé ce vieux galet, doux à mes doigts comme une peau de fille, comme une peine qui s’épuise à vieillir, et voilà maintenant qu’au creux de ma main c’est la Bretagne qui s’attarde et me retient, paisible dans le soir, au clapot de sa vague.

Claude CAILLEAU

(« Cocktail de vie », Éditinter, 2013)

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Je t’écris de la mer

Je t’écris de la mer. C’est au Port-Louis. Tu te rappelles ? … Le vent, la poussière des embruns, les galets encore chauds de nos mots lancés contre l’oubli.

Tu poussais du pied (le soir nous environne, le bateau de Groix sillonne la rade) les pierres de l’année dernière. Les mêmes. Je les reconnais à leur bruit de sanglot usé.

Oh, nous avions marché. Marché, pieds nus sur les arêtes des rochers, sur les patelles pétrifiées.

Et regardé. Regardé les vieux marins sur la jetée, rescapés de combien de naufrages.

Nous étions revenus. Au Port-Louis. Pour le souvenir. Et voir. Revoir…

la Bretagne reposer dans sa peau de légende.

C’était dans les années soixante, tu te rappelles… les vieux marins, figés comme des bollards sur le quai, les yeux lointains, qui regardaient pensifs le sang du soleil s’étaler sur la mer.

Ailleurs, le sang des hommes coulait, violent, sur le sable avide, dans le désert insatiable où pleuraient, où mouraient les enfants et les femmes.

Et j’étais là, qui écrivais sur le jour paisible de mon pays ! Je suis là, je suis las. Les années ont passé, suivies d’autres années.

Avec le temps, va, tout s’en va…

Je t’écris de la mer pour que tu te souviennes.

Claude CAILLEAU

(« Le Roman achevé », Éd. du Petit Pavé, 2009)

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Les chemins d’une vie…

 

À Georges, mon père,

homme de peine, homme de cœur.

 

… S’en va sur le chemin.

Chancelle au vent mauvais,

la vieille silhouette.

Et refait le parcours,

tremble, avance deux pas,

Trois pas, c’est trop de deux déjà.

Une horloge le suit,

fragile. Ô le silence

qui gît dans l’or du balancier.

Et fouille dans ses jours.

Vienne la nuit

Sonne l’heure

(C’est Guillaume qui pleure)

Ainsi va le bonhomme

dans l’automne qui meurt.

Se rappelle la robe noire,

tranquille. Elle, qui marche.

Gréco, lunaire silhouette.

Seule mais sereine,

sur la scène, dans la lumière.

Le deuil à fendre l’âme

chante grave dans son rire.

Silencieuse soudain.

Désabusée. Puis tire

sa révérence. Adieu Madame.

Si tu t’imagines

 qu’ça va, qu’ça va, qu’ça…

va durer toujours…

la saison des amours…

ce que tu te goures…

Et radote le vieux.

Queneau,  Apollinaire,

la Seine coule sur vos vers.

Ailleurs, le poète venait,

S’en venait, s’en venait,

vers toi qui t’en allais.

Tu te rappelles, Barbara…

Abritée sous un porche,

quand la pluie et Prévert

se racontaient la guerre,

Le sang noir sur la mer…

la joie évanouie, la guerre…

 

Le peintre a posé ses pinceaux,

essuie ses mains à son passé.

Les rues racontent et les ponts.

Et la seine sereine

épouse son histoire…

Ah, Prévert,

ton cancre de lumière

dans l’aube des lampadaires !…

 

 Claude CAILLEAU

 

Extrait de Narratif 2, dans le recueil

 

« Sur les Feuilles du temps »

(Éd. Écho Optique)

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Je remercie sincèrement Claude Cailleau d’avoir eu l’amitié de se livrer à ce jeu des questions-réponses.

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Auteur, sculpteur, peintre, photographe, acteur, comédien, théâtreux, styliste, musicien, chanteur, colleur de papiers, en un mot artiste  sans discrimination de l’art pratiqué,

si vous aussi, vous êtes intéressé par mon écoute et la publication sur ce blog, merci de vous manifester par e-mail soit directement sur le site soit à l’adresse suivante : jlriguet@gmail.com.

La publication sur le site est ponctuelle au gré des réceptions des questionnaires.

Chaque chronique est ensuite partagée sur Facebook, Twitter, Linkedin, Google+, Pinterest et parfois Tumblr.

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Pour se manifester si vous êtes intéressé par le questionnaire :

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Tout sur mes livres :

https://sites.google.com/site/sitejeanlouisriguetauteur/home

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https://www.youtube.com/channel/UCcLyJcrYJkDfuM9zm6mfbCQ

https://jeanlouisriguetecriveur.blogspot.fr/

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© Jean-Louis RIGUET 31 octobre 2017

Sociétaire de la Société des Gens de Lettres

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Riguet

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JL à l’écoute de … Séverine de Possel-Deydier, auteur

Des mots pour vous

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JL à l’écoute de …

Aujourd’hui Séverine de Possel-Deydier

.de-possel

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1/ Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Séverine de Possel-Deydier.

