Les corps brisés, Elsa Marpeau

Les corps brisés

Elsa Marpeau

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GALLIMARD éditions

Série noire

 240 pages – Avril 2017 – Prix 19 €

ISBN 978 2 07 272742 9

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http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Serie-Noire/Romans-noirs/Les-corps-brises

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Quatrième de couverture

Sarah est une coureuse de rallye reconnue dans un milieu hautement macho. Un jour, lors d’une « spéciale », elle sort de route. Son coéquipier meurt sur le coup et elle se retrouve plongée dans le coma, avant de se réveiller paralysée des deux jambes. Elle intègre un centre hospitalier perdu en haute montagne, où rayonne un médecin que tout le monde surnomme le « docteur Lune ».

Brisée physiquement et psychologiquement, Sarah développe une dépression paranoïaque, qui atteint son paroxysme quand la patiente qui partage sa chambre disparaît. Pour le personnel, il ne s’agit que d’une fugue, mais Sarah est convaincue qu’il n’en est rien …

Inspiré d’un fait divers réel, Les corps brisés est un thriller plaçant avec son lot d’angoisses et de rebondissements, qui se termine sur un huis clos étouffant. L’auteure y dresse un sombre constat sur la place des handicapés dans notre société moderne qui donne la priorité à l’efficacité et à la performance.

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Extraits :

Page 17

Elle doit gagner. Elle accélère. La vitesse la grise. La voiture glisse. Elle est à deux cents kilomètres-heure, maintenant. Son copilote lui dit quelque chose, il veut l’alerter sur une note qu’elle a prise lors des repérages. Un virage dangereux. Elle se tourne légèrement pour lui répondre. Revient vers la route. Trop tard. Sur sa droite, un talus d’herbe et de terre. Les poteaux électriques forment des bornes irréelles. Un passage d’ombre, puis le soleil à nouveau, éblouissant. Son halo irisé brouille son champ de vision. Les couleurs se décomposent, formant un bouquet arc-en-ciel sur la vitre. Sur sa gauche, la roche affleure, couverte d’herbes, de mousses. Des sapins s’élancent en hauteur comme un mur éternellement vert.

Page 35

Allongée dans le lit médicalisé, Sarah observe ses jambes inertes. Ses jambes mortes, qui pourtant ont commencé à la faire souffrir. Depuis quelques jours, elle est réveillée la nuit par d’atroces crampes contre lesquelles elle ne peut pas lutter car cela supposerait justement de se mouvoir, poser ses pieds au sol, tendre et détendre les muscles. Elle s’efforce de se rappeler qu’un jour, il n’y a pas si longtemps, elles ont été fuselées, douces et musclées. Mais le souvenir reste plaqué, on dirait qu’elle l’invente.

Page 50

Personne ne l’a prévenue que, en plus du reste, elle souffrirait de constipation ; personne ne l’a prévenue non plus qu’elle arrêterait d’avoir ses règles. Plus rien. D’un coup, son corps a refusé de saigner. Le tuyau s’est coupé net. Les ovules se sont recroquevillés sur eux-mêmes. La matrice s’est refermée. Son organisme s’est mis sur pause. Il s’est figé.

Sarah ne s’est jamais vraiment habituée à être déshabillée, frottée, torchée. La pire des pertes, à l’hôpital comme en soins de suite, c’est celle de l’intimité. N’être nulle part à l’abri des regards. Nulle part où l’on puisse baiser, pisser, respirer, vivre hors d’atteinte.

Page 105

Après le départ d’Alexandre, Sarah se redresse, parvient à s’asseoir et, maniant la télécommande pour faire descendre le lit le plus bas possible, glisse dans son fauteuil. C’est une de ses dernières victoires. Désormais, grâce à la force de ses bras et de ses abdominaux, elle peut se soulever entièrement et se déplacer sans aide dans tous les lieux conçus pour un fauteuil roulant; Ces progrès, elle les doit à l’assiduité du kiné, Luc Ferrier, qui jour après jour s’acharne sur son corps. Le tord, le masse, le rafistole.

Elle enfile une robe qu’elle passe par la tête et dont elle tirer l’ourlet sur ses cuisses. Depuis l’accident, se préparer est devenu une épreuve lente et complexe. Elle a beau se dépêcher, ses gestes doivent paraître d’une infinie lenteur aux yeux d’un étranger.

