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Sonnets de la révolte ordinaire, Laurent Robert

Laurent Robert, docteur en Lettres et professeur de littérature, a publié un recueil de 112 sonnets sous le titre Sonnets de la révolte ordinaire le 25 août 2020 dans la collection Freaks chez l’éditeur lyonnais AETHALIDES.

Sonnets de la Révolte Ordinaire, Laurent ROBERT

Collection FREAKS chez AETHALIDES

 

Sonnets de la révolte ordinaire, recueil de poésie
Première de couverture du recueil de Laurent Robert Sonnets de la révolte ordinaire chez AETHALIDES

141 pages – ISBN 978-2-491517-04-5 – Distribution POLLEN – 16 €

Freaks#6 – Sonnets de la révolte ordinaire

 

Quatrième de couverture : Sonnets de la révolte ordinaire, recueil de poésie
Quatrième de couverture du recueil de poésie de Laurent Robert Sonnets de la révolte ordinaire chez AETHALIDES

 

Exemples de sonnets -citation

UNE FILLE RAISONNABLE

 

Elle lisait Monsieur Ronsard

Poète neuf à sa joue blême

Que le moderne soit ringard

Ne lui était pas un problème

 

Elle déchiffrait l’Arétin

Rêvait de miroirs et d’esquisses

Que se chante son blanc tétin

Sur de longues toiles propices

 

Pour le dérèglement des sens

Elle n’adhérait à Banville

Pas plus horresco referens

Qu’à Jean-Arthur de Charleville

 

Mais au seul tracé de sa main

Créatrice de plaisir maint

 

DÉMOCRATIE

 

Nous luttons pour notre agrément

Notre travail est sinécure

Jusqu’à désirer la torture

La politesse du tourment

 

Nous n’avons pas prêté serment

Que l’éphémère et ce qui dure

Que ta chatte et ma bite dure

Soient ultimes gouvernement

 

Nous voulons la fureur panique

La dramatisation épique

Le nectar et le châtiment

 

Nous nions l’ordre politique

Et la suffisance anarchique

Nos corps dictent tout règlement

 

 

Ce que j’en pense des Sonnets de la Révolte Ordinaire, Laurent ROBERT

Ce recueil vient à peine de sortir des rotatives, l’encre n’est pas encore sèche. Et pourtant !  Pourtant, je l’ai déjà lu et apprécié.

Laurent Robert nous offre un genre classique modernisé, destructuré partiellement. Il nous avait déjà habitué à consacrer un recueil entier de haïkus à Zola. Là il nous propose 112 sonnets qui ne respectent pas tous la forme traditionnelle.

C’est un peu comme les haïkus qui sont composés habituellement de 17 syllabes en trois vers (5/7/5), mais qui sont parfois destructurés  sur le nombre de vers à condition que les 17 syllabes soient présentes.
Diverses formes de sonnets

Le sonnet est contraignant avec deux quatrains et deux tercets rimés. Laurent Robert ose diverses formes de sonnet : la forme classique, ou trois quatrains et deux distiques, ou deux tercets puis deux quatrains ou encore une seule strophe.

Certains seront déroutés par la simplicité qui évite les tournures alambiquées, d’autres seront questionnés par la variété des thèmes actuels ou les nombreux noms propres qui jalonnent l’ouvrage.

Laurent Robert ne connaît pas la ponctuation. Il n’utilise que les points, et encore uniquement les points d’interrogation et d’exclamation.

A la fin de l’ouvrage, une postface nous offre quatorze capsule sur le sonnet. L’auteur relate des anecdotes  littéraires et des références à des auteurs précisés habituellement en bas de page. Il rend ainsi hommage à des poètes moins connus ayant pu inspirer des plus grands.

A consulter sans modération ! Pourquoi ?

En dehors de ces appréciations de forme, Laurent Robert ne se prend pas au sérieux. Pourtant, il fait référence autant à l’érudition en s’imprégnant de Clément Marot par exemple ou en restant dans le domaine populaire en se référant à Patrick Bruel ou encore Michel Sardou. Il passe de Louis-Ferdinand Céline à Léopold II ou encore Michel Houellebecq.

