Il paraît qu’à partir de 70 ans, les écrivains peinent à écrire des œuvres de fiction, car ils n’auraient pas assez d’énergie romanesque.

En tout cas, c’est ce qu’explique Pierre Assouline sous une rubrique pour l’Express intitulée « Peut-on vraiment fictionner à tout âge ? »
Et l’auteur de l’article cite à l’appui Michel Tournier qui aurait dit « plus on avance en âge, plus on se dessèche, vous verrez mon vieux, c’est inévitable ». Julien Gracq lui aurait déclaré « de la fiction, à mon âge, vous n’y pensez pas ? À partir d’un certain moment dans la vie d’un écrivain, il y a prescription. Ce qui n’empêche pas d’écrire encore et même de publier, mais tout autre chose… »
Donc, à 70 ans révolus, le ticket d’un romancier n’est plus valable.
L’écrivain continue pourtant de publier, mais « des essais, des mémoires, des recueils d’articles, de fragments, de bribes, de réflexions ou de chroniques ».

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La clé de cette situation est donnée par Georges Simenon : « l’énergie fait défaut non seulement pour créer un monde, mais pour porter en soi pendant des mois des personnages auxquels on a donné vie ».
Heureusement, Pierre Assouline cite un contre-exemple, celui de Julien Green qui a publié à plus de 90 ans une trilogie romanesque « Dixie ».

Alors, je pense dépasser la limite d’âge pour écrire encore du romanesque et j’en suis marri.
J’en suis désolé pour mes lecteurs.

Alors quelle énergie me reste-t-il pour écrire ? Et écrire quoi ? Je ne vois plus que la poésie qui se publie mal et se vend encore moins bien. Au moins, je vivrai la fin de mes jours dans un monde irréel et dans la beauté des mots.

Le 18 mars 2022.
© Jean-Louis RIGUET, sociétaire de la Société des Gens de Lettres.

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