Page 125

Ici, en haut, elle a fait un apprentissage forcé de la contemplation. Elle sait maintenant les bleus des crêtes rocheuses, les verts de la forêt selon l’heure du jour. Même le printemps est différent entre avril et mai. La qualité de lumière, toujours éblouissante, a changé. Les brumes matinales ont définitivement disparu, laissant place à des tons roses irisés dès les premières lueurs de l’aube. Elle a appris à guetter les signes du monde extérieur et leurs infimes variations, en même temps qu’elle a développé ses facultés de réflexion.

Page 173

Dans le parc, les pensionnaires vaquent à leurs activités ordinaires. Ils tapent le carton, fument de pathétiques cigarettes roulées, attendent. Dans ce clair-obscur où l’ennui règne en maître, dans ce monde en demi-teinte le plus proche possible de ce que pourrait être l’enfer, tous acceptent leur sort en courbant l’échine. Au fond, ils arrivent au centre déjà détraqués, humiliés, battus, déchiquetés. Déjà à bout de souffle. Déjà morts. Contrairement aux autres, les gens de là-bas, ils prennent l’habitude de supporter le pire. Le départ de Clémence a constitué pour elle une dernier sursaut, l’ultime refus de se contenter de son sort. Désormais, Sarah se dit qu’elle doit devenir comme eux. Se résigner.

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Ce que j’en pense

Je viens de terminer la lecture des Corps Brisés et il est difficile d’en ressortir indemne.

La jeune femme est sûre d’elle, elle veut gagner devant son rival masculin depuis longtemps. La voiture va vite, très vite, trop vite. C’est le début d’un calvaire. Aggravé par la volonté des hommes avides.

L’atrocité contée, avec talent il faut le souligner, existe-t-elle vraiment ? On n’ose l’imaginer et pourtant c’est une histoire réelle qui a conduit l’auteure à écrire ce roman noir. Inhumain, atroce, terrible, ces mots, ces maux, sont décrits avec une soif de détail dans une méticulosité froide et clinique.

Le ton est torturé à l’image des souffrances de Sarah. On perd la réalité des mots pour s’échapper dans la vérité criante du virtuel vrai. La vulnérabilité de Sarah est décrite avec précision, ainsi que sa psychose, ses ressentis, ses pensées. J’ai mal pour elle. L’auteure raconte parfaitement le milieu très particulier de l’hôpital et l’atmosphère qui y règne et qui, parfois, confine au fantastique. Les situations de faiblesse des patients, les émotions, même les sensations, sont relatées avec minutie.

Le style est haletant, l’écriture est vive, les phrases sont courtes. On a envie à la fois de connaître la suite mais sans aussi ne rien rater, tant les détails sont importants. Sarah est-elle devenue folle ou est-ce le lecteur qui le devient ?

Plusieurs niveaux de lecture cohabitent. Thriller noir et cruel. Introspection précise de Sarah. Navigation dans la folie, sur les bords de la folie. Emprisonnement du corps et de l’esprit. Nudité de la souffrance. Réappropriation de l’être en rééducation. Sentiment de destruction, d’inutilité de la vie, d’angoisse, de tension. Enfermement des corps brisés. Détresse psychologique. Perversité des hommes. Mais aussi espoir dans la rééducation, dans la réparation des handicaps.

C’est un huit clos angoissant sur l’handicap et le réapprentissage de la vie.

C’est une réussite. Ce roman noir dépeint une histoire cruelle dans un style que j’aime. Je vous le recommande.

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L’AUTEURE

Elsa Marpeau a grandi à Nantes, s’est installée à Paris et a vécu à Singapour. Après Les yeux des morts (prix Nouvel Obs-BibliObs du roman noir 2011), et L’expatriée (prix La plume de cristal 2013), elle continue à tracer son sillon dans le champ du roman noir français avec Les corps brisés, son cinquième livre dans la Série Noire.

Du même auteur

Aux Editions Gallimard

Les yeux des Morts, Série Noire, 2010 (Folio Policier n° 656)

Black Blocs, Série Noire, 2012

L’expatriée, Série Noire, 2013 (Folio Polivier n° 736)

Petit éloge des brunes (Folio 2€, 2013)

Et ils oublieront la colère, Série Noire, 2015

Chez d’autres éditeurs

Recherche au sang, Editions du Félin, 2003

En pièces, Editions du Panama, 2006

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Si vous souhaite en savoir plus sur Elsa Marpeau, suivez ce lien :

https://librebonimenteur.net/2016/03/10/jl-a-lecoute-de-elsa-marpeau/

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Un livre à lire absolument !

