L’Asso 4ème chapitre

L’ASSOCIATION DES BOUTS DE LIGNES

roman d’enquête humoristique, prix SCRIBOROM 2013,

publié aux EDITIONS DU MASQUE D’OR

collection Adrénaline

n’est pas un roman sur les chemins de fer, ni sur les trains, ni sur les rails.

Ce n’est pas non plus une association de pêcheurs à la ligne.

Il s’agit de l’exécution d’un testament fait par un original, Président fondateur et d’Honneur de l’association, par un exécuteur testamentaire, pleine de rebondissements pour trouver le véritable légataire de la fortune du défunt. Au gré des légataires possibles, le lecteur visite les différentes spécialités Orléanaises et un jeu de cartes poitevin : le trut.

En voici le quatrième chapitre :

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Première de couverture L'Association des Bouts de Lignes
Première de couverture L’Association des Bouts de Lignes

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4

L’enquêteur

A

NTONIO BAVARDO n’a pas fait grand-chose pendant plusieurs jours, tant il était pensif à cause des événements récents. Il ne sait pas comment résoudre le problème. Comment va-t-il s’y prendre ? Certes, le notaire veut bien l’aider dans ses démarches, mais il ne peut pas investiguer à sa place. Son rôle sera primordial à la fin de l’enquête. Pendant celle-ci, Antonio se sent seul devant l’adversité. Il a bien réalisé une fiche pour centraliser les réponses de chaque administrateur de l’association sur chacune des questions requises. Cependant, il sent, plutôt qu’il ne sait, que certains personnages ne vont pas être faciles. Ne va-t-on pas lui reprocher l’ordre des interrogations ? Ne va-t-on pas lui souligner un côté partial ? Ne va-t-on pas lui souligner son manque de perspicacité ?

Antonio est tellement absorbé par ses réflexions qu’il en oublie même parfois le plaisir conjugal. Isabelle ne s’est pas gênée pour le lui faire remarquer : « si tu continues comme cela, à me délaisser, je prends un amant ». Le premier soir Antonio n’a pas répondu pensant que madame avait ses vapeurs. Mais le deuxième soir, Antonio se dit qu’il fallait qu’il fasse quelque chose, que cela ne pouvait plus durer ainsi. Et pourtant, lui, si près à caresser les cuisses de sa belle, n’éprouve en ce moment aucun désir, aucune pulsion. Le machin ne répond pas, il est aux abonnés absents. Isabelle a beau s’habiller sexy, prendre des poses existantes, entreprendre même des strip-teases, rien n’y fait. Antonio reste obnubiler par le dossier Alain-Georges Delmas.

Rien n’a préparé l’avocat à une telle situation. Rien n’a préparé l’homme à cette absence de désir. Son travail quotidien ne requiert pas de telles enquêtes qui touchent à la réunion de documents ce qui lui est habituel mais aussi à élaborer une véritable enquête sur des personnes ce qui est exorbitant de son activité normale. Sa vie personnelle ne requiert pas habituellement d’efforts pour satisfaire madame. De plus, ce n’est pas sa formation personnelle ni ses origines ni éventuellement son expérience qui lui permettaient d’aborder cette situation facilement. Cette situation, ou plutôt ces situations. Finalement, au bout de quelques jours sans, il s’en est ouvert auprès de son épouse Isabelle mais celle-ci lui a simplement répondu qu’elle n’a plus de solution si ce n’est de prendre un amant. L’avocat a été stupéfié, légèrement mécontent puis en colère de cette réponse. Mais que peut-il lui répondre : la faute est dans son camp, pas dans celui d’Isabelle.

