Rencontre avec Jean-Louis Riguet qui évoque avec nous son prochain livre à paraître aux éditions Complicités, un roman historique sur les deux campagnes de Loire qui se sont terminées à Patay, en 1429 et 1870.

Jean-Louis Riguet auteur

1) Dans ce livre vous explorez et racontez des faits historiques. Très concrètement comment le romancier procède-t-il pour exploiter les sources historiques ?

Je suppose que chaque personne a sa manière de travailler et qu’une méthode n’est pas forcément transmissible à quelqu’un d’autre.
En général, lorsque je m’intéresse à une question ou un problème, je cerne l’étendue de l’équation. Je cherche dans toutes les directions, j’emmagasine des informations, à la manière d’une toile d’araignée. Puis, quand j’estime avoir suffisamment d’éléments concrets et non imaginaires, je réfléchis à une mise en scène pour aboutir à un scénario qui me permettra d’écrire un livre.
Dans ce nouveau roman, j’ai imaginé deux journalistes de chaque époque qui étaient témoins des faits historiques réels qui se déroulaient sous leurs yeux. Ils accomplissent leurs missions un peu comme les grands reporters de guerre actuels.

2) C’est un travail qui a dû vous prendre beaucoup de temps, comment avez-vous fait pour synthétiser et romancer ces évènements ?

Comme tous les ouvrages historiques que j’ai écrits, je ne compte pas les heures passées.
Chaque livre me prend environ une année, mais je ne suis pas vingt-quatre heures sur vingt-quatre sur le même projet. Il y a des temps de maturation, de repos, de recherches, de reprises.
L’avantage du récit historique est que le scénario est écrit à l’avance par les faits exacts eux-mêmes. Il ne suffit que de les suivre et d’ajouter sa touche personnelle le cas échéant. Mes livres historiques s’apparentent plus à des docu-fictions qu’à des romans historiques. Je m’autorise moins de libertés avec la réalité. Si vous prenez le personnage du journaliste de 1429, bien qu’il ait été inventé, les faits relatés sont exacts, tels les noms du prédécesseur, les noms des rues, etc.

3 Au-delà du seul personnage de Jeanne d’Arc, quel(s) personnage(s) avez-vous découvert et qui mériterait(en)t, selon vous, d’être plus connu(s) ?

Bien entendu, le personnage emblématique est Jeanne d’Arc. Des centaines d’ouvrages en parlent et je n’ai rien de plus à en conter. Il en est de même pour ses compagnons de combat.
Mais vous avez des personnages de 1870 qui sont également intéressants comme le général de Sonis, le colonel de Charrette, les Zouaves Pontificaux. J’ai eu l’occasion d’en parler notamment à l’occasion de ma trilogie des trois A, dans le tome Augustin, ma bataille de Loigny, qui a été traduit en anglais et vendu aux États Unis (édition épuisée).
J’ai également dressé un portrait du général de Sonis dans les Récits Historiques de l’Orléanais, Val de Loire, Beauce, Sologne, aux éditions du Jeu de l’Oie et dans le recueil de nouvelles Ainsi va la vie, aux éditions Spinelle.

4 Ce livre est aussi un formidable atout pour la ville de Patay dont vous relatez l’histoire au fil des siècles. Que reste-t-il de cette « Grande Histoire » dans les rues et pierres de la ville ?

Je suis mal placé pour répondre à cette question. Je relate effectivement l’histoire de la ville de Patay depuis la nuit des temps, car il m’a semblé intéressant de resituer les faits historiques dans la région où ils se sont déroulés.
Patay n’oublie pas son histoire et fête chaque année Jeanne d’Arc le troisième dimanche de juin. Les années paires, c’est une commémoration en honneur des acteurs de la bataille et les années impaires c’est une grande fête au tour de Jeanne d’Arc, avec différents spectacles : fauconnerie, défilés, costumes médiévaux, etc.
Vous pourrez trouver une statue en bronze de Jeanne d’Arc au centre-ville et l’église Saint-André, qui date du XIIe siècle et qui a vu Jeanne d’Arc y prier pendant la bataille de 1429. À l’intérieur, il s’y dresse une autre statue de Jeanne d’Arc.
D’un autre point de vue, sans vous déplacer de chez vous, vous pouvez être en communion avec Patay en lisant les poèmes d’Alfred de Musset.
« Le cœur de la jeunesse est un vase profond : lorsque la première eau qu’on y verse est impure. La mer y passerait sans laver la souillure, car l’abîme est immense et la tâche est au fond. »
Alfred de Musset ; Les poésies posthumes (1834)
« Qu’importe de quoi parlent les lèvres, lorsqu’on écoute les cœurs se répondre. »
Alfred de Musset ; La confession d’un enfant du siècle (1836)
« Quoi qu’on en dise, l’amour, c’est l’espérance. »
Alfred de Musset ; Nouvelles, Emmeline (1841)

Le 16 juin 2022
© Jean-Louis RIGUET, société de la Société des Gens de Lettres


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