Scribo Masque d’or et 1er chapitre de l’Asso

Première de couverture L'Association des Bouts de Lignes

Première de couverture L’Association des Bouts de Lignes

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Merci aux EDITIONS DU MASQUE D’OR et à SCRIBO DIFFUSION

pour avoir publié sur leur site un texte concernant ma bio-bibliographie.

Je suis en bonne compagnie avec d’autres auteurs à connaître.

Cliquez sur le lien suivant :

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http://www.scribomasquedor.com/pages/les-auteurs.html#page2

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Je me permets de rappeler aussi que d’autres sites font de même.

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http://www.sgdl-auteurs.org/jeanlouis-riguet/

http://www.m-e-l.fr/jean-louis-riguet,ec,1053

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Je remercie tous ces sites.

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Mon dernier ouvrage est un roman d’enquête humoristique qui fait redécouvrir les spécialités orléanaises dans un cadre inhabituel à l’occasion de l’exécution d’un testament d’un original décédé un premier janvier sans descendance.

Les péripéties se multiplient pour connaître qui héritera.

Je publie ici le premier chapitre de L’ASSOCIATION DES BOUTS DE LIGNES :

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1

Le voisin

Vers 9 heures, ce matin 1er janvier 2011, un certain émoi envahit la rue de la Bretonnerie à Orléans, pourtant calme les dimanches et jours fériés. En allant acheter des croissants pour agrémenter son petit-déjeuner, Maître Antonio Bavardo, avocat de son métier, est frappé par l’absence d’animation dans la maison d’en face de la sienne. Il traverse la rue, déserte en ce matin de jour férié surtout après une nuit passablement mouvementée par les agapes de la fête, de son pas lourd et assuré et frappe à la porte de son voisin. Aucune réponse ne rompt le silence. Aucun bruit ne transpire. Le silence, le silence complet, le silence mortifère. Il recommence et se met à tambouriner violemment la porte qui ne s’émeut pas davantage de même que le silence ne se rompt pas. Un voisin, qui se demande pourquoi un tel raffut vient troubler son intimité, sort sur le pas de sa porte et vient aux nouvelles :

– Holà, Maître Bavardo, vous en faites du bruit pour un jour férié. Que se passe-t-il ?

– Bonjour, Monsieur Méchin. Aucun bruit ne sourd de la maison de Monsieur Delmas. Je suis inquiet. Je crains le pire.

– Vous croyez ?

– Oui, hier soir, il était en pleine forme mais il est allé se coucher juste après minuit, une fois les vœux souhaités. Il disait avoir l’intention de se lever de bonne heure pour aller faire une longue marche le long de La Loire. Ce matin les volets sont toujours clos, il n’y a aucun son venant de sa maison. Il devrait être rentré à cette heure-ci.

– Je pense que vous vous inquiétez pour rien, Maître Bavardo. Il n’est qu’un peu plus de neuf heures. Notre ami Delmas n’est pas encore rentré de sa promenade, voilà tout.

– Vous avez sûrement raison mais je suis inquiet néanmoins. Si, à onze heures, il n’a pas réapparu, j’appelle les pompiers et la police.

– C’est cela. Vous m’appellerez éventuellement le moment venu. Je vous aiderai dans vos démarches.

Maître Antonio Bavardo est un avocat établi depuis près d’une trentaine d’années dans cette bonne ville d’Orléans et depuis plus de vingt ans au même endroit de la rue de la Bretonnerie. Il faut dire que c’est pratique. Le tribunal se trouve à quelques dizaines de mètres de son cabinet incorporé dans la maison où il a son domicile. D’ailleurs, l’on pourrait presque affirmer que la rue de la Bretonnerie est la rue des avocats tant ces derniers sont concentrés dans celle-ci.

Antonio Bavardo a épousé en premières noces Isabelle, issue d’une bonne famille bourgeoise, de la bonne société comme l’on dit. Il l’aime toujours comme au premier jour. Elle lui a donné de beaux enfants. Le couple vit dans le rose tous les jours et leur ferveur sexuelle n’a pas variée depuis leur mariage. Isabelle confectionne de bons petits plats et Antonio lui concocte des nuits d’amour. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Ils ont un rythme de vie des plus simples. Antonio travaille la semaine. Il a su développer une clientèle de fidèles car il est bon dans les dossiers tortueux.  Il ne compte pas ses heures mais il s’en trouve récompensé par la fidélité de ses clients et l’estime de ses confrères.