 

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Tout sur mes livres :

https://sites.google.com/site/sitejeanlouisriguetauteur/home

https://lecriveurjeanlouisriguet.blogspot.fr/

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Jean-Louis RIGUET 10 juin 2017

Sociétaire de la Société des Gens de Lettres

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Riguet

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JL à l’écoute de … Jacques Baillon

Des mots pour vous

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JL à l’écoute de …

Aujourd’hui Jacques Baillon

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1/ Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Jacques Baillon. Je m’intéresse depuis toujours à la faune sauvage et accessoirement à son histoire dans notre région. Cela m’a amené à effectuer des recherches à caractère historique (et anecdotique) sur diverses espèces, en particulier le loup.

 

2/ Que faisiez-vous avant d’écrire ou parallèlement à l’écriture ?

Outre une activité professionnelle passée qui n’a rien à voir avec la nature, j’ai pratiqué un peu la photographie animalière au cours de nombreux voyages (à l’époque de l’argentique !) et j’ai également participé à un certain nombre d’animations, expositions, colloques etc. sur les grands prédateurs. J’ai également eu une activité associative soutenue en rapport avec ce goût pour l’environnement naturel.

 

3/ Qu’aimez-vous ou pratiquez-vous comme autre art ? La peinture ? La sculpture ? Le cinéma ? La photographie ? Le théâtre ? Quelle est votre autre passion ?

1d997f94642933f3a4ae74c777b8e687Je ne pratique rien d’autre, mais au fil du temps j’ai appris à apprécier certaines formes artistiques, en tant que spectateur, comme la musique ou la danse.

 

4/ Qu’attendez-vous de vos lecteurs, admirateurs ? Comment vous faites-vous connaître ? Comment allez-vous à leur rencontre ?

J’ai fait 9 bouquins (en 30 ans) dont la plupart étaient destinés à un public de naturalistes ou d’amateurs d’histoire locale. J’utilise Internet (blog + Facebook) pour en faire la promotion, ou la presse locale quand l’occasion se présente.

 

5/ Faites-vous des rencontres, des lectures ou des conférences sur vos ouvrages ?

Oui, j’en ai fait beaucoup (sur le loup) dans de nombreuses bibliothèques, associations, lieux divers. J’ai aussi participé à l’organisation de colloques sur les grands prédateurs (ours, loup, lynx) dans les années 2000 avec mes amis du Muséum d’Orléans.d2d662b0068eed0b2a67ef9ca2ab1272

 

6/ Depuis quand écrivez-vous ? Qu’avez-vous déjà écrit ?

Mon premier bouquin a été édité, au profit d’une association, en 1990. Il s’agissait de « Nos derniers loups ». Il s’est très bien vendu (4 000 exemplaires) sans doute parce qu’il n’existait pas beaucoup de livres sur le sujet, à l’époque. Il a été réédité en 1991. Ensuite il y a eu un « creux » de quelques années et en 2011, les éditions CPE de Romorantin ont édité « Le loup, autrefois, en forêt d’Orléans ». On en trouve encore quelques exemplaires dans le commerce. Ensuite, je me suis autoédité plusieurs autres ouvrages, toujours sur l’histoire régionale du loup : « Le loup, autrefois, en Beauce », « Le loup, autrefois, en Sologne » et deux essais : « Le loup, en France, au vingtième siècle » et « Drôles de loups et autres bêtes féroces ». Je me suis aussi autoédité un petit ouvrage de référence sur le lynx : « Le lynx, autrefois, en France, ressources bibliographiques ». Enfin, en 2016, les éditions du Jeu de l’Oie m’ont édité « Faune sauvage des temps jadis » un recueil d’anecdotes et d’observations anciennes sur la faune de la région (toutes espèces confondues).

 

7/ Quel est votre dernier livre ? Pouvez-vous nous en parler ?

938f458942407eb42ea465f692403c4d« Faune sauvage des temps jadis » donne la parole aux anciens observateurs de la nature.

Présentation : Ils étaient médecins, forestiers, chasseurs, écrivains, collectionneurs, agriculteurs, savants, curés, taxidermistes, rentiers… Du XVIIIsiècle au début du XXsiècle, ces premiers observateurs de la faune sauvage ont, par leurs ouvrages, articles, notes et remarques, ouverts la voie aux connaissances naturalistes actuelles. C’est donc à un voyage dans le temps, au travers de leurs travaux et d’autres textes anciens, que vous convie ce nouveau livre de Jacques Baillon qui privilégie l’anecdote et le pittoresque. Le terrain de chasse arpenté englobe la Sologne, l’Orléanais, la Beauce, le Gâtinais, et leurs environs. Il va de l’Île-de-France aux confins du Berry, frôle la Touraine et la Bourgogne. Publié à l’occasion des 70 ans de l’association « Loiret Nature Environnement » il comporte un chapitre sur l’histoire de cette association dont le président d’honneur fut Maurice Genevois.