L’homme que je suis passe une partie de son temps à jouer l’avocat et l’autre partie à tenter de s’occuper de lui-même et surtout de sa femme. L’avocat c’est moi. L’homme que je suis est chagriné par cette réponse car il voue une véritable adoration à sa femme et secrètement il a espéré une aide. L’homme c’est moi aussi. Certes, il sait qu’en cette période Isabelle a d’autres préoccupations mais elle est restée sur sa faim. J’en suis là de mes réflexions tristounettes quand, une fois dans notre chambre, avec un effort surhumain, je m’approche d’Isabelle, la prend dans mes bras et l’embrasse tendrement en m’excusant de mon absence que je juge imbécile. Elle me repousse un peu sèchement « monsieur a des envies ce soir ? » Je suis déçu de cette réaction sur le moment. Je fais un effort et elle me repousse. Mais ma déception est de courte durée car Isabelle m’offre immédiatement une pénitence plus que chaleureuse. Elle me fait une démonstration de ses talents, cachés aux autres mais connus de moi, j’espère de moi seul, avec un strip-tease torride révélant son cœur et son corps encore très appétissant pour son âge. J’ai mis un peu de temps avant de rentrer dans son jeu, de pouvoir éprouver des tentations, des sensations, de démarrer la machine pour un dressage parfait. Antonio, l’homme, a été obligé de se surpasser pour répondre à cette offrande chaude, humide, accueillante et exigeante. Ses attributs, heureusement, lui ont permis d’honorer madame comme il se doit. Puis comme elle a vraiment insisté en prétextant avoir du retard en la matière, il a été obligé de remettre le couvert. Devenu sec, de chez sec, après une telle jouissance, Antonio a dormi comme un bébé jusqu’au petit matin.

Ce matin, mon esprit est encore embrumé par les ébats de la nuit de sorte que j’ai beaucoup de mal à me concentrer sur l’objectif de la journée : comment concevoir la stratégie pour obtenir toutes les informations à recueillir pour déterminer les héritiers d’Alain-Georges Delmas. Pour y arriver en douceur, Antonio commence par lire le journal local. Aucune nouvelle intéressante n’y figure. Il parcoure la rubrique nécrologique : aucun décès ne le concerne. Alors, il s’intéresse à son horoscope : « vous allez avoir à résoudre un problème inhabituel, écoutez les conseils ». Nous sommes en plein dedans. Antonio plie le journal, le met dans la corbeille et se met à réfléchir en s’affalant sur le dossier de son siège. Il soupire, l’inspiration ne vient pas. Un quart d’heure plus tard il est toujours dans la même attitude. L’inspiration ne vient pas toujours pas. Soudain, Antonio se réveille à la vie : puisque mon horoscope m’enjoint de demander conseil, j’interpelle mon assistante : « Amandine voulez-vous venir dans mon bureau s’il vous plait ».

Aucune réponse n’arrive. Deux minutes plus tard, le léger bruissement d’une jupe se fait entendre. C’est Amandine qui entre dans mon cabinet toute souriante comme à son habitude. Cela fait désormais sept ans qu’elle est à mon service. Quand elle est arrivée, toute timide, sans expérience, elle avait à peine vingt et un ans. Depuis, la petite, comme je l’appelle souvent, a fait son chemin. Cette charmante brunette de vingt-huit ans est désormais une excellente assistante, secrétaire, collaboratrice hors pair, parfois confidente. Mais chut, il ne faut pas le dire. Elle s’est mariée il y a trois ans et a mis au monde une petite fille dix-huit mois plus tard. C’est une jeune femme sage, sérieuse, sur qui l’on peut compter, même si elle suit les us et coutumes des gens de son âge. Elle est gaie, toujours de bonne humeur, un brin moqueuse et taquine, avec une personnalité qui lui permet parfois de remettre en cause son patron quand il dépasse les bornes.

– Oui, Monsieur, que voulez-vous ?