Le poète n’est pas méchant mais lucide. Il n’attaque personne sauf parfois lui-même. Il est parfois amusant et surprenant. Ses rimes étonnent. Avec quoi fait-il rimer Facebook ? Lisez et cherchez, vous trouverez plouc.

Les sujets abordés sont très variés. On passe ainsi de la politique à la servilité, de la vanité au sexe, des corps au temps qu’il fait. Laurent Robert touche à tout. Il provoque mais ne glisse pas dans le fossé, même si certains mots pourraient choquer des lecteurs un peu trop prudes.

112 sonnets pour une guerre ordinaire, émancipée, contemporaine, sensuelle et satirique. Une poésie ciselée pleine d’hommages, fantasmes, fantaisies. Des coups de cœur et coups de gueule qui s’effacent devant la beauté des femmes.

Lisez-le, vous l’aimerez comme moi je l’ai aimé !

L’auteur

Laurent ROBERT poète

Laurent Robert est né en 1969 à Chimay, en Belgique.

Docteur en langues et lettres, professeur de littérature, il consacre ses recherches à des poètes oubliés ou méconnus du dix-neuvième et du vingtième siècle.

Poète, il affectionne les contraintes formelles, les sujets concrets, la sensualité du verbe.

Pour en savoir plus sur Laurent ROBERT :

https://librebonimenteur.net/jl-a-lecoute-de-laurent-robert-poete/

Sur ce site, une chronique sur le recueil GORGONZOLA de Laurent ROBERT :

Gorgonzola, Laurent Robert, une performance

© Jean-Louis RIGUET  13 octobre 2020

Sociétaire de la Société des Gens de Lettres

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Où vont les rêves quand la nuit tombe ?

Où vont les rêves quand la nuit tombe ?

Un recueil de poèmes de Richard Taillefer

 

Où vont les rêves quand la nuit tombe ? Un recueil de PoéVie de Richard Taillefer
Où vont les rêves quand la nuit tombe ? Un recueil de PoéVie de Richard Taillefer, chez Gros Textes la petite porte

Où vont les rêves quand la nuit tombe ?

TAILLEFER Richard

 

ISBN : 978-2-35082-437-6

ISSN : 2645-9469

82 pages au format 10 x 15 cm

7,00

Illustrations : Patrick Lipski

https://grostextes.fr/publication/ou-vont-les-reves-quand-la-nuit-tombe/

« Tout est dit ! Poème du silence. […]

Une fois perdues

les images ne se laissent plus prendre »

 

« En fait, la grandeur est dans ce qui existe entièrement hors de nous. Mais qui regarde bien voit loin. Sans réfléchir, ni m’attarder, je me raccroche à cette réalité. Ni joyeux, ni triste, si ce n’est satisfait de l’avoir croisée en chemin sans la rechercher. »

R. Taillefer

Quatrième de couverture de Où vont les rêves quand la nuit tombe ?
Quatrième de couverture de Où vont les rêves quand la nuit tombe ? Recueil de poésie de Richard Taillefer publié chez Gros Textes la petite porte

Extraits du recueil de Richard Taillefer

Joseph Ferdinand

Le matin, il était là devant le portail. Peu à peu, oubliant nos craintes de la première approche, nous avions pris l’habitude de le chahuter. Lui jamais ne disait mot. Il ramassait inlassablement des cailloux pour les mettre dans sa proche. Soudain, il s’arrêtait sur le bord du chemin, hochant la tête, il souriait tout en prenant sa casquette dans la main.

Debout

Parlant peu

Un homme

Pierre après pierre

Ce palais idéal

HAUTERIVES

Un rêve devenu réalité.

 

Mon village en 2019

Aux pieds des Alpilles, mon village est un endroit comme un autre. La campagne a perdu ses parfums de vignes, de lavandes et d’oliviers. Le kafé et quelques commerces résistent à l’appel du large. Trois troupeaux dans les champs et de nombreuses brebis bleu marine dans les rues sombres. On accuse les loups venus d’ailleurs de tous les crimes.

Les souvenirs

les plus lointains de mon enfance

n’ont plus de prise.

Pourtant, on y fait la fête, on boit, on mange, on y pêche. On s’engueule, on se bat. On y meurt aussi, parfois. Univers campagnard, le ton se fait drôle et grivois, grave mais jamais tragique. On raconte encore des histoires de doryphores. Les vieux témoins muet ont perdu leur patois.