Isabelle, après s’être occupée des enfants et des tâches ménagères, se consacre désormais à diverses associations plus ou moins utiles ou intéressantes. Mais il faut bien s’occuper en attendant les faveurs de son mari besogneux. Ils aiment tous les deux le théâtre, le cinéma, la lecture. Ils ne dédaignent pas aller dîner dans les bons restaurants ou partir en week-end dans des hôtels de bonne qualité, en amoureux.

Quand il s’est établi à cet endroit, Antonio est allé se présenter à ses voisins les plus proches, du moins les résidents permanents, et l’occupant de la maison d’en face n’a pas désiré lui ouvrir. Le voisin d’en face a fait en sorte qu’il n’y ait aucune relation ni échange avec lui pendant au moins un an jusqu’au moment où il n’a pas pu faire autrement pour l’éviter. Maître Bavardo en avait profité pour se présenter et Monsieur Delmas avait été contraint d’en faire autant, à son corps défendant.

Monsieur Alain-Georges Delmas est considéré, dans le quartier, comme un original, vivant seul et sans enfant. Personne ne lui connaît de famille. En tous cas, il n’en a jamais parlé. On n’a jamais su très bien de quoi il vit ni de quoi il tire ses revenus. Par contre, on sait qu’il n’a jamais travaillé. Il s’en vante souvent et trouve cela naturel pour un homme de sa trempe. Il ne part jamais en voyage. Il n’a pas besoin de prendre des vacances puisqu’il ne fait rien d’obligatoire. Il passe ses jours, été comme hiver, printemps comme automne, jours ouvrables comme jours fériés, à ne faire que ce qui lui convient au moment où il décide de son activité. Il se dit libre et sans contrainte. Il ne doit rien à personne et personne n’a prise sur lui. Il entretient un certain mystère autour de lui ne laissant aucun être vivant interférer sur son existence. Seul, au bout d’une dizaine d’années, Maître Bavardo a réussi à l’approcher et à commencer un début de relation amicale, difficile à entretenir d’ailleurs. Monsieur Delmas a toutefois accepté quelques invitations à dîner de Maître Bavardo. Jamais il ne les lui a rendues. C’est un ours quoique toujours affable et poli. Il n’est pas radin même s’il ne jette pas l’argent par les fenêtres. Aucun voisin n’a eu à se plaindre de ses agissements puisque Monsieur Delmas limite les relations au strict minimum. Il n’est pas méchant avec eux. Il les salue quand il les croise. Il est toujours en politesse avec eux. Mais il ne dégage aucune chaleur vis-à-vis de ces « gens-là » comme il dit. Ce n’est pas un mauvais homme. Il reste plutôt du genre discret. Certains disent que, s’il avait pu passer entre le mur et le papier peint, il l’aurait fait. Être moins épais que la colle. Certains soirs, il quitte sa maison vers les dix-huit heures trente, discrètement et presque en catimini, et ne revient que sur les vingt-trois heures, voire parfois davantage. Personne n’a jamais su où il va ainsi.

Toujours est-il que, ce matin pourtant de fête, Maître Bavardo est inquiet et qu’il attend avec impatience onze heures en surveillant la rue derrière le rideau de sa fenêtre de bureau. À onze heures moins deux minutes, il n’en peut plus d’attendre. Il faut qu’il bouge. Alors, il prend son manteau, l’enfile, tourne la clé dans la serrure et le voilà dans la rue qu’il traverse allégrement. À peine est-il arrivé sur le trottoir d’en face que Monsieur Méchin y arrive lui aussi. Ils se mettent à frapper et tambouriner sur la porte de Monsieur Delmas, en coups forts mais assez courts et parsemés de moments de silence pour écouter s’il y a une réponse. Rien. Rien ne bouge. Rien ne trouble le silence. Il ne se passe rien. Les deux hommes appellent « Monsieur Delmas » en criant si fort que d’autres voisins se positionnent sur le pas de leur porte. On aurait voulu créer une émeute que l’on ne se serait pas aussi bien pris. Presque toutes les personnes habitant dans ce bout de rue sont sorties et commencent à s’agglutiner sur le trottoir. L’émotion est à son comble, les discussions vont bon train, les sous-entendus aussi. « De quoi se mêle-t-il celui-là ! » Au bout d’un petit quart d’heure, Maître Bavardo décide d’appeler la police et les pompiers. À onze heures vingt minutes, les pompiers arrivent les premiers et se font expliquer la situation. Dix minutes plus tard, les policiers sont sur les lieux à leur tour et les deux hommes reprennent leurs explications. Après un long moment de concertation, la décision est prise. Les pompiers vont ouvrir la porte. Avec un pied de biche, un pompier défonce la porte ou plutôt casse la serrure qui cède sans de trop grandes difficultés. Tout le monde, enfin tous ceux qui se sentent un intérêt supérieur à la raison de l’intimité, pénètre dans la maison, sauf un ou deux plantons qui montent la garde sur le trottoir. Néanmoins, les pompiers et les agents font un peu le gendarme en limitant les curieux.