Cela fait vingt ans que j’écris en cachette et que je peins en secret, puis la vie, de mère de famille d’une part, professionnelle d’autre part m’a forcée à ranger cela de côté au fond d’un tiroir.

 

2/ Que faisiez-vous avant d’écrire ou parallèlement à l’écriture ?

J’ai été décoratrice, manager nationale itinérante d’une enseigne de meubles et de décoration. J’ai eu un restaurant avec mon mari, puis je suis tombée malade. Après trois lourdes opérations du dos, j’ai décidé de me remettre à l’écriture et de ressortir mes textes d’il y a quelques années pour les retravailler, passion depuis toujours avec la peinture. Aujourd’hui reconnue handicapée je ne peux plus travailler, alors je souhaite me consacrer entièrement à mes passions et vivre d’elles.

 

3/ Qu’aimez-vous ou pratiquez-vous comme autre art ? La peinture ? La sculpture ? Le cinéma ? La photographie ? Le théâtre ? Quelle est votre autre passion ?

Je pratique également la peinture, mon sujet de prédilection restant les fleurs, pour leurs couleurs, leurs senteurs, leur joie et la vie qu’elles renvoient autour d’elles.

 

4/ Qu’attendez-vous de vos lecteurs, admirateurs ? Comment vous faites-vous connaître ? Comment allez-vous à leur rencontre ?

Bonjour, j’attends beaucoup de partage, d’amour, de joie, le plaisir de s’apporter la joie et pourquoi pas les conseils d’une certaine expérience, pas toujours malheureuse. Je participe à divers salons où les rencontres sont souvent très enrichissantes mais je vais également à la rencontre du public lors de séances de dédicaces dans les diverses librairies : maisons de la presse, Cultura, et même France Loisirs.

 

5/ Faites-vous des rencontres, des lectures ou des conférences sur vos ouvrages ?

J’ai beaucoup de lecteurs qui me posent des questions et me demandent des conseils conjugaux à travers la messagerie privée de la page Facebook que j’ai créée pour tenir à jour mes actualités. Même parfois des parents qui me demandent comment aborder la sexualité et différentes facettes de celle-ci avec leurs ados. Je me suis d’ailleurs posé la question de créer un blog pour que les personnes puissent poser ouvertement les questions…

 

6/ Depuis quand écrivez-vous ? Qu’avez-vous déjà écrit ?

J’ai toujours écrit, j’avais 6 ans j’écrivais des poèmes, mais la littérature érotique j’ai commencé à 23 ans lorsque j’ai eu mes enfants. J’ai attendu 43 ans pour m’y remettre sérieusement et j’ai publié « Songes sans retour » éditions du Bord du Lot, sorti en juin 2016, « La deuxième vie de Boucle d’Or » publié fin octobre même éditeur (éditeur à compte d’éditeur).

 

7/ Quel est votre dernier livre ? Pouvez-vous nous en parler ?

« La Belle du Luxembourg ».

Ce roman traite de la sexualité vue par la jeunesse en mettant en avant la vision à la fois fraîche et détachée de l’Amour, du sexe, des sentiments d’un jeune homme de 20 ans. C’est non sans maladresse mais avec beaucoup d’émotions que Benjamin, un étudiant en droit nous confie ses ressentis et nous dévoile une version de ses désirs d’amour, de tendresse, dans un monde où tout devient consommable et où la limite entre le réel et le virtuel reste, parfois,  floue et imperceptible. Ce romantique des temps modernes apprend à découvrir son corps, son langage et son pouvoir à travers l’éveil de tous ses sens.

 

8/ Où peut-on se procurer vos ouvrages ?

Chez Cultura, chez mon éditeur www.bordulot.fr rubrique érotisme et espaces culturels Leclerc. Peut-être commandé dans toutes les librairies puisque référencé sur chapitre.com et Rénov’livres, ainsi qu’Amazon.

 

9/ Quelle est votre position par rapport aux publications à compte d’éditeur, à compte d’auteur ou à compte participatif ? À l’e-book ?

Mes ouvrages sont publiés à compte d’éditeur, j’ai eu des propositions de publication à compte d’auteur mais le coup varie entre 1 200 et 4 000 €, en fonction des maisons d’édition. Il s’agit d’une très vaste arnaque qui vise à publier coûte que coûte un ouvrage même s’il n’est pas prêt à l’être (manque de maturité dans son dénouement, manque de fluidité dans l’écriture, problèmes de syntaxe, ou de grammaire, vocabulaire, orthographe), car même s’ils assurent s’occuper des corrections, la plupart des erreurs liées au français (figures de styles ou autres) ne sont jamais corrigées. Par conséquent cela peut donner une mauvaise image du livre et surtout de l’auteur.