 

8/ Où peut-on se procurer vos ouvrages?

Les deux premiers bouquins (Nos derniers loups et le loup, autrefois, en forêt d’Orléans) se trouvent maintenant principalement sur le marché de l’occasion voire chez certains libraires. Le dernier « Faune sauvage des temps jadis » est publié aux éditions du Jeu de l’Oie à Châteauneuf sur Loire. Les ouvrages autoédités peuvent être commandés par internet (par les particuliers et par les libraires) sur le site thebookedition.com (http://www.thebookedition.com/fr/24136_jacques-baillon).383f8be0ee937f1e7f572493dca88d87

 

9/ Quelle est votre position par rapport aux publications à compte d’éditeur, à compte d’auteur ou à compte participatif ? À l’e-book?

Le compte d’auteur revient à faire payer l’auteur pour acquitter les frais d’impression. Il faut le savoir avant de signer un contrat d’édition. L’« autoédition » a l’inconvénient de ne pas permettre une diffusion efficace, mais ça ne coûte rien et on peut produire son bouquin tout seul, si personne n’en veut. À compte d’éditeur, c’est évidemment mieux, du moins quand l’éditeur cherche réellement à diffuser et à vendre. Je ne connais pas le système du « compte participatif » et je n’ai pas essayé l’e-book.

 

10/ Quel est le conseil le plus important que vous ayez reçu ? Pas forcément pour les livres ?

Un jour, j’ai eu l’occasion de discuter avec un cadre commercial de chez Gallimard et je lui ai demandé comment il fallait s’y prendre pour assurer la promotion d’un bouquin ou pour estimer les possibilités de vente. En guise de réponse, il m’a demandé comment j’avais fait, moi, en tant que petit amateur, pour vendre 4 000 exemplaires de mon premier bouquin. J’ai donc expliqué que j’avais fait comme je pouvais, de manière empirique, en sollicitant la presse etc. (Internet n’existait pas à l’époque) et en y passant tout mon temps, et il m’a répondu : « Les professionnels n’ont pas non plus de recette magique, continuez comme ça ». Du coup, ce conseil m’a paru sympa et j’ai continué. La seule limite est le temps disponible que l’on peut consacrer à cette partie « commerciale » de l’existence d’un livre. Évidemment, il ne faut pas compter là-dessus pour réaliser des ventes extraordinaires, mais le but principal est de se faire plaisir et peut-être d’apporter de temps en temps aux passionnés d’un sujet, des informations qu’ils ignoraient. C’est finalement le principal.63d25b5bb01c675340c60fc73d9cd930

 

11/ Que préférez-vous écrire ou lire : des romans, des poésies, des essais, des nouvelles, des biographies ?

Peu de goût pour les romans. Les documentaires ou ouvrages spécialisés m’intéressent davantage.

 

12/ Comment écrivez-vous ?

Avec mon ordinateur (les plumes d’oie sont devenues introuvables de nos jours).

 

386873251b8ac3dcaa630c1904da13d613/ Où puisez-vous votre inspiration ? Avez-vous eu des commandes d’ouvrages ?

Une commande (par CPE) pour « Le loup, autrefois, en forêt d’Orléans » en 2011. C’est l’exploitation de la documentation accumulée (archives, etc.) qui permet ensuite de « construire » la trame de l’ouvrage. La recherche d’information nourrit l’inspiration et vice versa.

 

14/ Comment construisez-vous vos intrigues, vos personnages ? Vos personnages sont-ils toujours imaginaires ?

Jamais imaginaires, toujours réels dans mon cas.

 

15/ Quel conseil donneriez-vous aux amateurs d’écriture ?

Voir si le projet intéresse un éditeur avant de tremper sa plume dans l’encrier. Faire le contraire complique considérablement le projet !8cf8a1ee64859e13400f0b8661bb8bb0

 

16/ Quels sont vos auteurs préférés ?

Les auteurs naturalistes anciens et les chroniqueurs de toutes sortes : forestiers, chasseurs, érudits divers.