Sur le moment, je ne sais quoi répondre car un flash a traversé mon esprit. Amandine est habillée très sexy. Ce petit bout de tissus ne cache pas grand-chose. Comme je suis revenu à la vraie vie, cette tenue émoustille mes sens. Je ne sais pourquoi les images de ma nuit de folie se sont mélangées avec cette vision de cette très jeune et très belle femme, désirable. Heureusement, je suis assis derrière mon bureau. Amandine ne peut pas remarquer que mon émotion a entraîné un raidissement involontaire mal placé. J’en suis gêné car je ne sais pas comment arrêter cette manifestation malencontreuse. Je lui intime l’ordre de s’asseoir sans autre commentaire pensant que mon calvaire se calmerait rapidement. Hélas, sa jupe est courte, très courte même, et même assise, mes yeux ne quittent pas la partie de ses cuisses découverte. Amandine le remarque sûrement mais ne dit rien. C’est à peine si elle tente de tirer un peu sur le tissu. Elle sait bien que ce jeu de séduction ne doit pas aller bien loin mais au fond d’elle-même elle est contente de savoir qu’elle plait et qu’on la désire. Soudain, elle prend un pan de son pull qu’elle pose discrètement sur ses genoux, en me jetant un œil en coin pour apprécier l’effet qu’elle a pu me faire. Un léger sourire habille ses lèvres en voyant la déception se lire sur mon visage quoique je n’en dise rien. Je me demande si elle ne joue pas avec moi, ayant déjà constaté qu’elle faisait beaucoup d’effets aux hommes et que, personnellement, je n’y suis pas insensible. En fait, je ne me demande pas, je sais qu’elle joue avec moi mais que l’homme n’a pas le droit d’y toucher. Aussi, l’avocat reprend le dessus : « asseyez-vous Amandine. Ah c’est déjà fait. Euh ! » Dis-je d’une voix hésitante tant je suis troublé. « Excusez-moi. J’ai du mal à me concentrer ce matin. Je voudrais que nous parlions du dossier Delmas. »

– Oui Monsieur.

– Amandine, avez-vous une idée de la manière dont nous allons nous y prendre pour recueillir la totalité des informations que nous devons collecter ?

– Non, je n’y ai pas réfléchi. Que faut-il rechercher ?

– En fait, il y a deux grandes catégories d’informations. La première concerne le patrimoine, l’activité professionnelle, le casier judiciaire, de chaque prétendant. Pour cette partie, nous ne rencontrons aucune difficulté, c’est ce que nous faisons habituellement. La deuxième concerne la moralité de chaque futur héritier. Il s’agit d’une enquête de voisinage comme pourraient le faire les policiers. Ce n’est pas notre boulot. Pour cette partie, je ne sais pas comment m’y prendre. Avez-vous une idée ?

Amandine ne répond pas, regarde ses genoux, tire sur sa jupe en remontant légèrement le tissu. Mes yeux d’homme regardent intensément. Désolé, il s’agit d’un réflexe. L’avocat ne peut pas comprendre. L’homme si. Elle décroise ses jambes. Une bouffée de chaleur envahit l’homme. Pas l’avocat. Puis, après cinq minutes de silence, Amandine se lance avec une mimique taquine :

– Et si on demandait à Damien ?

L’avocat ne répond pas. Il réfléchit. L’homme regarde devant lui. L’avocat réfléchit. L’homme essaie de contrôler ses réactions. Damien ? Damien Lafouine ? 30 ans, 1m70, 70 Kilos. Beau gosse. Son métier : enquêteur. Il travaille en indépendant mais en partenariat avec un cabinet de détective et de recherches plus important. L’homme ne ressent plus rien. L’avocat pèse le pour et le contre. Pourquoi pas ? Oui, pourquoi pas ?

– C’est une bonne idée Amandine. Appelez-le tout de suite et demandez-lui de venir dans l’heure. Merci.

Amandine, sans demander son reste, s’éclipse dans son bureau, non sans avoir fait en sorte de découvrir un peu plus de peau afin de me taquiner une nouvelle fois, car elle sait que je ne peux rien faire ici. Mes bureaux sont incorporés dans mon domicile et ne présentent aucune sécurité, la maîtresse de maison ne se trouvant qu’à une longueur de couloir. Cette situation amuse l’homme mais énerve l’avocat, ou l’inverse, je ne sais plus. Dix minutes plus tard, Amandine revient dans un balancement suggestif :

– Damien arrive. Je l’ai presque réveillé, mais il arrive.