 

10/ Quel est le conseil le plus important que vous ayez reçu ? Pas forcément pour les livres ?

Relire son œuvre depuis la fin pour retrouver plus facilement les fautes, les mots et phrases étant du coup, sorties de leur contexte, et l’histoire que l’on connaît par cœur n’ayant plus de sens on se concentre davantage sur les phrases les mots, répétitions, orthographe, grammaire, conjugaison, concordance des temps…

 

11/ Que préférez-vous écrire ou lire : des romans, des poésies, des essais, des nouvelles, des biographies ?

Du livre érotique ou Romance pour adultes.

 

12/ Comment écrivez-vous ?

J’imagine d’abord une histoire comme un film dans ma tête, et là j’ai tous les détails de décors, de lieux, d’environnements, de circonstances. Je vois même quels acteurs peuvent jouer le rôle de tel personnage, où je sais qui peut faire les musiques des téléfilms, je sais également dans quels lieux ils peuvent être tournés. Je sais où commence et où finit mon histoire, et ne déroge jamais de ma ligne de conduite qui doit suivre la logique de mon récit et non s’éparpiller dans des personnages, des lieux ou des descriptions inutiles pour l’intérêt de l’histoire et pour le cheminement des personnages.

 

13/ Où puisez-vous votre inspiration ? Avez-vous eu des commandes d’ouvrages?

Mon inspiration vient de choses que je vois, de circonstances plus ou moins vécues, de fantasmes, de témoignages, de tout ce que je me documente autour de moi et de tous les conseils conjugaux que viennent me demander des lecteurs.

 

14/ Comment construisez-vous vos intrigues, vos personnages ? Vos personnages sont-ils toujours imaginaires ?

Pas toujours, ils n’existent pas mais sont fortement influencés par des rencontres effectuées à différents moments de ma vie. Mes intriguent se construisent dans ma tête où tout se noue, se dénoue et au bout de quelques heures, parfois quelques jours, je teins mon histoire.

 

15/ Quel conseil donneriez-vous aux amateurs d’écriture ?

Aller au bout de son rêve et lorsque c’est fini, relire, puis relire, puis relire encore, avec un dictionnaire des synonymes, avec un dictionnaire, avec le Bescherelle pour limiter le nombre de fautes (fortement réducteur pour le lecteur).

 

16/ Quels sont vos auteurs préférés ?

Racine, Molière, Jean de La Fontaine, Beaumarchais, Jean Giraudoux, mais aussi Maupassant, Stendhal, Balzac, Zola, Baudelaire, Rimbaud, Victor Hugo, Céline…

 

17/ Que lisez-vous en ce moment ?

Corneille Le Cid, La Neige en deuil Henri Troyat.

 

18/ Travaillez-vous sur de nouveaux projets ?

Oui, les suites des trois premiers puis sur les autres histoires où tous les personnages vont finir par se rencontrer, pour faire vivre ma SAGA !

 

19/ Avez-vous des dates d’événements à venir ?

Tous les samedis je suis en dédicace dans les Maisons de la Presse, Cultura et France Loisirs… jusque mi-mars, grand salon chapiteau du livre de Saint Cyr -Sur-Loire les 20 et 21 mai.

 

20/ Où peut-on suivre vos actualités ? Vos parutions ?

On peut suivre mes actualités littéraires sur Facebook/Séverine De Possel-Deydier Auteure

On peut suivre mon actualité d’artiste peintre sur Facebook/peintureSéverinedePossel-Deydier Artiste peintre.

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Le 8 février 2017

Séverine de Possel-Deydier

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 SONGES SANS RETOUR

De SEVERINE DE POSSEL-DEYDIER

 

Songes sans retour est une histoire mêlant émotions, sentiments, et amour charnel osé, voire très osé… Réalité ou fantasme? L’histoire vous dira tout sur la personnalité complexe et attachante d’Eva. Une histoire bouleversante sur la force des sentiments qui soulève la question de savoir jusqu’où sommes-nous prêts à aller par Amour ou pour plaire à l’autre?
Se fourvoyer n’est jamais sans conséquences…
Ce n’est pas Eva qui vous dira le contraire!
Il s’agit d’un roman court, efficace et facile à lire, que sauront apprécier autant les hommes que les femmes.
Vous reconnaîtrez-vous au travers de ces situations et de leurs personnages, dans votre réalité comme dans vos songes?