 

17/ Que lisez-vous en ce moment ?

Je fais partie d’un groupe de discussion sur la « Bête du Gévaudan » assez actif et ça occupe tout mon temps de lecture disponible !

 

18/ Travaillez-vous sur de nouveaux projets ?

Non, ça mûrira peut-être un jour, mais pour le moment, c’est plutôt le temps du repos 🙂bcaf07f9bf6de57cda122adcc43c3213

 

19/ Avez-vous des dates d’événements à venir ?

La principale : mai 2017 au Festival du livre Nature au Blanc dans l’Indre où un de mes bouquins a été présélectionné pour concourir au « prix » de l’Édition 2017 du festival.

 

20/ Où peut-on suivre vos actualités ? Vos parutions ?

Principalement sur ma page Facebook et sur un blog où j’ai placé des extraits de mes bouquins : son nom, « Le bestiaire d’Ysengrin » (http://bestiairedysengrin.monsite-orange.fr) et les images de toute ma « production » passée et récente

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Le 27 février 2017

Jacques Baillon

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Je remercie sincèrement Jacques Baillon d’avoir eu l’amitié de se livrer à ce jeu des questions-réponses.

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Auteur, sculpteur, peintre, photographe, acteur, comédien, théâtreux, styliste, musicien, chanteur, colleur de papiers, en un mot artiste  sans discrimination de l’art pratiqué,

si vous aussi, vous êtes intéressé par mon écoute et la publication sur ce blog, merci de vous manifester par e-mail soit directement sur le site soit à l’adresse suivante : jlriguet@gmail.com.

La publication sur le site est ponctuelle au gré des réceptions des questionnaires.

Chaque chronique est ensuite partagée sur Facebook, Twitter, Linkedin, Google+, Pinterest et parfois Tumblr.

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Pour se manifester si vous êtes intéressé par le questionnaire :

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Tout sur mes livres :

https://sites.google.com/site/sitejeanlouisriguetauteur/home

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https://www.youtube.com/channel/UCcLyJcrYJkDfuM9zm6mfbCQ

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© Jean-Louis RIGUET 01 mars 2017

Sociétaire de la Société des Gens de Lettres et Membre de la Maison de l’Êcrivain et de la Littérature

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Riguet

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JL à l’écoute de … Noann Lyne

Des mots pour vous

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JL à l’écoute de …

Aujourd’hui Noann Lyne

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1/ Qui êtes-vous   (VOS Prénom et NOM) ? Quel est votre parcours ?

Noann Lyne. Le prénom c’est Noann et pas Lyne. Mais si certains préfèrent retenir Lyne, et penser que c’est une belle blonde pulpeuse, pourquoi pas ?

Je me spécialise depuis un an dans le domaine de la séduction et de l’érotisme, après avoir fait une carrière bien remplie…

 

2/ Que faisiez-vous avant d’écrire ou parallèlement à l’écriture ?

Je m’occupe principalement de mes investissements immobiliers. Avant, j’ai travaillé comme scientifique à l’université puis dans des bureaux d’étude, spécialisés en micro-processeurs et aéronautique.

 

3/ Qu’aimez-vous ou pratiquez-vous comme autre art ? La peinture ? La sculpture ? Le cinéma ? La photographie ? Le théâtre ? Quelle est votre passion ?

Je n’y connais rien en art. Je cherche à comprendre depuis vingt ans comment écrire, a fortiori les autres arts me laissent encore plus perplexe. Il y avait un piano chez nous. Ma soeur en jouait, moi j’aurais bien voulu mais. On a bien essayé de m’apprendre la guitare, mais la gymnastique des doigts m’agaçait. J’ai donc entamé des études scientifiques

 

4/ Qu’attendez-vous de vos lecteurs, admirateurs ? Comment vous faites-vous connaître ? Comment allez-vous à leur rencontre ?

Comme disait une auteure récemment, je crois que j’ai plus d’éditeurs que de lecteurs. Mais je ne manque pas d’admirateurs. On m’envoie des messages enflammés, des propositions. Si seulement ces prétendants lisaient mes livres, ce serait parfait ! Je n’aime pas me mettre en évidence, donc je fais peu de promotion. Je laisse ce soin aux éditeurs qui veulent bien me publier…

 

5/ Faites-vous des rencontres, des lectures ou des conférences sur vos ouvrages ?