– Merci Amandine. Vous êtes très en beauté ce matin. Dommage que je sois si vieux…

– Oh ! Monsieur !! Si Madame entendait…

Amandine fait l’offusquée dans une petite moue attendrissante. Elle a un sourire narquois qui en dit long sur ses véritables pensées, toute contente de cette situation ambiguë qu’elle a provoquée. Mais, déjà Damien arrive. Il se déplace toujours en moto. Certes, il n’habite pas très loin du cabinet, mais il n’a pas dû rouler à la vitesse autorisée. Damien est un bel homme et il le sait mais n’en abuse pas. Il en joue plutôt car sa passion c’est les femmes. Il court, il court Damien, il est passé par-là, il passera par ici. Dès qu’il voit un jupon, il est excité, il se met en mouvement. C’est un dragueur. Un vrai, pas un amateur. Ce n’est pas un simple séducteur, il lui faut conclure à chaque fois, toujours. Il peut y mettre le temps mais il faut qu’il aille au bout de sa nouvelle conquête. Quand il ne court pas après une femme, il enquête. Il fait son travail sérieusement. En général, il donne satisfaction, il ne connaît pas beaucoup d’échecs. Son problème, c’est le temps. Courir les filles lui demande beaucoup, beaucoup et encore plus, de temps. Certains jours son travail l’absorbe totalement, mais il faut qu’il trouve néanmoins le temps de satisfaire sa passion. Alors, c’est le sommeil qui trinque. Il ne dort pas beaucoup. Heureusement pour lui, il peut dormir n’importe où dès qu’il a un moment à lui de libre. Voilà l’enquêteur qui vient de rentrer dans le bureau d’Antonio.

– Bonjour mon cher maître, alors les affaires reprennent. Vous avez besoin de mes services. Bonjour Amandine, toujours aussi belle. Je te croquerai bien moi.

Damien a exprimé tout cela en faisant une grande figure théâtrale, en me serrant la main et embrassant Amandine. Trente secondes dans un autre monde ! La gaieté a envahi le bureau. Tout le monde rit. De l’amitié profonde se dégage soudain. Plus rien à voir avec mon état second de ce matin.

– Effectivement Damien, je vais avoir besoin de toi. Je vois que tu n’as rien perdu de ton côté dragueur, taquin et enjôleur.

J’aime bien le taquiner. Je le tutoie depuis la première fois où je l’ai rencontré. Nous étions dans une sorte de fête amicale et cela s’est fait tout naturellement. Par contre, lui n’a jamais réussi à me tutoyer, donc il me vouvoie. Sûrement la différence d’âge ? Amandine et Damien se tutoient car ils sont allés à l’école ensemble, au collège et au lycée je crois me souvenir, puis leur direction a divergé mais ils se sont retrouvés par mon intermédiaire. Cela s’était passé dans mon cabinet. Le lendemain, pour fêter les retrouvailles, Damien était revenu chargé d’une bouteille de champagne et de petits fours. Nous avions passé un bon moment. Depuis, nous travaillons ensemble dès qu’un dossier le commande.

–Oh là là, comme vous y allez maître. Je n’ai rien dit ni rien fait, que je sache.

– Non, mais je préfère mettre tout de suite le holà, car on ne sait jamais jusqu’où tu pourrais aller.

– Quand vous aurez fini les garçons, nous pourrons peut-être travailler, se gendarme Amandine avec raison.

Soudain, un grand silence envahit la pièce. Un ange passerait-il ? Damien rompt cet instant et interroge :

– De quoi s’agit-il ?

– Tu as du entendre parler du décès d’Alain-Georges Delmas le premier janvier dernier. Tu sais, il s’agissait de mon voisin d’en face, l’homme discret qui ne partageait pas grand-chose. On ne connaît pas bien les circonstances de sa mort. Une enquête policière est en cours.

– Si la police est en charge du dossier, je ne vois pas ce que je vais faire pour vous.

– Je n’ai pas besoin de toi pour l’enquête policière. Non. En fait, c’est pour l’exécution du testament d’Alain-Georges. Amandine, voulez-vous donner une copie du testament à Damien, merci. En fait, plusieurs héritiers ont été désignés d’une manière à la fois imprécise et trop précise. Un certain nombre de conditions est imposé. Je peux faire une partie des vérifications, mais une autre partie n’est pas de mon ressort. Amandine a eu l’idée de voir avec toi si tu pourrais faire quelque chose. Il s’agit d’une sorte d’enquête de voisinage.

Damien prend connaissance du testament. L’avocat se tait. L’homme regarde Amandine qui a pris une expression neutre. Elle a camouflé ses appâts aux regards des deux hommes. Comme cela, on lui donnerait le bon Dieu sans confession.