Depuis 20 ans, Séverine de Possel-Deydier partage ses passions entre écriture de romans érotiques et peinture, dans l’ombre d’une ascendance d’écrivain et de peintre. Après des moments difficiles et une santé fragile elle trouve dans l’écriture l’apaisement nécessaire;lui permettant d’exprimer son Amour pour la vie, l’Écriture et l’Art.

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LA DEUXIÈME VIE DE BOUCLE D’OR

De SEVERINE DE POSSEL-DEYDIER

La Deuxième vie de Boucle d’Or, est le deuxième roman de Séverine de Possel-Deydier. Ce conte moderne, pimenté de scènes érotiques, relance le débat de l’Amour à tout âge et le regard porté sur les couples à forte différence d’âge. Peut-on porter le même Amour à 15 ou à 50 ans et comment définir la limite entre la permission et la perversion ? Anaïs arrive aux urgences suite à un terrible accident de scooter. Cette adolescente à la fois absente et omniprésente, va bouleverser les codes et amener Pierre, son chirurgien à se poser de troublantes questions : qui est le plus pervers ? Son meilleur ami qui couche avec sa femme dans son dos depuis plusieurs années, ou le sauveur fou d’Amour qui fantasme sur sa protégée ?

 

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LA BELLE DU LUXEMBOURG

De SEVERINE DE POSSEL-DEYDIER

Après « Songes sans retour » et « La deuxième vie de Boucle d’Or ;», Séverine de Possel-Deydier a souhaité traiter la sexualité depuis un autre point de vue : celui de la jeunesse. « La Belle du Luxembourg» nous présente la vision à la fois fraîche et détachée de l’Amour, du sexe, des sentiments, d’un jeune homme de 20 ans.
C’est non sans maladresse mais avec beaucoup d’émotions que Benjamin, un jeune étudiant en droit nous confie ses ressentis et nous dévoile ses désirs d’Amour, de tendresse, dans un monde et un contexte où tout devient consommable et où la limite entre le réel et le virtuel reste parfois floue et imperceptible. Ce romantique des temps modernes apprend à découvrir son corps, son langage et son pouvoir à travers l’éveil de tous ses sens.

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Je remercie sincèrement Séverine de Possel-Deydier d’avoir eu l’amitié de se livrer à ce jeu des questions-réponses.

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Auteur, sculpteur, peintre, photographe, acteur, comédien, théâtreux, styliste, musicien, chanteur, colleur de papiers, en un mot artiste  sans discrimination de l’art pratiqué,

si vous aussi, vous êtes intéressé par mon écoute et la publication sur ce blog, merci de vous manifester par e-mail soit directement sur le site soit à l’adresse suivante : jlriguet@gmail.com.

La publication sur le site est ponctuelle au gré des réceptions des questionnaires.

Chaque chronique est ensuite partagée sur Facebook, Twitter, Linkedin, Google+, Pinterest et parfois Tumblr.

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Pour se manifester si vous êtes intéressé par le questionnaire :

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Tout sur mes livres :

https://sites.google.com/site/sitejeanlouisriguetauteur/home

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https://www.youtube.com/channel/UCcLyJcrYJkDfuM9zm6mfbCQ

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© Jean-Louis RIGUET 10 mars 2017

Sociétaire de la Société des Gens de Lettres et Membre de la Maison de l’Êcrivain et de la Littérature

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Riguet

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JL à l’écoute de … Thierry ROLLET

Des mots pour vous

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JL à l’écoute de …

Aujourd’hui Thierry ROLLET

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1/ Qui êtes-vous   (VOS Prénom et NOM) ? Quel est votre parcours ?

Thierry ROLLET

Né à REMIREMONT (VOSGES) en 1960. Se consacre à la littérature depuis l’âge de 15 ans. Sociétaire des Gens de Lettres de France. A publié son 1er ouvrage à 21 ans, en est actuellement à son 38ème ouvrage publié. D’abord enseignant, a fondé en 1999 l’entreprise SCRIBO (www.scribomasquedor.com ) qui s’occupe de diffusion de livres, de conseils littéraires aux auteurs désireux d’être publiés, d’édition avec sa filiale : les Éditions du MASQUE D’OR, de formation en français/anglais et d’un atelier d’écriture. Thierry ROLLET a publié des romans, des recueils de nouvelles, des récits historiques, ainsi que de nombreuses nouvelles en revues et sur Internet.

 

2/ Que faisiez-vous avant d’écrire ou parallèlement à l’écriture ?

J’étais professeur de français, anglais et sciences humaines. J’ai animé des ateliers d’écriture en collège et lycée.

 

3/ Qu’aimez-vous ou pratiquez-vous comme autre art ? La peinture ? La sculpture ? Le cinéma ? La photographie ? Le théâtre ? Quelle est votre passion ?