« il ne faut pas aller en pré après la Saint Martin ».

Restent ces pierres lourdes qui ont sonné sous l’outil du manant.

Le sel de leur front est un peu de leur sang.

Qui se souvient de ce 2 décembre 1851 ? Mémoire du passé. Ceux de la société secrète montagnarde d’Artignose. L’image de la barricade. Les derniers insurgés d’Aups.

« Martin Bidouré, un enfant presque (il n’avait que 17 ans) tomba en murmurant : — N’aï proun ! (j’en ai assez). »

 

Comme un 11 novembre

C’est long ! trop long : Tout est calme

Comme un 11 novembre à 11 heures

J’avoue, j’ai désespéré bien des fois.

Efforcez-vous de vivre ! Que mon visage vous soutienne quand le ciel n’est plus le ciel !

Je sais j’ai vu leurs yeux

Avec cette douleur de boue infinie

 

Souvent je pense à vous et je suis seul

 

Une petite pluie fine tombe

depuis le matin et détrempe la route

 

Nommer

Pour donner aux choses

Un lieu en leurs absences

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Ce que je pense Où vont les rêves quand la nuit tombe ?

Tout d’abord, il s’agit d’un tout petit format, facile à mettre dans sa poche, aisé à dégainer pour quelques minutes à tuer. Ah ! Tuer le temps avec des poèmes de Richard Taillefer, c’est tout un programme.

Le poète nous plonge dans ce qu’il appelle la PoéVie. Il capte puis restitue des instants de vie. Notamment dans son village du Midi où il fume sa pipe de Cogolin, assis devant un café à la terrasse du seul Kafé du bourg, au nom prétentieux de grand Kafé de France. Il aime son village de Montmeyan où rien ne lui échappe, surtout pas les subtilités.

Son style est unique. Il nous fait partager, depuis sa fenêtre, la jeune fille qui retrouve sa terrasse. Et aussi les îles de l’impossible qui attendent son naufrage. Quand il ne nous parle pas de sa Tante Chaline vêtues de ces longues robes imprimées des années 40. Bref, il nous invite à ces instants de vie qu’il sait saisir à merveille.

Chaque évocation est profonde

et nous entraîne, si l’on prend la peine de s’arrêter un peu sur le texte, vers des montagnes de poésie qui nous remuent. Et parfois ils nous dérangent. Les textes sont beaux, émouvants, à l’image d’une ire, certains font mal. Le poète débraillé sait cogner et ne se prive pas de cogner. Toute une souffrance intérieure sort au fil des mots, des pages ? Parfois, une déchirure explose, cela ne dure pas, mais l’explosion a eu lieu.

Tout le travail qu’il y a derrière fait entendre le vécu dans ces lignes magiques.

Richard Taillefer nous offre, une nouvelle fois, un beau travail plein de PoéVie.

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Richard Taillefer
Richard Taillefer

L’auteur Richard Taillefer

Richard Taillefer, un poète débraillé.

Né un 21 avril 1951 à Montmeyan, un petit village du haut Var, au pied des gorges du Verdon. Après 20 premières années à Marseille, il vit actuellement en Seine-et-Marne. Certificat d’étude primaire, un CAP d’ajusteur en poche, un BT en fonderie (moulage à vert).

« On n’échappe pas à la vocation de son nom ».

 

En 1972, il trouve sa voie, pour 30 années à la SNCF comme conducteur de train au dépôt du Charolais situé à Paris. Retraite en 2001.

Quelques activités syndicales et de 1998 à 2014, trois mandats municipaux à la fonction de « maire adjoint délégué à la culture » dans la ville de Savigny-le-Temple en Seine-et-Marne.

1981, création d’une association en poésie et d’une revue « Poésimage » 34 numéros.

En juillet 2014, création avec quelques amis, du festival « Montmeyan en PoéVie »

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Si vous voulez en savoir plus sur le parcours de Richard Taillefer, suivez ce lien :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Taillefer

https://librebonimenteur.net/2014/10/10/jl-a-lecoute-de-richard-taillefer/

https://fr.blastingnews.com/divertissement/2016/06/richard-taillefer-un-poete-debraille-00964503.html

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Lisez ce recueil, il vous en restera quelque chose !

