JL à l’écoute de… Aujourd’hui, Cédric Moulin

Cédric Moulin est un monsieur qui a beaucoup déménagé avant de s’établir à Orléans. Il pense avoir eu un parcours chaotique avec une entrée dans la vie active dès ses 19 ans, avec rien pour tout bagage. Il en a pris conscience et s’est lancé dans les études sur les métiers du livre et des arts, avant de fonder une structure éditoriale sous le nom d’Éditions Moulin. Cédric Moulin s’est livré au jeu de question-réponse.

Qui êtes-vous Cédric Moulin ?
Je m’appelle Cédric Moulin ; je suis originaire de Versailles et, après avoir beaucoup déménagé, je me suis établi à Orléans, ville que je ne connaissais pas avant d’y vivre.
Certains qualifient mon parcours de chaotique ; en effet, je me suis lancé dans la vie active à l’âge de dix-neuf ans, sans qualification ni diplômes, et j’ai couru les jobs pendant des années. C’est par la suite, à l’âge adulte, que j’ai obtenu un DUT de Gestion, un DUT Métiers du livre (option Bibliothèque) puis une Licence des Métiers du livre et de l’édition dans le domaine Arts, lettres et langues.
J’ai ensuite travaillé dans ce domaine. C’est en 2011 que j’ai fondé les Éditions Moulin, une structure éditoriale qui a désormais un statut associatif.


Que faisiez-vous avant d’écrire ou parallèlement à l’écriture ?
Avant d’écrire, je dessinais et peignais beaucoup. Mes techniques de prédilection étaient l’huile, l’acrylique, les crayons de couleur, le graphite et l’encre de chine. Je ne pratique désormais qu’occasionnellement les arts graphiques, l’écriture absorbant toute mon énergie et tout mon temps.


Quelle est votre passion ?
La passion récurrente de ma vie est définitivement le livre. J’en ai d’autres qui sont plus ponctuelles ; j’en ai eu d’autres qui se sont taries… Mais l’écriture et la lecture sont des activités psychosensorielles qui nourrissent un besoin viscéral de ressentir et d’exprimer les choses par les mots. À ceci s’ajoutent la musique, que j’écoute du matin au soir, et le carburant indispensable à la vie, dont j’abuse et qui me tuera probablement : le café.


Comment allez-vous à la rencontre de vos lecteurs ?
Je n’attends rien de mes lecteurs qui sont fort peu nombreux. Je diffuse mes textes par l’intermédiaire du livre imprimé, car j’aime tellement cet objet qu’il serait dommage de ne pas en fabriquer ! Je me fais connaître par le site : https://editionsmoulin.wordpress.com , lors de salons et de rencontres.


Dans la mesure où Les Éditions Moulin ne sont pas motivées par un but lucratif, je ne cours pas après l’argent. Je cours, en revanche, après les auteurs qui, par manque de confiance en eux, abandonnent leurs manuscrits dans les tiroirs. L’objet des Éditions Moulin est de permettre à ces créateurs de dépasser le sentiment d’illégitimité qui les accable pour franchir le pas de l’édition. Par ailleurs, nous publions les ouvrages d’auteurs qui se destinent à une diffusion confidentielle ou maitrisée.


Faites-vous des rencontres, des lectures ou des conférences sur vos ouvrages ?
Oui, je réponds aux demandes de rencontres. Cette année, les Éditions Moulin ont été particulièrement actives dans ce domaine.

Pouvez-vous nous parler de vos livres ?
J’ai publié mon premier livre en 2011. Il s’agissait d’un récit de vie au Québec où j’ai vécu trois ans.
Par la suite, je n’ai écrit que des récits de fictions, dans le domaine de l’imaginaire (fantastique, fantasy, science-fiction). Les Éditions Moulin, en revanche, éditent toute sorte de textes, des mémoires familiales à l’essai.
Mon dernier livre, publié cette année, est Los Angeles 1954. C’est un recueil de textes courts.

Où peut-on se procurer vos ouvrages ?
Les ouvrages des Éditions Moulin sont distribués sur la plateforme lulu.com, sur Amazon, et ponctuellement en librairie (Orléans, Paris, Fnac). Ils sont également disponibles en permanence à Orléans, siège de la maison d’édition, où nous faisons des remises en main propre.

Qu’elles sont des valeurs de l’association que vous avez créée ?
L’objet de notre association est la valorisation du travail de celles et de ceux qui choisissent l’écriture comme mode d’expression. Dans ce cadre, nous accompagnons les auteurs dans les étapes de publication, de la relecture du manuscrit à la commande du livre imprimé. Nos valeurs sont la liberté de créativité, le partage et la transmission.
Les Éditions regroupent vingt auteurs et forment un catalogue de dix-sept titres publiés et de cinq titres à venir (2023).

Quel est le conseil le plus important que vous ayez reçu ?
Hélas, je pense avoir reçu beaucoup de mauvais conseils, comme de ne rien entreprendre sans garantie d’excellence. C’est l’enseignement qui prédominait à l’école : la peur de l’échec, l’humiliation, la honte… Heureusement, je n’y ai pas été particulièrement réceptif et pense en ressortir sans séquelles.