Ouh la la des rencontres ? Je ne suis ni sur Meetic ni sur Badoo. Mais si on m’offre un pot un jour, pourquoi pas. Je me vois mal faire une conférence sur ”Oh putain !”, mon dernier texte qui parait le mois prochain dans un collectif : “sexe à plusieurs”

 

6/ Depuis quand écrivez-vous ? Qu’avez-vous déjà écrit ?

Je crois que j’ai toujours écrit, mais de façon éparse et sporadique. En 1982 déjà, je publiais dans la revue l’Ordinateur individuel. Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai écrit de la fiction. Un roman passé inaperçu, publié par un éditeur fantôme. Puis un recueil de nouvelles. Beaucoup de travail pour peu de résultats, j’ai abandonné. Jusqu’à un appel à texte des éditions la Musardine. Déclic immédiat, et résultat fulgurant. Mon texte accepté deux jours plus tard, avant même la date limite d’envoi. Et par la suite, six participations réussies. En numérique, j’ai publié chez Dominique Leroy, où là aussi tous mes textes ont été bien reçus.

 

7/ Quel est votre dernier livre ? Pouvez-vous nous en parler ?

J’ai toujours pensé qu’un bon éditeur était indispensable. Mais certains jettent de la poudre aux yeux, ce qui est facile sur le net. J’ai envoyé un texticule. Quatre mois n’ont pas suffi pour trouver un accord. Dix jours avant la sortie, prévue à la saint Valentin, on en était encore à discutailler sur des points-virgules. J’ai donc décidé de l’auto-publier sur Amazon. “Rencontre parfumée” est mon premier e-book, pour lequel j’ai reçu d’excellents retours.

 

http://www.amazon.fr/gp/product/B00TCVLMW8

 

8/ Où peut-on se procurer vos ouvrages ?

En librairie spécialisée pour les versions papier, et pour le numérique, sur les sites d’éditeurs ou sur Amazon.

 

Ici : http://www.dominiqueleroy.fr/auteur/253

 

ou ici :  http://www.lamusardine.com

 

ou encore ici :  http://www.souslacape.fr

 

9/ Quelle est votre position par rapport aux publications à compte d’éditeur, à compte d’auteur ou à compte participatif ? Aux e-book ?

Très critique. J’ai fréquenté beaucoup les forums et sites d’auteurs depuis dix ans, et je n’ai pas vu un seul livre publié à compte d’auteur qui ait trouvé un lectorat significatif.

Critique aussi envers une certaine forme de publication, que j’appelle le “compte de rien”. L’auteur ne paie rien, mais l’éditeur ne paie rien non plus, il n’investit pas, ne fait pas de promotion et ses livres sont absents des rayons. Aujourd’hui encore, les livres se vendent principalement en librairie. Le numérique pourrait changer le monde de l’édition, mais il tarde à s’imposer. La diversité des formats n’aide guère, de même que l’offre pléthorique.

 

10/ Quel est le conseil le plus important que-vous-ayez reçu ? Pas forcément pour les livres ?

Un éditeur m’a avoué qu’il avait reçu plus de deux cents textes, pour un collectif de vingt, et que dans ces conditions, la sélection se joue sur des micro-détails.

La conclusion qui s’impose est qu’il faut être très exigeant envers soi, et ne rien laisser au hasard, soigner tous les aspects, jusqu’à la micro-virgule, et même au-delà.

 

11/ Que préférez-vous écrire ou lire : des romans, des poésies, des essais, des nouvelles, des biographies ?

J’aime lire de la littérature, des belles plumes, qui parlent à mon esprit, mon cœur, ou même autre chose… J’écris les textes que j’aurais aimés lire.

 

12/ Comment écrivez-vous ?

N’importe comment. Je fais tout ce qu’il ne faut pas faire. J’avance les yeux fermés, sans plan, sans la moindre idée de mes personnages et du récit. Je m’y mets n’importe quand, le matin ou la nuit. Tout se met en place quand je suis en cours d’écriture, avec beaucoup de temps et de relectures. Au final tout semble fluide et naturel, mais ce n’est que l’aboutissement d’un travail de mise en forme à chaque fois. J’aurais dû me mettre au piano quand j’avais six ans, comme mes frères et sœurs.

 

13/ Où puisez-vous votre inspiration ? Avez-vous eu des commandes d’ouvrages ?

Je ne sais pas. Je suis hyper-sensible, ça m’aide beaucoup. Je vois en tout objet et en tout être des millions de choses. Il suffit de les mettre sur papier.

Pas de commande, mais si un attaché de chez Gallimard est intéressé, je me déplace.