Le poète Richard Taillefer
Le poète Richard Taillefer, amateur de Poévie et de pipe de Cogolin

© Jean-Louis RIGUET  25 février 2020

Sociétaire de la Société des Gens de Lettres

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Stage d’écriture par Christophe Forgeot :

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Stage d’écriture

Stage d’écriture à Piégon

 

Christophe Forgeot, poète talentueux, organise un stage d’écriture de 4 jours au Centre artistique de Piégon, dans la Drôme, du samedi 11 au mardi 14 juillet 2020.
 
Le thème de ce stage sera le voyage : le voyage physique, intellectuel, imaginaire, poétique, spirituel…
 
Affiche pour le stage d'écriture de Piégon
Christophe Forgeot organise un stage d'écriture à Piégon

Un endroit idéal pour un stage d’écriture

 
Le centre artistique de Piégon est situé dans un écrin de verdure, dans un calme royal. Et l’accueil est particulièrement agréable et paisible.
 
Vous pouvez vous en rendre compte en allant sur https://www.centre-artistique-piegon.net/le-lieu
 
C’est un endroit propice à la créativité. Arriver dans ce lieu est déjà un voyage extra-ordinaire, un dépaysement total.
 
Sérénité, bienveillance, création artistique et gastronomie (la cuisine y est très bonne) sont les mots qui conviennent parfaitement à cette grande maison provençale. Dans celle-ci, l’artiste peintre et sculpteur Jean-Pierre Eichenberger a vécu et créé…
 
Christophe Forgeot propose d’y ajouter pendant 4 jours, en toute simplicité, les mots de votre expression écrite.
 

Mais, attention ! Les places sont limitées à 10. Il n’y en aura pas pour tout le monde.

 
Centre Artistique de Piégon
Centre Artistique de Piégon
Dépliant du Centre Artistique de Piégon
Dépliant du Centre Artistique de Piégon

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Un poète, mais pas que…

Christophe Forgeot est né en 1966 en région parisienne. Issu d’un métissage entre la Touraine et la Bourgogne, il a longtemps vécu dans une banlieue bétonnée de la capitale, ce qui l’a poussé à faire son nid en Provence. Sa vraie vie est de participer à la vie de la poésie et du théâtre dans les médiathèques, les librairies, les établissements scolaires, en France et dans d’autres pays (Tchad et Slovaquie notamment). Ainsi, il anime des ateliers d’écriture, des stages d’écriture, de théâtre, enseigne à l’Université de Toulon depuis une vingtaine d’années et lit ses textes régulièrement en public. Pour cela, il apprécie particulièrement le « faire ensemble », c’est-à-dire la collaboration avec d’autres artistes, qu’il admire : musiciens, danseurs, peintres…

Comme ce n’est pas assez, il est l’auteur de recueils de poèmes, de pièces de théâtre, de nouvelles et de fictions. Ses derniers ouvrages édités sont…

la suite sur : https://librebonimenteur.net/w9ti

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Pour en savoir plus sur l’organisateur : https://librebonimenteur.net/kj3i

Voici les conditions pour ce stage d’écriture sur le thème du Voyage :

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description du stage d'écriture à Piégon par Christophe Forgeot
description du stage d'écriture à Piégon par Christophe Forgeot

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Christophe Forgeot a déjà publié un recueil d’haïkus sur le thème du voyage.

Pour en savoir plus : https://librebonimenteur.net/lhdh

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© librebonimenteur.net – Jean-Louis RIGUET 19 décembre 2019

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Et sur la boutique de l’écriveur

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Le baron de la disette :

Couverture de Le Baron de la disette un roman de Louis-Jean Teugir
Couverture de Le Baron de la disette, un roman de Louis-Jean Teugir inspiré d’un fait réel

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Ce petit trou d’air au fond de la poche, Richard Taillefer

Ce petit trou d’air

au fond de la poche

Richard Taillefer

Un recueil de PoéVie

Les éditions Prem’edit publient ce recueil de poésie, sous le titre Ce petit trou d’air au fond de la poche, du poète Richard Taillefer

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Richard Taillefer publie Ce petit trou d'air au fond de la poche
Richard Taillefer publie Ce petit trou d’air au fond de la poche, aux éditions Prem’edit