Quel conseil donneriez-vous aux amateurs d’écriture ?
Étant donné que j’ai une forme de fascination pour l’amateurisme, pour les gens qui osent, je conseillerais aux amateurs d’écriture de se lancer, quel que soit leur niveau, leur ambition et le résultat obtenu. Lorsqu’on écrit, il faut absolument vaincre les inhibitions qui représentent une terrible entrave à la créativité.
L’essentiel reste l’envie ou le besoin de faire et, bien entendu, la passion. Lorsque j’ai initié le projet de publication d’un recueil de nouvelles avec l’association de jeu de rôle d’Orléans, j’avais en tête les fanzines que l’on trouvait à Angoulême au début des années 90. Je me souviens d’un fanzine publié par des jeunes un peu “anars”, très probablement artistes, mais pas du tout littéraires ; la couverture était relativement soignée et en couleur, mais l’intérieur était un assemblage de photocopies contenant un travail plus ou moins abouti : des chroniques, des dessins, des articles rédigés sur un coin de table, des mini-bds…
Bref, un véritable travail artisanal qui avait beaucoup de charme. Le but du recueil de l’association, donc, est de permettre aux auteurs de mettre en forme et de faire imprimer leurs textes dans un vrai livre. Il reste aussi important de dire qu’avant d’écrire, il faut aimer lire. Et lire beaucoup est certainement fondamental pour écrire à peu près correctement.
En outre, avant d’entreprendre la rédaction d’un roman, il faut s’attendre à devoir y passer beaucoup de temps, c’est-à-dire qu’il faut être capable de rester concentré sur un même sujet de longs moments sur une longue période. Concernant la recherche d’inspiration, je n’ai aucun conseil à donner : je pense que c’est bien trop personnel.

Comment écrivez-vous ?
J’écris sur un PC portable, un ordinateur plus tout jeune que j’ai depuis plus de dix ans. L’été, je travaille dans le salon ; mais l’hiver, je me réfugie dans ma chambre, au calme, et toujours en musique.
Les histoires me viennent spontanément et se mettent en place au fur et à mesure de la rédaction. Mes idées ne sont pas forcément ordonnées lorsque je commence la rédaction. Heureusement que le traitement de texte permet de couper, coller, déplacer, supprimer, ajouter… Bref, le texte reste malléable jusqu’au dernier moment. J’admire les personnes qui rédigent à la main ou qui utilisent une machine à écrire et qui n’ont pas accès à ces souplesses.

Où puisez-vous votre inspiration ? Avez-vous eu, en vue d’écriture, des commandes d’ouvrages ?
Je puise mon inspiration dans tout ce qui m’entoure : la réalité, l’atmosphère des rues, les gens ; mais aussi dans les rêves, les lectures, les ressentis, ce que je vois à la télévision… La plupart du temps, mes récits se situent dans des lieux que je connais, dans lesquels j’ai vécu. Mais parfois, je développe une intrigue qui se déroule dans un endroit que je ne connais absolument pas. Dans Sphéroah par exemple, un chapitre entier se passe à Tokyo, une ville dans laquelle je n’ai jamais mis les pieds. À ce moment-là, j’effectue un travail de recherche très pointu sur le lieu afin d’inclure des détails authentiques que je découvre en allant sur Internet, en visionnant les rues grâce à des outils comme “Street View&quot ».Pour ce qui est des commandes, j’en ai eu trois qui émanaient d’un ami, et je travaille sur une quatrième. Il s’agit de l’artiste peintre Jacques Thuillier. Il fait donc appel à moi et me soumet des dessins autour desquels j’écris. Ensemble, nous avons publié Cosmos, Extra Libris et La couleur des étoiles. Le quatrième titre qui sortira en 2023 est La voix des arbres.

Comment construisez-vous vos intrigues, vos personnages ?
Mes intrigues suivent un schéma narratif classique et sont construites à partir de mes expériences de vie, mais aussi de situations que j’imagine. Parfois, je m’inspire de l’atmosphère d’une œuvre existante pour créer un scénario ou une histoire se déroulant dans un univers particulier. Mes personnages sont soit inventés, soit inspirés de gens que je connais.

Quels sont vos auteurs préférés ?
J’aime particulièrement John Steinbeck, Jack London, Mark Twain, Robert Louis Stevenson, Harper Lee… mais aussi des contemporains comme Haruki Murakami, Bill Bryson ou Sylvain Tesson.

Que lisez-vous en ce moment ?
Je me suis récemment lancé dans la lecture de romans à énigmes. Le policier est un genre que je connais très peu, car, à ce jour, je n’avais lu que les livres de l’école (des titres pour enfant, Le Crime de l’Orient-Express, quelques Boileau-Narcejac…). Ce qui a suscité ma curiosité, je pense, c’est que je suis rôliste (principalement maitre du jeu ; dans ce cadre, j’écris mes propres scénarios dans lesquels je développe mes propres intrigues). Par conséquent, la manière dont l’auteur travaille m’intéresse particulièrement. En fait, je me fous de savoir « qui a tué », mais je me passionne pour la manière dont l’auteur construit son roman. J’ai lu Le mystère de la chambre jaune et Ils étaient dix, puis l’essai passionnant de Pierre Bayard La Vérité sur Ils étaient dix. En dehors de ça, je suis un grand amateur des classiques de la littérature jeunesse.

Travaillez-vous sur de nouveaux projets ?
Oui, constamment. La difficulté, pour moi, est de me limiter. En ce moment, je travaille sur un roman de fantasy dont j’ai entamé l’écriture en 2019. Aussi, je commence à élaborer le plan de La voix des arbres. Quatre autres titres sont à préparer pour une publication prévue en 2023.

Avez-vous des dates d’événements à venir ?
Oui. Je participerai à des salons régionaux ainsi qu’au Festival du Livre de Paris en 2023.

Où peut-on suivre vos actualités ? Vos parutions ?
Sur mon site éditeur : https://editionsmoulin.wordpress.com/
Orléans, le 07 novembre 2022
Cédric Moulin

Je remercie sincèrement Cédric Moulin d’avoir eu l’amitié de se livrer à ce jeu des questions-réponses.
© Jean-Louis RIGUET le 18 novembre 2022, Sociétaire de la Société des Gens de Lettres

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