 

14/ Comment construisez-vous vos intrigues, vos personnages ? Vos personnages sont-ils toujours imaginaires ?

Je ne construis rien, je travaille très mal. J’attrape la première idée qui vient, deux ou trois personnages qui apparaissent, comme la boulangère la matin quand je vais chercher mon pain, et j’essaie de les mettre en situation.

Mes personnages ne sont pas tous imaginaires, et j’apparais souvent moi aussi. J’ai une double nationalité homme-femme et je prends les traits de l’un ou l’autre. La réalité ne me convient pas, alors je la recompose à ma manière…

 

15/ Quel conseil donneriez-vous aux amateurs d’écriture ?

Comme disait Gide :”Si vous le pouvez encore, arrêtez, arrêtez tout de suite !”

Si comme moi c’est trop tard, alors il faut traiter son addiction comme une maladie, consulter, essayer de s’en sortir. Si aucune guérison possible, il faut essayer de trouver sa voie. Lire beaucoup, aimer, écouter, regarder, travailler, gratter le papier, travailler encore, lire, écrire, s’intéresser. Et peut-être quinze ans plus tard, un résultat !

Oublier les forums et les guides qui prétendent enseigner l’écriture en dix leçons. Même si un peu de technique est utile, l’essentiel est ailleurs, et c’est à chacun de trouver sa voie, car le secret d’une réussite est toujours en soi.

Comme disait Saint Augustin : “Suis-le ce chemin, car c’est toi qui le crée avec tes pas…”

 

16/ Quels sont vos auteurs préférés ?

Julien Green

 

17/ Que lisez-vous en ce moment ?

La Malfaiteur

 

18/ Travaillez-vous sur de nouveaux projets ?

J’ai commencé un essai sur la séduction… Il y a vingt ans ! Je manquais d’expérience, je sentais que mes idées sonnaient faux. Bien plus tard, après de nombreuses aventures et échecs, j’ai pu le récrire et lui donner la dimension absente à l’époque. Je dois le revoir et le mettre au point. Sinon j’écris encore des nouvelles pour mes éditeurs préférés.

 

19/ Avez-vous des dates d’événements à venir ?

En mars, un recueil à la Musardine, en juillet peut-être une participation au recueil “hôtesse de l’air” des éditions Leroy, et en novembre parution de “Pour l’amour d’une reine” aux éditions Leroy également.

 

20/ Où peut-on suivre vos actualités ? Vos parutions ?

Sur mon site :  www.noann.fr

Le 23 février 2015

Noann Lyne

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Un extrait de ma dernière nouvelle, “Moi Dimitri Ilitch”

 

Je connais bien mon problème. Je suis claustrophobe d’esprit et de cœur. Me lier et me fixer durablement serait un calvaire. Me sédentariser, déposer mes bagages… Impossible pour moi qui suis un vagabond ! Et puis, le moindre sentiment représente une menace pour mon équilibre. Dès qu’une d’elles s’entiche, je panique et je fuis à toutes jambes. Cette phobie de l’attachement que nombre d’hommes ressentent, je l’ai plus que tout autre. Et c’est pour ça que je pars. J’ai délaissé Manoela parce que l’amour est né. Un amour réciproque, car moi aussi je me sentais fondre… Un double danger ! Mais elle ne peut le comprendre. De ses vingt ans naïfs, elle est tombée dans le puits de l’amour et n’arrive plus à en sortir, ni même à se relever. Il fallait rompre. Cette fille est dangereuse. Elle aurait fini par m’enfermer dans sa cahute pour ne plus que je parte, avec ses frères en faction devant la porte, un couteau entre les dents.

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Je remercie sincèrement Noann Lyne  d’avoir eu l’amitié de se livrer à ce jeu des questions-réponses.

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Auteur, si vous aussi, vous êtes intéressé par mon écoute et la publication sur ce blog, merci de vous manifester par e-mail soit directement sur le site soit à l’adresse suivante : jlriguet@gmail.com.

La publication sur le site sera ponctuelle au gré des réceptions des questionnaires.

