Entre deux écritures

Entre deux écritures
Etre entre deux écritures, je veux dire après la fin d’un texte et avant le début d’un autre, donne une impression de vide.
Le cerveau ne fournit rien. Vous êtes mort. Vous cherchez dans toutes les directions, mais rien ne vient. Le néant vous envahit. Vous cherchez désespérément et vous ne trouvez rien. Rien à penser, rien à dire, rien à écrire. Si vous commencez une phrase, vous la trouvez mauvaise, sans facture, sans intérêt. Sa destination est la corbeille à papier. Au bout d’un temps certain, la corbeille est pleine, mais pleine de rien, rien qui ne mérite d’aller plus loin.
Vous vous dites que c’est une blague. Puis, vous continuez, vous cherchez, vous vous fatiguez le cerveau pour rien. Ce rien n’est finalement que bagatelle, baliverne, broutille, futilité, misère. Ce rien met en évidence le néant, la carence, le manque, le vide. Ce rien se met soudain à émettre des signaux car vous vous sentez démuni, dénué, dépourvu, pauvre, à sec, tari.
Certes, ces signaux sont négatifs mais ils existent, c’est déjà un peu de positif. Ce n’est plus tout-à-fait rien. Ce sera peut-être quelque chose.
Alors, vous gardez un mot, puis deux, puis trois. Une phrase se construit, certes dans la douleur mais elle commence à vivre, à s’agiter, à exister. Une phrase en amène une autre, puis deux, puis trois. Cela fait bientôt un chapitre, puis deux, puis trois.
Cela y est, vous êtes parti, vous avancez, vous vivez. Vous n’êtes plus mort, vous vivez encore, et de mieux en mieux. Vous applaudissez la vie et vous êtes heureux d’y contribuer, d’y travailler, d’en profiter.
Merci la vie.
Jean-Louis Riguet

Membre du Bottin International des Professionnels du Livre

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