La littérature essentiellement. J’ai composé également des essais biographiques sur Édith Piaf, Léo Ferré et deux acteurs du cinéma fantastique : Boris Karloff et Bela Lugosi.

 

4/ Qu’attendez-vous de vos lecteurs, admirateurs ? Comment vous faites-vous connaître ? Comment allez-vous à leur rencontre ?

Je participe à des salons du livre et à des séances de dédicaces en librairies. Mes sites professionnel www.scribomasquedor.com et personnel http://ecrivainthierryrollet.e-monsite.com reçoivent une vingtaine de visiteurs chaque jour. J’ai également 2 pages sur Facebook.

 

5/ Faites-vous des rencontres, des lectures ou des conférences sur vos ouvrages ?

J’anime un atelier d’écriture par correspondance sur Internet. Il m’est arrivé de faire des conférences, notamment concernant mon essai biographique Léo Ferré artiste de vie avec l’université du temps libre.

6/ Depuis quand écrivez-vous ? Qu’avez-vous déjà écrit ?

J’ai publié à l’heure actuelle 38 livres. J’ai commencé à publier des nouvelles et des poèmes en revue dès l’âge de 15 ans. Mon premier roman Kraken ou les Fils de l’océan a été publié quand j’avais 21 ans. Je n’ai jamais cessé d’écrire depuis.

 

7/ Quel est votre dernier livre ? Pouvez-vous nous en parler ?

Mon dernier livre est un essai biographique intitulé Deux monstres sacrés : Boris Karloff et Bela Lugosi (éditions Dédicaces).

4ème de couverture : « Le tournage des premiers films d’épouvante coïncide avec la création du cinéma proprement dit. Divers acteurs ayant connu des débuts sur les planches se verront alors proposer des rôles de personnages emblématiques de la littérature fantastique gothique. Ce fut le cas de Boris Karloff et de Bela Lugosi, mondialement reconnus pour leurs interprétations du monstre de Frankenstein et du comte Dracula. Deux monstres sacrés au double sens du terme, donc. Deux destinées parfois unies sur l’écran, quoique très divergentes dans la vie comme dans la carrière. Deux personnalités ayant servi à merveille un style difficile par leur aptitude à s’adapter à des exigences que leurs rôles respectifs rendaient souvent tyranniques. Deux carrières exemplaires sur bien des points, dont l’histoire se lit comme un roman d’aventures et qui donnent son sens véritable à l’expression « pionniers du cinéma ». Tels sont les éléments qui constituent ce livre. »

 

8/ Où peut-on se procurer vos ouvrages ?

Toutes les librairies peuvent me les commander, ainsi qu’à mes éditeurs. On peut également les commander sur mes sites : www.scribomasquedor.com et http://ecrivainthierryrollet.e-monsite.com

 

9/ Quelle est votre position par rapport aux publications à compte d’éditeur, à compte d’auteur ou à compte participatif ? Aux e-book ?

Le compte d’auteur peut être honnête à condition de respecter 3 principes fondamentaux :

  • le contrat doit mentionner très clairement « édition à compte d’auteur » avec les références légales ;
  • c’est l’auteur qui choisit le nombre d’exemplaire à imprimer puisque c’est lui qui les paie ; toute nouvelle réimpression doit donner lieu à un nouveau contrat ;
  • l’éditeur doit lui proposer (non lui imposer) un service de publicité et de diffusion.

Le compte participatif ne doit pas masquer un compte d’auteur abusif. Exemple : faire croire à l’auteur qu’il ne paie que la maquette d’un livre contre 2000 ou 3000 € est une arnaque.

Les e-books constituent un nouveau support fort intéressant pour le livre, étant donné qu’il peut être interactif (on peut, par exemple, cliquer sur des liens Internet contenus dans le texte). Bien entendu, ils ne remplaceront jamais le livre en tant qu’objet car ils ne sont qu’un contenu.

 

10/ Quel est le conseil le plus important que-vous-ayez reçu ? Pas forcément pour les livres ?

Persévérer, même en cas de mévente. Un livre n’est jamais qu’un produit sur le marché qui subit la loi du marché. Le métier d’écrivain, il faut l’aimer passionnément pour le vivre et le poursuivre.

 

11/ Que préférez-vous écrire ou lire : des romans, des poésies, des essais, des nouvelles, des biographies ?

 Des romans essentiellement. Je m’intéresse aussi à la poésie, ainsi qu’aux ouvrages d’histoire ou de vulgarisation scientifique.

 

 12/ Comment écrivez-vous ? 

Sur ordinateur, de préférence l’après-midi. Il peut m’arriver de travailler sur plusieurs livres en même temps, selon l’inspiration du moment.

 

13/ Où puisez-vous votre inspiration ? Avez-vous eu des commandes d’ouvrages ?