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L’illustration de couverture est de Marc Prialnic (sculpture bois – 60x15x13cm)

PREM’EDIT éditions

98 pages – Mai 2017 – Prix 12 €

ISBN 9 79101 321662

https://www.prem-edit.com/accueil/boutique-ce-petit-trou-d-air-au-fond-de-la-poche/

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Richard Taillefer
Richard Taillefer
Crédit photo Clara Billat
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RÉSUMÉ de la quatrième de couverture de Ce petit trou d’air au fond de la poche, de Richard Taillefer

Terre de vent et de soleil, la Provence, my Provença, vit avec lou mistrau. Au départ, c’est toujours la même chose. Ce petit trou d’air au fond de la poche. La page blanche. Les fragments d’une vie en quinconce. On sniffe les flots dorés d’un chaos inéducable. On se raccroche à ce reste de café dans la tasse.

Il y a la peur des mots qui font mal. Peur de ce labyrinthe qui nous engloutit jusqu’à la moelle. Il faut cogner, cogner toujours plus fort pour ingurgiter cette colère carnivore.

L’auteur au fil des pages nous ouvre ses « graffitis du cœur », ses « Poetry Reading On the road ».

Il est toujours si lointain le bruit des autres. 

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Extrait de Ce petit trou d’air au fond de la poche, Richard Taillefer

Le poète Richard Taillefer fume sa pipe de Cogolin
Le poète Richard Taillefer fume sa pipe de Cogolin

En guise d’extrait, je me contenterai de reproduire la première page qui est une sorte de prologue :

« Terre de vent de soleil, la Provence, my Provença, vit avec lou mistrau, ce grand purificateur qui éveille les couleurs propres à chaque massif. Il nous accompagne en toutes saisons, depuis mon village de Mount-Meyan, de Gémenos à Mazaugues, au plus profond des calanques de Morgiou. Sec et glacial, lou Cantaleso a ses nuances, de parfum, de saveur. Il nous révèle une palette qui va du bleu de la mer au blanc du calcaire, de l’ocre de la terre, jusqu’au mistral noir de Camargue.

Au gré du chemin, du temps qui passe,

il emporte avec lui, la nostalgie des nuages, les âmes des morts, nos faiblesses et nos révoltes. Et il murmure la flamme de  nos passions inassouvies, surgit soudain pour embraser le ciel.

Il se multiplie

Pour mieux nous éprouver

Un vent léger s’infiltre sous la porte

Je pense à ceux que j’aime

Qui n’ont plus de visage

Ni de nom.

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Première de couverture de Ce petit trou d'air au fond de la poche
Première de couverture de Ce petit trou d’air au fond de la poche, de Richard Taillefer publié aux éditions Prem’Edit

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Ce que je pense de :Ce petit trou d’air au fond de la poche

Le titre du livre est une interrogation sauf si l’on sait que Richard Taillefer est un fumeur de pipe, un fumeur de pipes de Cogolin, et qu’il a l’habitude de les stocker dans ses poches, de sorte qu’au bout d’un certain temps un trou se forme. Pour beaucoup, ce serait un drame, mais pour le poète débraillé c’est une aubaine, car de ce trou s’échappent des mots qu’il taraude longtemps pour en faire de la PoéVie.

Ce livre n’échappe pas à la règle. Comme un vigneron qui élève les cépages et les assemble pour en faire une excellente cuvée, l’auteur façonne ses idées avec des mots improbables, du moins dans leur assemblage.

La Provence lui tortille le cerveau, elle transparaît à chaque page.

L’on sent bien qu’elle est importante pour lui, que sans elle le poète ne « PoéVierait » pas ; elle est comme une terre dont le creuset inonde la mémoire pour rejaillir en mots du fond de ses entrailles.