– Je vois. Il faut que je fasse une enquête de moralité pour chacun des légataires membres du conseil d’administration de l’Association des Bouts de Lignes. C’est dans mes cordes. Je vais prendre cher car il y a au moins quinze jours de travail, si ce n’est plus. Est-ce que je serai payé ?

– Alors là, pas de problème Damien. Le prix que tu veux. Le remboursement de tes frais. Aucun souci. L’actif de la succession est tel qu’il peut supporter allégrement tes frais et honoraires. Il te faudra simplement être patient car le paiement ne sera qu’à la fin du règlement du dossier de succession.

– Si vous êtes sûr, je suis d’accord. De toutes les façons, vous ne pourrez rien faire sans moi. Je suis tranquille. Comment nous organisons-nous ?

– Je n’y ai pas encore réfléchi car Amandine n’a pensé à cette solution que ce matin et elle t’a téléphoné aussitôt.

– Cela va bientôt être de ma faute, rouspète Amandine.

L’avocat ne répond pas à cette allusion mensongère. Mais l’homme pense qu’Amandine a peut-être raison car j’essaie souvent de ne pas reconnaître mes erreurs en les reportant autre part. Peut-être mensongère ou de mauvaise foi mais pas dénuée d’un fond de vérité.

L’avocat commence à organiser la suite :

– Nous pourrions imaginer des réunions de travail hebdomadaires, par exemple le lundi matin. Damien vous feriez vos enquêtes de voisinage pendant que je ferai les visites aux prétendants. Amandine ferait la coordination et la paperasserie idoine. Que pensez-vous de cette proposition ?

– Le lundi matin, cela ne va pas le faire pour moi, dit Damien soudain songeur et grave. Le lendemain de week-ends chargés en général j’ai des petits yeux. Les nuits sont courtes et bien remplies …

– Je vois. Tu cavales toujours autant. Quand arriveras-tu à te calmer et te caser ?

Damien élude la question d’un geste de la main et continue :

– Les réunions hebdomadaires, ça me va. Mais un autre jour. Ou à l’improviste comme je sais bien faire. Ce travail me va à moitié, dit Damien un brin taquin. J’aurais préféré un accompagnement rapproché d’Amandine. Mais je vois que cela n’est pas possible.

– Effectivement, cela ne va pas être possible, répond Amandine. Je te rappelle que nous sommes ici pour travailler et que je suis mariée. Je ne serai pas du mouron pour ton serin.

– Tout de suite les grands mots. On ne peut plus rire maintenant.

– Bon, calmez-vous les enfants. Assez discuté aujourd’hui. Au travail ! Allez oust ! Dehors. Damien, à lundi prochain neuf heures pour faire un point. Amandine faites-moi les fiches pour mes futurs entretiens.

Damien s’éclipse en disant qu’il n’est absolument pas sûr d’être présent les lundis matin à neuf heures. Il ne va quand même pas devenir un saint à cause de cette enquête.

– Dans quel ordre, je vous prépare les fiches, maître, dit très sérieusement, un brin froidement, Amandine.

– Je pense que, pour faciliter les choses, je pourrais rencontrer les prétendants, chez eux, dans l’ordre de numérotation des lignes de bus, en commençant par le tramway Ligne A. Qu’en pensez-vous ?

– Bien maître.

Amandine a tenu à me faire remarquer par son ton et les mots employés qu’elle avait été chagrinée par l’échange précédent. L’avocat ne tient pas à s’excuser parce qu’il lui faut bien se faire respecter. Mais l’homme hésite. Puis, il n’hésite plus :

– Désolé Amandine. Je ne voulais pas être méchant. Mais la conversation partait mal. Je vous présente mes excuses. Bon courage.

– Je ne sais pas si j’accepte vos excuses. Enfin … si … bon … allez, on oublie.

Amandine s’éloigne vers son bureau. Damien est parti. Je reste seul devant mon bureau. Je me plonge dans le dossier et j’imagine comment réaliser mes entretiens.

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Jean-Louis RIGUET

Membre de la Société des Gens de Lettres et du Bottin International des Professionnels du Livre

Sociétaire de la Maison des Ecrivains et de la Littérature

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