Maître Bavardo, qui connaît parfaitement la maison, entre le premier, immédiatement suivi du plus haut gradé des policiers et d’un pompier. La porte donne sur un couloir qui sert d’entrée. Sur la droite s’étend le salon en longueur, ouvrant sur la rue, suivi vers le fond par la salle à manger que termine une espèce de véranda couvrant ce qui devait être une ancienne cour. Rien d’extraordinaire à constater dans ces deux pièces, si ce n’est un peu de fouillis. Au fond du couloir, la cuisine ne transpire aucun occupant ni désordre. Les hommes s’empressent de monter les marches de l’escalier pour arriver au premier étage sur un palier qui dessert deux chambres et une salle de bains. Maître Bavardo se dirige sans hésiter vers la chambre sur rue qui constitue celle de Monsieur Delmas. Le lit est défait mais vide. Du fatras règne un peu plus qu’à l’ordinaire. Le tiroir d’une commode est resté ouvert. Dans l’autre chambre, rien n’a bougé. Maître Bavardo s’élance vers le deuxième étage en montant la flopée de marches. La distribution des pièces est la même qu’à l’étage précédent. Rien n’a bougé. Il n’y pas d’occupant. Les hommes commencent à se gratter la tête. Tout cela est étrange.

Maître Bavardo déclare :

– Il ne reste que le dernier niveau, mais c’est un grenier. Cependant, nous ne pouvons pas économiser sa visite.

La montée continue rapidement. Effectivement, sur le palier du quatrième niveau, s’ouvre un immense grenier sous une charpente magnifique recouverte d’ardoises. Tout d’abord, les hommes ne voient rien. Ils vont faire demi-tour quand, l’un d’eux, sûrement plus curieux, en s’avançant, découvre sur la gauche, dans le recoin d’un compartiment, une forme humaine baignant dans son sang. Vite, le pompier avance, s’agenouille, s’affaire sur la victime et constate que l’homme est mortellement blessé. Maître Bavardo s’approche et déclare :

– C’est bien Monsieur Delmas. Je pense qu’il est en piteux état et qu’il faut vite le transporter à l’hôpital. Apparemment, il a beaucoup perdu de sang.

– Je ne suis pas sûr qu’il arrive vivant à l’hôpital. Mais nous allons tenter l’impossible.

– Monsieur Delmas peut-il parler ? demande le policier.

– Non, dans cet état, il n’est plus conscient.

– Bon, dépêchez-vous, insiste Maître Bavardo. Il n’y a pas de temps à perdre. Il sera toujours temps de l’interroger s’il en réchappe.

Les pompiers s’activent pour transporter jusqu’à l’ambulance le corps mal en point de Monsieur Delmas. Ce  n’est pas facile compte tenu de la raideur de l’escalier et des virages assez serrés. Les pompiers font preuve de maîtrise mais ils galèrent et pestent beaucoup. En bas, dans le petit couloir qui mène à la rue, Monsieur Delmas reprend conscience juste le temps de dire :

– Mon notaire est Maître Scribouvacte. Je me meurs. Je m… ah… suis… ah… tué… seul… ahah … ah… ahah… ahahahah…

Monsieur Delmas est retombé dans sa léthargie. Néanmoins, les pompiers emmènent le corps mourant dans l’ambulance, toutes sirènes hurlantes, brûlant feu rouge sur feu rouge, vers l’hôpital. La nouvelle de sa mort tombe quelques minutes plus tard, laissant tout le monde dans la consternation. Des questions demeurent : s’agit-il d’une mort naturelle, d’une mort accidentelle, d’un meurtre ? Les policiers feront leur enquête. Il est trop tôt pour se prononcer malgré la curiosité de tout le voisinage. Antonio voudrait bien savoir.

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http://nouvelles-masquedor.e-monsite.com/

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http://www.dedicaces.ca

http://librebonimenteur.wordpress.com/

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Jean-Louis RIGUET

Membre de la Société des Gens de Lettres et du Bottin International des Professionnels du Livre

Sociétaire de la Maison des Ecrivains et de la Littérature

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4 réflexions sur “Scribo Masque d’or et 1er chapitre de l’Asso

  1. Poursuivez dans cette direction, c’est un plaisir de vous lire.

  2. informatique dit :

    It is quite entry levels with respect to black color metal without reserving unyielding passion to match another purpose. Phantom’s cries were very common with the style, which includes length provided to their harshness.