Richard Taillefer articule son propos

dans sept parties comportant chacune neuf chapitres. La composition de chaque chapitre est identique d’un bout à l’autre du recueil. Tout d’abord un ou plusieurs paragraphes en prose poétique, puis un ou plusieurs vers, enfin des vers en italiques. Les titres de chaque chapitre sont évocateurs :

Ne renonce jamais à ton voyage

Là où le vent jamais ne s’apaise

Chemins perdus de nos forêts lointaines

Je veux par-delà le ciel

Le temps qui passe n’efface pas tout

Qui annoncera le retour du printemps

Sentiers escarpés de mon enfance

Chaque évocation est profonde

et nous entraîne, si l’on prend la peine de s’arrêter un peu sur le texte, vers des montagnes de poésie qui nous remuent et parfois nous dérangent. Les textes sont beaux, bien écrits, émouvants, certains font mal comme une colère. L’on sent bien que le poète débraillé sait cogner et cogne quand il le faut. C’est quoi toute cette souffrance intérieure qui vient de loin et qui sort au fil des mots, des pages ? Parfois, une déchirure explose, cela ne dure pas, mais l’explosion a eu lieu.

On ressent tout le travail qu’il y a derrière. On entend le vécu dans ces lignes magiques, ce ne sont pas des remords dont il a sa conscience plein les poches.

Ainsi, l’auteur nous interroge :

« portes et fenêtres closes, tu montres du doigt, cet autre qui pourtant te ressemble« .

Il nous interpelle « ne laisse pas vide, la main qui se tend« 

Il nous plonge dans la réflexion

« Près des charniers absurdes

Des squelettes de ce qui fut

Hier encore des hommes

Font taches blanches

Lorsque l’horreur n’a plus de nom

Qui peut encore la décrire ? ».

Et encore :

« Ce grand trou noir inaudible,

Qui contient tout l’univers

Et ton sourire du matin. »

Je pourrai continuer ainsi car des mots, des images, des émotions de PoéVie il y en a à toutes les pages.

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Le recueil se termine par un émouvant texte sur le père de Richard que je ne résiste pas à reproduire intégralement ci-après.

Mon père

« Si vous le croisez dans les rues du village, aux aguets derrière l’objectif de son « Reflex Canon », ou assis à la terrasse du Kafé de France, il vous apostrophera d’un « comment ça va chef » avec un large sourire dissimulé sous sa moustache grise. Il est l’un de ces personnages du pays que l’on photographie volontiers pour garder un souvenir d’authenticité. Il a tout du tartarin de  Tarascon, lui qui est né par la force des choses dans une pouponnière, à Moreuil, un petit bourg de Picardie. Le temps a buriné son visage, ses yeux ont cette couleur verte des agates de son enfance. Dans son crâne, les idées sont plus sombres qu’une nuit d’été en plein orage et le dévorent jusqu’à la moelle. Il attend son heure, avec cette imperturbable sagesse de celui qui sait et n’attend plus rien. Il est le dernier grand témoin de ce que je fus avant d’être. Le soir, il s’en va retrouver Pépète, la petite chienne qui l’accompagne dans son indécrottable solitude.

Ni l’un ni l’autre ne fermeront les paupières,
De peur de ne pas se réveiller ensemble.

Près de la porte

Je l’ai vu parfois grattant sa tête blanche

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L’AUTEUR

Richard Taillefer, un poète débraillé.

Né un 21 avril 1951 à Montmeyan, un petit village du haut Var, au pied des gorges du Verdon. 20 premières années à Marseille. Vit actuellement en Seine-et-Marne. Certificat d’étude primaire, un CAP d’ajusteur en poche, un BT en fonderie (moulage à vert).

« On n’échappe pas à la vocation de son nom ».

En 1972, trouve sa voie, pour 30 années à la SNCF comme conducteur de train au dépôt du Charolais situé à Paris. Retraite en 2001.

Quelques activités syndicales et de 1998 à 2014, trois mandats municipaux à la fonction de « maire adjoint délégué à la culture » dans la ville de Savigny-le-Temple en Seine-et-Marne.

1981, création d’une association en poésie et d’une revue « Poésimage » 34 numéros.

En juillet 2014, création avec quelques amis, du festival « Montmeyan en PoéVie »

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Si vous voulez en savoir plus sur le parcours de Richard Taillefer, suivez ce lien :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Taillefer

https://librebonimenteur.net/2014/10/10/jl-a-lecoute-de-richard-taillefer/

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Lisez ce recueil, il vous en restera quelque chose !

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Richard Taillefer poète
Richard Taillefer poète avec sa pipe de Cogolin

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Jean-Louis RIGUET 29 mai 2017

Sociétaire de la Société des Gens de Lettres

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Riguet

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