L’inspiration vient toute seule, il n’y a pas de recette. Je reçois des commandes assez régulières. Bien entendu, il y aura toujours tel ouvrage qui se vendra mieux que tel autre sans que l’on puisse savoir pourquoi : c’est la loi du marché.

 

14/ Comment construisez-vous vos intrigues, vos personnages ? Vos personnages sont-ils toujours imaginaires ?

Non, mes personnages peuvent être historiques (exemples : Jeanne d’Arc et Gilles de Rais) ou être fictifs mais évoluer dans un cadre réaliste : cela constitue l’essentiel de mon inspiration. Même si j’ai beaucoup lu d’ouvrages de l’imaginaire, je l’ai peu pratiqué. J’ai toujours un plan préparé avant de rédiger un ouvrage, mais je peux le modifier fréquemment en cours de rédaction.

 

15/ Quel conseil donneriez-vous aux amateurs d’écriture ?

Persévérez, aimez ce métier : c’est la seule façon de ne jamais être déçu même en cas de mévente. Et surtout, ne considérez jamais le fait d’écrire comme un loisir : c’est toujours un métier avec toutes les conséquence et toutes les exigences qui s’y rattachent.

 

16/ Quels sont vos auteurs préférés ?

Henri Troyat, Albert Camus, Emile Zola, Guy de Maupassant.

 

17/ Que lisez-vous en ce moment ?

La Vie quotidienne en Russie au temps du dernier tsar de Henri Troyat.

 

18/ Travaillez-vous sur de nouveaux projets ?

Oui, mais chut ! Je n’aime pas en parler avant qu’ils soient prêts. J’ai toujours de nouveaux projets en tête.

 

19/ Avez-vous des dates d’événements à venir ?

Trois salons du livre :

  • à Monéteau (Yonne) le 26 octobre ;
  • à Courson les carrières (Yonne) le 30 novembre :
  • à Sens (Yonne) le 14 décembre.

 

20/ Où peut-on suivre vos actualités ? Vos parutions ?

Essentiellement sur mon site personnel http://ecrivainthierryrollet.e-monsite.com et sur mes pages Facebook.

 

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Le 7 octobre 2014

Thierry ROLLET

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2 monstres sacrés

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Extrait de DEUX MONSTRES SACRES

