N’importe quoi 7

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N’importe quoi

Sous ce titre « N’importe quoi », je vais écrire n’importe quoi effectivement. Je vais prendre une phrase parci, une phrase parlà, d’un livre qui raconte les Souvenirs d’un Vieux Guépin (1789-1815) ce que raconte un grand-père, dans CHRONIQUES ORLEANAISES de Charles Pilard, sûrement publié à compte d’auteur, mais que j’ai acquis à la Librairie VOLTE-PAGES à OLIVET, Place Louis Sallé, où je rencontre une charmante dame qui me comble de conseils. J’y prendrais bien mes habitudes.

A partir de maintenant, ce n’est plus moi qui écrit, je ne fais que recopier :

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J’avais oublié de vous noter que la fête de Jeanne d’Arc avait été célébrée le 8 mai précédent sans grand enthousiasme et qu’une section de la Société des Amis de la Constitution avait émis le voeu de sa suppression, attendu que Jeanne d’Arc n’était qu’une fille du temps de la monarchie et du despotisme. La municipalité n’accéda pas à ce voeu au moins baroque, mais elle supprima, par économie, le festin gratuit auquel trouvaient place d’ordinaire tant de gens qui comptaient sur cette franche lippée ; le banquet eut lieu, mais pour ceux seuls qui payaient leur écot.

Il faisait noir dans l’immense vaisseau (la cathédrale), il sut y trouver une cachette indécouvrable ; ceux qui le poursuivaient se lassèrent et quand il sortit vingt-quatre heures après, ayant entenu durant tout ce laps de temps les menaces de ceux qui parlaient de la guillotiner, il quitta Orléans et n’y rentra que pour répondre à l’accusation d’émigration qui venait d’être portée contre lui.

En attendant, la ville se préparait à célébrer le troisième anniversaire de la prise de la Bastille, et le programme de la fête comportait deux parties nouvelles, la bénédiction des drapeaux tricolores de la garde nationale par l’évêque, à Sainte-Croix, et la plantation de deux arbres de la liberté sur les places du Martroi et de l’Etape.

Je vous ai déjà parlé, mes amis, de l’appel adressé par l’Assemblée dans toute la France pour former les bataillons de volontaires à envoyer à la frontière, et je vous ai dit qu’il y avait beaucoup plus d’ardeur dans les départements limitrophes que dans ceux du Centre, plus loin du danger. Se rendant compte que l’appel aux bataillons de volontaires avait à peu près  donné tout ce dont il était capable, l’Assemblée conservant la chose, changea le nom et appela tous les citoyens français à former des compagnies franches.

Les mêmes difficultés financières existaient, mais elle prenait des mesures nouvelles quant à l’organisation des cadres.

Ce fut un bouleversement inouï par toute la ville, les faiseurs ordinaires de neuvaines ayant déserté les églises depuis qu’elles étaient confiées aux prêtres constitutionnels. De vieilles dévotes déclaraient qu’elles se feraient plutôt couper en morceaux ; jamais elles ne remettraient le pied dans les sanctuaires profanés par les intrus.

Quelle époque, mes amis ! Ne vous étonnez pas de nous voir si calmes en face d’événements qui vous surprennent : nous en avons vu  bien d’autres.

L’histoire, même l’histoire intime, ne doit rien cacher. Une seconde émigration a eu lieu dans notre ville ; non plus dans la noblesse, il n’en restait plus guère, mais dans la bourgeoisie riche qui cacha la plupart de ses enfants.

Il y régnait un beau désordre. Toutes les autorités étaient là ; l’adjoint chargé de la police municipale avec les commissaires sous ses ordres avait ordonné que toutes les fenêtres fussent éclairées : mais beaucoup d’habitants de la rue ayant émigré, il ne manquait pas de fenêtres restées dans l’obscurité ; sans s’en expliquer la raison, la foule lança des pierres et brisa les contrevents et les vitres.

Je vois d’ici le grand chapeau du capitaine, M. de Rochas, tombé par terre, renversé par un bâton lancé. J’entends les cris de fureur des hommes et les gémissements des femmes et des enfants foulés.

Quelle électricité dans l’air à cette terrible époque ! Quelle soif de vengeance ! Quelle fièvre de haines, de récriminations, d’excitation des citoyens les uns contre les autres, et sur les motifs les plus injustes et les plus déraisonnables !

Le sentiment du bon droit peut rendre momentanément intrépide le plus paisible des bourgeois.

Ces hommes se calmèrent pourtant, mais ils demandèrent à boire, ce que mon père crut ne pas devoir leur refuser. Ma mère les servit bien à contrecoeur et je ne trinquai pas de meilleure grâce avec eux ; mais nous comprenons que la situation aurait pu avoir un dénouement plus terrible.

Le précédent maire et, avec lui tout le conseil, n’avait pas partagé ce voeu, et, en le disant hautement, avait irrité les jacobins. Le nouveau maire, lui, dit à la députation : « Cette affaire est importante au premier chef, nous ne pouvons la trancher nous-mêmes ; mais nous nous ferons les interprètres de votre demande auprès du directoire du département. »

Toujours sous l’influence croissante des idées égalitaires, une délibération, dictée par la Société des Amis de la Constitution, a été prise par le conseil municipal, à l’effet de retirer à la rue Royale son vieux nom et à le remplacer par celui de la rue de la Liberté.

Un arrêté de même date prescrit la disparition de toutes les enseignes rappelant les rois, princes et dauphins, etc.

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Voilà pour aujourd’hui, la suite peut-être demain ou pas, ou jamais.

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Jean-Louis RIGUET

Membre de la Société des Gens de Lettres et du Bottin International des Professionnels du Livre

Sociétaire de la Maison des Ecrivains et de la Littérature

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