Amalgame 3

Sous ce titre « AMALGAME », qui suggère un mélange de plusieurs choses ou des éléments divers, j’ai voulu tenter une expérience. J’ai pris un livre, n’importe lequel, en l’occurrence il s’agit de CONTES CHAPARDES AU FIL DE LA LOIRE de Gérard BOUTET publié à CPE EDITIONS dans la série LES CONTES DES BONS AMIS.

Ensuite, j’ai décidé de prendre la deuxième phrase de chaque page, sautant ainsi d’un conte à l’autre, de les assembler les unes derrière les autres et de voir le résultat.

Voilà, à partir de la page 91 :

.

Les gens y vivaient paisiblement, loin des turpitudes qui agitaient le vaste monde.

C’est aujourd’hui un chapelet de merveilles que le touriste ne se lasse pas d’égrener, le ravissement se renouvelant à chaque visite.

On le croyait originaire des lointaines Germanies, le pays des plus redoutables envahisseurs ; en vérité, il venait des profondes forêts d’Armorique, d’où la faim l’avait éloigné.

Semer du méteil sur cette hauteur pierreuse leur paraissait peine perdue.

Et si elle lui avait révélé la réalité ?

Le pont-levis resta dressé, la herse ne bougea pas d’un pouce.

La journée s’achevait et lui, le gaminet, était fort heureux à l’idée qu’une soupe chaude fumait à son intention sur la table des domestiques.

Or donc, Matthieu s’en revenait au bercail après une journée bien utilisée.

D’arbres guère, de maisons point.

Là différaient les témoignages.

Le garçonnet ferma les yeux, comme pris de vertige.

Les deux tourtereaux s’étaient déclaré fidélité mutuelle.

La Belle Dame était apparue quelquefois, il y avait fort longtemps, à des enfants du bourg ; son fidèle chevalier l’escortait toujours dans sa mélancolique promenade.

La belle se serait cloîtrée par dépit, son vilain père n’entendant point accorder la main qu’elle avait promise au beau prétendant.

Pendant qu’ils disputaient de l’invalidation de son union conjugale avec Louis Six, la primesautière Eléonore de Guyenne, duchesse d’Aquitaine, avait d’autres chats à fouetter que ceux de la ville : elle s’employait, dans une paroisse des alentours, à réprimander vertement le capitaine Bedford, un haut officier de sa garde.

Ils étaient quatre à tailler des croupières aux Infidèles, quatre à planter la Sainte Croix sur les hamadas sarrasines.

L’oubliette au fond de laquelle ils croupissaient maintenant avait été creusée sous la forteresse égyptienne de Mansourah, dont les remparts verrouillaient le delta du Nil.

La prise de Mansourah se solda par l’anéantissement des Templiers envoyés en avant-garde.

« Si vous avez faim, ricanaient-ils dans leur charabia, mangez donc les rats qui grouillent autour de vous, avant qu’ils ne vous mangent ? »

Ils se pincèrent pour être certains de ne plus rêver.

La cause en fut, tantôt, la scélératesse d’un indélicat ; tantôt, l’indélicatesse d’une scélérate.

Belle, tellement belle ! tiens : belle à en damner un frère lai.

La vieille se releva de sa besogne pour se porter à la rencontre des flâneurs.

N’y voyez là aucune compassion maternelle : c’était pour faire bonne mesure à son bliaud, la veille encore rondelet de postérité.

La dénonciation, pour triviale qu’elle fut, était sans ambiguïté.

De la rive, alors que le fût dépassait les jonchères de son village, il parvint à jeter un triste guenillon qu’il traînait partout, un froid manteau dont la malheureuse essaya de s’envelopper, tant bien que mal.

A force de compulser les vieux bouquins, ces rongeurs-là sont aussi poussiéreux, aussi moisis, aussi jaunasses que les grimoires qu’ils se plaisent à grignoter.

Parlons de moins haut, je vous prie, et causons en toute bonne franquette.

Ces filles-là sont les ribaudes ; elles traînassent à l’arrière-garde, maraudent sur les bordes d’alentour et profitent des pillages que ne manquent pas de commettre les routiers.

Les capitaines approuvent en choeur, certains de bon gré, d’autres moins.

Adoncques, privés de leurs gotons, les reîtres décampent de bon matin et s’ébranlent en se remémorant certaines bougreries désormais interdites.

Ceux-ci la dépeignent épanouie, parfaite, auréolée de grâce.

Elle repousse toute avance des caudataires comme elle repousserait un assaut de ces infatués d’Anglais…

La Pucelle y aurait prédit, parlant de l’ennemi : « Entre la croix Blon et la croix Faron, nous le vaincrons. »

Durant l’été 1993, rebelote : un second découpage de la plaine a quasiment livré aux charrues le Grand Chemin.

Une troupe de cavaliers prenait position à grand bruit, nuitamment, dans leur village endormi, d’ordinaire si paisible.

Ils déferlaient sur nos campagnes et rapinaient sans vergogne tout ce qui leur tombait sous le gantelet, de la maison forte la plus riche à la plus miséreuse des chaumines.

Puis ils s’attelaient de nouveau, servilement, à l’ouvrage.

Nenni : ce n’étaient ni les uns, ni les autres.

Ce louage  était généralement fixé au denier parisis, c »est-à-dire à un denier de Paris.

En clair, les paysans ne devaient plus poser le sabot sur les communaux s’ils ne voulaient point se balancer sous le gibet, écharpe au cour et chaînes aux poignets.

Un matin, les pauvrets ouïrent que le duc de La Trémouille avait décidé que les communaux seraient divisés en lots et vendus ainsi à la gent d’alentour.

Pour finir, les gardes flambèrent le misérable gîte.

Il déroula un parchemin préparé de longue date, déplia son écritoire et tendit la plume d’oie au paysan.

La Fouquette et les fouqueteaux en étaient, qui se serraient contre leur homme retrouvé.

Ici, comme partout ailleurs, les affrontements déchiraient le pays.

Quand la pitié le suppliait de secourir les braves gens, la raison lui rappelait un autre village, son village à lui, qui l’attendait avec espoir.

Personne ne le vit, et il ne vit personne.

A l’approche de la Croix-Briquet, trois filous de basse espèce le rouèrent à plates coutures, d’une volée de bois vert, dans l’espoir de lui rafler quelques testons sonnants et trébuchants.

Pourtant, semoncer monsieur de La Trémouille soulevait problème.

Tout juste se plaisait-il à évoquer, au soir de son âge, le souvenir d’une veuve fortunée qui, là-bas, à l’orée de Mérobert, guettait peut-être encore son passage …

Voilà, ce sont les deuxièmes phrases des pages 91 à 144 du livre CONTES CHAPARDES AU FIL DE LA LOIRE de Gérard BOUTET publié par CPI EDITIONS.

.

La suite dans les prochains jours.

.

Le faussaire plagieur

Jean-Louis RIGUET

.

.

Liens :

http://dedicaces.org/2012/08/05/augustin-ma-bataille-de-loigny-chez-dedicaces/

http://dedicaces.org/2013/02/24/actualites-daugustin/

http://www.lulu.com/shop/jean-louis-riguet/augustin-ma-bataille-de-loigny/paperback/product-20298977.html

http://librebonimenteur.wordpress.com/

http://nouvelles-masquedor.e-monsite.com/

http://www.scribomasquedor.com/

.

Jean-Louis RIGUET

Membre de la Société des Gens de Lettres et du Bottin International des Professionnels du Livre

Sociétaire de la Maison des Ecrivains et de la Littérature

 .

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.