CHAPITRE 1
Où les chemins se croisent
Voici donc deux acteurs fétiches du cinéma fantastique qui se croisent et vont bientôt
faire connaissance.
La plupart des critiques considèrent d’ailleurs que la célébrité montante de Boris
Karloff et de Bela Lugosi doit beaucoup à ce que l’on appelle maintenant « l’âge d’or du
cinéma fantastique », qui doit lui-même sa renommée au 7ème Art en général : bien loin d’être
une simple mode, comme l’avaient prédit – ou espéré ? – les plus chauds partisans du théâtre,
le cinéma muet puis parlant devint un véritable phénomène social qui ne s’est jamais démenti,
puisque, de nos jours, on peut même le recevoir d’une façon très privée sous forme de VOD
sur un smartphone. À cette époque, les salles de théâtre se vidaient au profit des salles
obscures, où le film noir supplantait le mélodrame des planches. Rien d’étonnant, dans ces
conditions, à ce que ce véritable tsunami culturel servît de tremplin – un mot bien faible ! – à
la carrière de nos deux acteurs.
Star d’un jour, star toujours : c’est ce qu’il advint de Bela Lugosi dès qu’il eut
interprété le rôle du comte Dracula. Je l’ai dit : ce fut surtout ce regard quasi-hypnotique, bien
mis en évidence par un éclairage blafard et rendu cruel et terrifiant par sa fixité glacée, qui fit
la célébrité de l’acteur hongrois – alors que Tod Browning comptait sans doute sur l’accent
étranger de Lugosi pour assurer une interprétation convaincante du vampire transylvanien. En
vérité, Lugosi put conjuguer la chance avec le talent puisque Lon Chaney, à la fois maquilleur
et acteur, avait été pressenti en premier pour interpréter Dracula. Le sort en décida autrement
puisque Lon Chaney mourut en 1930 et que le film fut tourné et sortit l’année suivante. Il
n’est pas interdit de penser, par ailleurs, que ce fut Tod Browning qui usa de son influence
pour qu’en définitive, Bela Lugosi fût retenu.
Bien souvent, le cinéma contribua à la renommée d’une star en la confinant dans le
même rôle ou dans le même genre de films : Armando Catalano alias Guy Williams ne tourna
que dans les 80 épisodes de Zorro chez Walt Disney ; Douglas Fairbanks brilla dans le genre
cape et épée ; Gary Cooper remporta la palme des films d’aventures à grand spectacle… C’est
ainsi que Bela Lugosi devint, du jour au lendemain, star du cinéma d’épouvante, et ce durant
les dix-sept années qui suivirent le Dracula de Tod Browning. C’est en effet durant cette
période que les studios Universal produisirent une cinquantaine de films de terreur issus pour
la plupart de la littérature fantastique gothique, avec Bela Lugosi comme interprète privilégié.
C’est à ce moment que Bela Lugosi fut pressenti pour jouer le rôle du monstre de
Frankenstein, dans l’adaptation qu’en fit James Whale. J’ai dit dans le chapitre précédent qu’il
était déjà engagé dans l’interprétation du docteur Mirakle dans Double assassinat dans la rue
Morgue. Cependant, des rumeurs de studios prétendent que Bela Lugosi avait refusé le rôle du
monstre, alors que le célèbre maquilleur Jack Pierce lui avait déjà fait essayer le masque. À
cette époque, un acteur sous contrat ne pouvait se permettre de refuser un rôle, surtout
lorsqu’il devenait une valeur montante : plus dure alors, plus définitive aussi, eût été sa
chute ! Les rumeurs précisent même que Lugosi aurait décliné ce rôle parce qu’il était muet !
Il est vrai cependant que le réalisateur pressenti pour tourner le film n’était pas alors James
Whale, mais Robert Florey. Le renvoi de ce dernier changea donc la donne. Celle-ci profita
alors à Boris Karloff, en lui permettant à son tour d’être éclairé en véritable vedette américaine
par les plus puissants projecteurs ! De ce croisement de carrière, les deux acteurs n’en furent pas vraiment conscients à ce
moment-là puisqu’ils ne se connaissaient pas personnellement – rien, en tous cas, ne permet
de l’affirmer. Il fallut que la volonté expresse d’Universal s’en mêlât pour que Boris Karloff
et Bela Lugosi se rencontrent effectivement, pour tourner ensemble, dans le Chat noir en
1934.
À cette époque, Boris Karloff avait souhaité opérer de lui-même un tournant dans sa
carrière, à moins qu’il ne s’agît d’y ouvrir une parenthèse. Devenu star, il ne parvenait pas à
se faire une place dans ce monde frelaté, fuyant les réceptions mondaines de ce milieu au
profit de sa vie de famille : marié et père d’une petite fille, il conservait – contrairement à
Bela Lugosi, semble-t-il – le souci de poursuivre sa vie privée sans qu’elle fût envahie de
mondanités. De plus, son nouveau statut de vedette lui semblait aller de pair avec une
augmentation de son cachet, qu’il ne pouvait obtenir d’Universal. Il quitta donc Hollywood
pour la Gaumont British de Londres – un retour aux sources, donc ! – qui lui offrit un rôle
dans le Fantôme vivant. Malheureusement, le public ne suivit pas et Boris Karloff se vit une
nouvelle fois rattrapé par l’Amérique : il avait tourné la Momie deux ans auparavant –
toujours avec James Whale – et s’était encore attiré les louanges des critiques et une
popularité sans faille. Le Fantôme vivant, qui raconte l’histoire d’une égyptologue qui émerge
de l’au-delà pour réclamer une pierre volée, fut perçu comme une pâle copie de la Momie,
plus apte à desservir l’acteur principal qu’à assurer sa renommée.
Boris Karloff regagna donc les États-Unis et revint frapper à la porte d’Hollywood, où
les studios Universal, ayant eux aussi compris la leçon, lui offrirent un contrat plus
avantageux, où il bénéficiait – faveur insigne ! – de la liberté de tourner pour d’autres firmes
si le cœur lui en disait : à tout seigneur tout honneur, on est star ou on ne l’est pas !
Ce fut alors que s’imposa l’idée de faire tourner Karloff et Lugosi dans un film
commun. Je le répète, les deux stars ne devaient se connaître que de réputation et ne s’étaient
jamais rencontrées puisque Boris Karloff, contrairement à Bela Lugosi, fuyait les réceptions
mondaines où acteurs et producteurs se montraient sur les mêmes plateaux ! De cette première
rencontre naquit le véritable choc du Chat noir, quelque peu inspiré du conte d’Edgar Poe1
.
Je dis « quelque peu » car le scénario du film prend bon nombre de libertés avec
l’intrigue du conte. Ici, il ne s’agit pas d’un époux sombrant dans l’alcoolisme, puis
assassinant sa femme et la dissimulant dans un mur, sans s’apercevoir que son animal favori,
un chat noir, se fait emmurer lui aussi pour mieux le trahir ensuite par ses miaulements
désespérés. Le Chat noir de Carl Lemmle est le récit d’une lutte entre Verdegast (Bela
Lugosi) et Poelzig (Boris Karloff) : le premier accuse le second, chef d’une secte satanique,
d’avoir fait disparaître sa femme et sa fille. Un jeune couple rencontré par Verdegast dans le
train est étrangement mêlé à cette intrigue ; étrangement car on se demande, tout au long de ce
film qui passerait aujourd’hui pour un court-métrage – il ne dure que 65 minutes –, quelle est
au juste l’utilité de ce couple, si ce n’est d’embrouiller l’affrontement entre les deux vedettes,
sans pour autant faire pâtir leur jeu d’acteur, toujours révélateur de leur aptitude à jouer des
personnages cyniques et animés d’une cruauté ou d’une détermination sans faille. Quant au
chat noir proprement dit, il n’apparaît que fortuitement, dans une seule scène : on veut de
toute évidence faire comprendre au spectateur qu’il est l’incarnation de l’esprit satanique qui
règne dans cette demeure, tout au long de ce huis-clos qui est censé se dérouler en Hongrie –
mais oui ! –, bien que l’on n’aperçoive rien de typique dans les rares scènes d’extérieurs.
La sagesse du réalisateur et du scénariste fut de donner dans l’intrigue une importance
égale à Boris Karloff et à Bela Lugosi. Ce fut également le cas dans le Corbeau, tourné
l’année suivante. Là encore, les deux personnages s’affrontent, bien que l’un, le criminel
Bateman (Boris Karloff) sollicite tout d’abord l’aide du docteur Vollin (Bela Lugosi) pour une