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Pour se manifester si vous êtes intéressé par le questionnaire :

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Tout sur mes livres :

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Jean-Louis RIGUET 27 février 2015

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Sociétaire de la Société des Gens de Lettres, Membre du Bottin International des Professionnels du Livre et de la Maison de l’Ecrivain et de la Littérature

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MODIANO une locomotive pour les librairies …

MODIANO une locomotive pour les librairies …

Le magazine CHALLENGES fait une chronique sur les librairies indépendantes

face aux mastodontes comme la FNAC, AMAZON, etc …

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Le Prix Nobel de littérature attribué hier à Patrick Modiano fera à coup sûr les bonnes ventes de son éditeur historique, Gallimard. Il animera aussi dès ce week-end les rayons de toutes les librairies de France. A commencer par la Fnac, qui demeure, malgré la place toujours plus grande accordée à la high tech, le premier distributeur de livres en France. L’ensemble de ses magasins pèse plus lourd qu’Amazon dans l’Hexagone et sa prééminence sera renforcée par l’alliance nouée,fin septembre, avec Intermarché. Derrière ces mastodontes, les 3.000 librairies indépendantes vont tenter de jouer leur carte.

Retour de la proximité

Elles se défendent bien. Aux Etats-Unis, leur nombre est même reparti à la hausse. Le phénomène concerne avant tout les grandes villes comme New-York mais il est symptomatique : les David résistent mieux que les Goliath face à Amazon. En France aussi. « C’est une tendance générale dans la distribution, note Sébastien Rouault, chef de groupe livres à l’institut GfK. Nous assistons au retour du commerce de proximité. » A contrario, Virgin et le réseau Chapître ont fermé l’an dernier.

Rentabilité plancher

Chaque année, entre 200 et 300 librairies ferment… et autant ouvrent. « Nous n’avons pas de souci de transmission », constate Guillaume Husson, le délégué général du syndicat des librairies françaises (SLF). Sébastien Rouault note qu’au moins 34 des 57 librairies Chapître ont été reprises. Dans un marché du livre atone et légèrement orienté à la baisse, c’est notable! Le métier de libraire reste difficile.

La suite sur :

http://www.challenges.fr/media/20141010.CHA8828/comment-les-librairies-resistent-face-a-la-fnac-et-amazon.html?cm_mmc=EMV-_-CHA-_-20141013_NLCHAACTU10H-_-comment-les-librairies-resistent-face-a-la-fnac-et-amazon#xtor=EPR-14-%5BQuot10h30%5D-20141013

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Jean-Louis RIGUET 13 octobre 2014

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Sociétaire de la Société des Gens de Lettres, Membre du Bottin International des Professionnels du Livre et de la Maison de l’Ecrivain et de la Littérature

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Pour le moment, de Pierre Reverdy

Un poème du temps et du moment

La Bouche à Oreilles

reverdy_plupart_du_tempsLa vie est simple et gaie
Le soleil clair tinte avec un bruit doux
Le son des cloches s’est calmé
Ce matin la lumière traverse tout
Ma tête est une lampe rallumée
Et la chambre où j’habite est enfin éclairée

Un seul rayon suffit
Un seul éclat de rire
Ma joie qui secoue la maison
Retient ceux qui voudraient mourir
Par les notes de sa chanson

Je chante faux
Ah que c’est drôle
Ma bouche ouverte à tous les vents
Lance partout des notes folles
Qui sortent je ne sais comment
Pour voler vers d’autres oreilles

Entendez je ne suis pas fou
Je ris au bas de l’escalier
Devant la porte grande ouverte
Dans le soleil éparpillé
Au mur parmi la vigne verte
Et mes bras sont tendus vers vous

C’est aujourd’hui que je vous aime

***

Ce poème est extrait du recueil Plupart du temps, publié chez Poésie/Gallimard.

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Sonnet 25 de Pablo Neruda

Un sonnet à lire absolument

La Bouche à Oreilles

pablo_neruda

 ** Sonnet 25 **

Mon amour, avant de t’aimer je n’avais rien :
j’hésitai à travers les choses et les rues :
rien ne parlait pour moi et rien n’avait de nom :
le monde appartenait à l’attente de l’air.

Je connus alors les salons couleur de cendre,
je connus des tunnels habités par la lune,
et les hangars cruels où l’on prenait congé,
et sur le sable l’insistance des questions.

Tout n’était plus que vide, et que mort et silence,
chute dans l’abandon et tout était déchu,
inaliénablement tout était aliéné,

tout appartenait aux autres et à personne,
jusqu’à ce que ta beauté et ta pauvreté
ne donnent cet automne empli de leurs cadeaux.

*****

Ce sonnet fait partie, une fois de plus, de La Centaine d’amour, publié par Poésie/Gallimard dans une version bilingue (traduction de Jean Marcenac et André Bonhomme).

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