1
Publié dans les Nouvelles histoires extraordinaires, traduites par Charles Baudelaire. opération de chirurgie esthétique. Cependant, l’intrigue se complique par l’intervention de la
famille Thatcher, dont le docteur Vollin souhaite épouser la fille. Au contraire du Chat noir,
c’est le personnage de Bateman qui joue les trouble-fête, au lieu du jeune couple dans le film
précédent. L’empreinte d’Edgar Poe est toujours évoquée dans ce scénario, d’une façon plus
évidente encore d’ailleurs puisque c’est le docteur Vollin qui s’en inspire, en ayant aménagé
une salle de torture dans sa cave avec, pour instrument dominant, le pendule meurtrier
présenté dans le conte le Puits et le pendule. La fin transforme le criminel Bateman en héros
positif puisqu’il se rachète en délivrant Thatcher, l’empêchant ainsi d’être égorgé par le
terrible pendule. La morale sera sauvée puisque c’est le sinistre Vollin lui-même qui périra
dans sa propre cave.
Par la suite, Boris Karloff et Bela Lugosi tourneront huit films ensemble

2
. Pourtant,
c’est seulement dans les deux premiers qu’ils seront traités à égalité : par la suite, ce fut tantôt
l’un, tantôt l’autre qui se retrouva cantonné dans un rôle secondaire. Pire encore, ce fut Bela
Lugosi qui fut le plus souvent défavorisé par rapport à Boris Karloff. La petite histoire ne dit
pas s’il conserva de la rancune ou de l’envie vis-à-vis de son partenaire. Cependant, d’après
Karloff, ce placement au second plan n’était dû principalement qu’aux difficultés qu’éprouvait
Bela Lugosi à se familiariser avec l’anglais : si son accent était apprécié, sa diction souffrit
toujours de cet aspect récité que prenaient les textes anglais dans sa bouche. Laissons Boris
Karloff commenter lui-même ce véritable handicap vocal : « Le pauvre Bela, c’était bizarre.
C’était pourtant un homme de talent, réservé et sensible, qui fit une belle carrière dans le
théâtre classique en Europe. Il a malheureusement commis une erreur fatale, celle de ne
s’être jamais donné le mal d’apprendre notre langue… Il avait vraiment des problèmes au
niveau du langage et ne savait pas dire un texte. »

3
Lisez la suite dans Deux monstres sacrés : Boris Karloff et Bela Lugosi
Essai biographique de Thierry ROLLET – éditions Dédicaces

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Je remercie sincèrement Thierry Rollet d’avoir eu l’amitié de se livrer à ce jeu des questions-réponses.

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Auteur, si vous aussi, vous êtes intéressé par mon écoute et la publication sur ce blog, merci de vous manifester par e-mail soit directement sur le site soit à l’adresse suivante : jlriguet@gmail.com.

La publication sur le site sera ponctuelle au gré des réceptions des questionnaires.

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Pour se manifester si vous êtes intéressé par le questionnaire :

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Jean-Louis RIGUET 11 octobre 2014

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Sociétaire de la Société des Gens de Lettres, Membre du Bottin International des Professionnels du Livre et de la Maison de l’Ecrivain et de la Littérature

Liens :

https://librebonimenteur.wordpress.com/

https://sites.google.com/site/sitejeanlouisriguetauteur/home

http://www.riguetauteurlivres.com/

http://riguet-jean-louis.e-monsite.com/

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